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[Marché du travail] Ça s'explique par Frédéric Perron Le marché du travail recèle d'étranges phénomènes qui semblent inexplicables ou même contraires au bon sens. Jobboom tentera chaque mois de résoudre l'un de ces mystères. Pourquoi les employeurs se plaignent-ils sans cesse de manquer de main-d'oeuvre quand il y a quelque 360 000 chômeurs au Québec? En janvier dernier, le Québec comptait précisément 366 700 chômeurs. Or, des dizaines d'industries et de secteurs d'emploi se plaignent sans arrêt d'un manque de main-d'oeuvre. Selon Réjean Chamard, économiste à la Table métropolitaine de Montréal chez Emploi-Québec, la principale explication tient à l'inéquation entre l'offre et la demande. «Les employeurs essaient de recruter des gens d'expérience, avec certaines compétences ou formations particulières. Mais souvent, la main-d'oeuvre disponible sur le marché ne correspond pas à cette demande.» Un nombre important de chômeurs ne possèdent même pas de diplôme secondaire. D'autres ont des formations en sciences humaines qui ne conviennent pas aux nombreux emplois qui exigent des formations techniques. Par exemple, Emploi-Québec estime que les besoins les plus criants en ce moment au Québec se trouvent chez les techniciens en chimie appliquée, les techniciens de laboratoire médical et les technologues en radiologie; les directeurs des ressources humaines, les directeurs des soins de santé et les directeurs financiers sont aussi très recherchés. Bref, des emplois particulièrement spécialisés. De plus, les chômeurs, même qualifiés, ne sont pas toujours là où il y a de l'emploi pour eux. Un chômeur habite, par exemple, l'Abitibi, et les emplois qui lui conviendraient se trouvent peut-être sur la Côte-Nord. Plusieurs moyens peuvent être mis en application pour diminuer le taux de chômage tout en réglant les pénuries de main-d'oeuvre, croit Réjean Chamard. «Il faut améliorer l'information sur le marché du travail pour que les gens sachent exactement ce que les employeurs recherchent et puissent ainsi se former en conséquence, lorsque c'est une question de formation.» Il faudra aussi aider les chômeurs sans expérience à acquérir un certain bagage, en participant à des stages, par exemple. Si le Québec parvient difficilement à conjuguer les aptitudes des 360 000 chômeurs avec les 50 000 emplois disponibles, il fera face bientôt à un plus grand défi encore. Compte tenu du vieillissement de la population, au moins 60 000 postes laissés vacants chaque année par les nouveaux retraités devront être pourvus d'ici à 2007, selon Emploi-Québec. Par exemple, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) prévoit qu'entre 1 500 et 2 500 de ses membres prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie. Dans ce cas-ci, le ministère de la Santé et des Services sociaux et l'OIIQ comptent mettre l'accent sur la formation, l'acquisition d'expérience en milieu de travail et favoriser la mobilité géographique des futures infirmières. Le recrutement d'infirmières immigrantes est aussi encouragé. Chaque secteur d'emploi devra trouver ses propres mesures pour affronter la situation. Un phénomène du marché du travail vous apparaît insensé? Faites-nous parvenir votre question! par courriel : lemagazine@jobboom.com par télécopieur : (514) 890-1456 |
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