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[Atmosphère]
Bernard Morazain, contrôleur aérien
NAV Canada, Dorval
propos recueillis par Lise Villeneuve
photo : Nathalie St-Pierre
Assis devant une dizaine d'écrans d'ordinateurs, je dirige les avions qui survolent le nord du Québec - du lac Saint-Jean à l'île de Baffin, puis de la baie d'Hudson jusqu'au Labrador et à l'Atlantique.
Tout ça demeure très «virtuel», puisqu'on ne voit pas les avions. C'est un peu comme un jeu vidéo! Il faut être capable de se représenter mentalement notre espace. Même si le Québec n'est pas New York ou Londres et que le trafic aérien n'y est pas comparable, c'est un travail très stressant.
La salle où je travaille fait un peu penser au centre de contrôle de la navette spatiale à Houston : on ne voit que des écrans radars, des ordinateurs et des gens hyper-concentrés, baignés d'une lumière tamisée, presque grise. Nous sommes regroupés par secteur, en îlots. Ça permet de réduire le bruit ambiant, celui des voix en particulier, car c'est important de bien entendre les communications qui proviennent de l'avion.
Je me sers principalement d'un grand écran radar où je surveille la progression des vols. Trois autres écrans d'ordinateurs me fournissent des renseignements essentiels, comme la météo et l'information sur les vols. Un écran tactile me donne accès aux différentes fréquences et lignes dont j'ai besoin pour communiquer avec les pilotes.
Comme le trafic est différent à chaque moment de la journée, on doit à tour de rôle travailler de jour, de nuit, en semaine et le week-end. Et comme c'est un boulot qui demande énormément de concentration, nous ne travaillons généralement pas plus d'une heure à la fois, avec des pauses variant entre 15 et 60 minutes.
Le centre est équipé pour nous permettre de nous détendre : salle de lecture, salle de télé, salle d'ordinateur, gym. On peut aussi jogger à l'extérieur ou aller sur une terrasse... d'où on peut regarder les avions atterrir et décoller!
En 2002, au Canada, 10 millions de mouvements d'aéronefs ont été enregistrés (décollages, atterrissages et survols de l'espace aérien). L'Atlantique Nord est l'espace aérien océanique le plus fréquenté au monde. Environ 1000 vols y transitent chaque jour.
(Source : NAV Canada, 2003.)

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