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Portraits de travailleurs de l'industrie
par Stéphanie Fillion


Reda Selim, 40 ans
Directeur général, Spinelli Lexus Toyota, Montréal

Il était haut comme trois pommes et Reda Selim vouait déjà un culte sans bornes aux voitures. «J'ai toujours eu la passion de l'automobile. À cinq ans, je dévorais les photos d'automobiles dans les magazines. Je connaissais déjà toutes les marques. Au fil des ans, j'ai développé ma propre collection de petites autos. Ma passion ne s'est jamais éteinte.»

À 18 ans, Reda a offert ses services comme vendeur, çà et là, chez les concessionnaires d'automobiles. Son manque d'expérience n'amenait que des refus. Alors qu'il étudiait au collège Dawson en sciences sociales, le jeune homme a décroché un boulot d'été comme laveur d'automobiles chez Spinelli Fairview Toyota, dans l'arrondissement Pointe-Claire, à Montréal.

Il a considéré cela comme une chance. Les deux pieds dans l'entreprise, il a poursuivi son petit bonhomme de chemin en se fixant sans cesse des objectifs. Quelques mois plus tard, l'entreprise lui a offert un poste de conseiller technique à temps plein. «Je voulais vendre des automobiles, alors au bout de deux ans, j'ai harcelé le directeur des ventes de la concession (aujourd'hui président de la compagnie). En septembre 1986, il m'a donné ma chance.»

Reda aurait pu s'arrêter là, mais il a voulu jouer dans la cour des grands. Son but? Être propriétaire d'une concession ou en gérer une. Sa passion, sa détermination et son dévouement pour la compagnie ont fait leur ouvre. Les promotions se sont succédé : gérant des ventes, voitures neuves en 1990; directeur général des ventes, voitures neuves et d'occasions en 1996; puis gérant général en 1998. Depuis novembre 2002, il est à la tête de la concession Spinelli Lexus Toyota située dans l'arrondissement Lachine, à Montréal.

«Mon rêve, c'était de gérer une concession et j'y suis arrivé. La passion est toujours là. À la maison, si je ne parle pas de voitures ou que je ne joue pas à des jeux de course sur l'ordinateur, ma femme croit qu'il y a quelque chose qui cloche!»

Prochaine étape? Reda veut maintenant devenir vice-président, puis président. À suivre...

(Sylvie L. Rivard)



Jennifer Laplante, 21 ans
Apprentie débosseleuse, garage L. Landry & Fils, Drummondville

Jennifer a quitté l'école au secondaire. Quelques années plus tard, des amis qui étudiaient en carrosserie lui ont fait connaître un métier qu'elle affectionne depuis. «J'ai visité leur école et j'ai eu le coup de foudre. La peinture me fascinait. J'appréciais le travail que ces gens faisaient pour que les voitures redeviennent belles.»

À 19 ans, Jennifer s'inscrit à l'atelier de débosselage Action-Jeunesse à Trois-Rivières afin d'obtenir un diplôme d'études professionnelles en carrosserie. Elle reçoit l'appui de ses parents. «Plus jeune, ma mère rêvait d'être mécanicienne. Mais mon père était surpris de mon choix et ne croyait pas que je réussirais la formation.»

Déterminée à aller jusqu'au bout, Jennifer s'est vite intégrée aux autres élèves. «Je n'ai pas eu de difficulté à faire ma place parmi les garçons. Ils trouvaient ça l'fun qu'il y ait deux filles dans le groupe. Et mon professeur les avait avertis de ne pas nous écourer», dit-elle à la blague.

Après sa formation, Jennifer a fait un stage d'un mois chez Fix Auto, à Trois-Rivières. Par la suite, le garage L. Landry & Fils de Drummondville l'a embauchée comme apprentie débosseleuse. Elle y travaille depuis avril 2002.

Le métier de Jennifer consiste à remettre à neuf les éléments de carrosserie d'un véhicule endommagé, souvent à cause d'une collision. «Présentement, je prépare les voitures pour l'étape de la peinture. Je les sable, j'applique du mastic. Je fais aussi un peu de peinture. Pas de gros travaux de débosselage, mais je démonte et remonte des pièces comme des portes, des ailes, des capots.» Elle apprend constamment de nouvelles choses, assure-t-elle.

Son rêve? Devenir peintre de carrosseries d'automobiles. «Dernièrement, j'ai commencé à peindre certaines parties comme les pare-chocs. Quand je regarde le résultat, je suis fière, c'est beau et c'est grâce à moi!»

Peindre une voiture ou des parties de la carrosserie est un art, car les nouvelles couches doivent se fondre aux anciennes. La minutie, le souci du détail et une bonne technique sont des qualités essentielles, dit-elle. «Il y a ceux qui tournent les coins ronds et il y a les perfectionnistes.» Jennifer se range assurément dans le deuxième camp.

(Sylvie L. Rivard)



Nancy Gauthier, 33 ans
Conseillère en vente, Saturn Saab Isuzu de Québec

La vente, Nancy Gauthier en mange. Pendant ses études collégiales et universitaires, elle s'est renflouée en bossant comme vendeuse dans les boutiques de vêtements. «Je me plaisais à travailler dans ce domaine, car j'aime les gens et l'interaction avec la clientèle.»

Après avoir obtenu un baccalauréat en administration, option marketing, Nancy a travaillé à forfait moins d'un an dans son domaine. Alors qu'elle recherchait plus de stabilité professionnelle, une petite annonce de conseillère en vente chez Saturn Saab Isuzu de Québec l'a titillée. «Le concessionnaire ouvrait ses portes, l'équipe était jeune et c'était stimulant de faire partie d'une nouvelle concession. Tout était à bâtir.» Même si Nancy n'avait jamais travaillé dans le secteur de l'automobile, son baccalauréat et son expérience en vente lui ont permis d'obtenir le job.

Les succès n'ont pas tardé à suivre. Un an à peine après son embauche, en 1997, l'Association pour la protection des automobilistes (APA) l'a proclamée meilleur vendeur au Québec et deuxième au Canada, dans le cadre de son enquête Leasing Practices of New Car Dealers, où de présumés clients se présentaient dans les concessions pour magasiner une voiture. «Ça a amené beaucoup d'eau au moulin, car on a parlé de moi dans les médias. Les gens m'appelaient à mon travail pour me parler et prendre un rendez-vous.»

Les années ont passé et Nancy carbure toujours à la vente d'automobiles. «Lorsqu'un client qui a toujours roulé avec la marque d'un concurrent opte pour l'un de nos modèles, je suis ravie. Il y a aussi ceux à qui j'ai vendu un ou plusieurs véhicules qui disent revenir à cause de moi. C'est un velours! Parfois, les clients sont tellement contents de leur achat qu'ils m'offrent de petits cadeaux!»

Pour marquer des points, il faut gagner le respect des clients, précise-t-elle. «Un client mécanicien m'a déjà dit, lorsque je me suis présentée devant lui, qu'il avait demandé à parler à un vendeur. Il croyait que j'étais réceptionniste... Je lui ai demandé si une vendeuse, ça faisait pareil.» L'homme a ri dans sa barbe et lui a posé une série de questions techniques pour la coincer. «Quand il a vu que j'y répondais sans broncher, il a commencé à me prendre au sérieux.»

Cette jeune vendeuse a-t-elle encore des choses à prouver? «Je veux demeurer parmi les meilleurs vendeurs. L'entreprise m'a déjà offert une promotion, un poste de directrice commerciale. Mais j'aime tellement mon travail que je me suis permis de refuser...»

(Sylvie L. Rivard)



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