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  [La formation]
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par Sylvain Turner

Le temps où les mécaniciens et les débosseleurs apprenaient leur métier sur le tas, souvent de père en fils, est révolu. L'automobile a connu une telle évolution au cours des dernières années que les employeurs cherchent désormais des diplômés de la formation professionnelle et technique.


L'atelier de réparation et d'entretien d'automobiles a bien changé. Jadis un véritable capharnaüm baignant dans l'huile à moteur, il a évolué au rythme des innovations technologiques. Plus propre et ordonné que jamais, il est équipé d'appareils de diagnostic informatisés à la fine pointe de la technologie. D'ailleurs, dans le jargon de l'industrie, on désigne de plus en plus les mécaniciens comme des techniciens en mécanique automobile, un titre qui reflète davantage le travail spécialisé que réalisent désormais ces experts ès moteurs, accessoires et carrosserie.

«Les employeurs ont constaté qu'un diplômé est beaucoup plus performant dans leur atelier qu'un employé non formé», explique Didier Lannier, directeur du Centre de formation professionnelle Daniel-Johnson, à Laval, qui offre notamment la formation en mécanique automobile. «Ils connaissent le contenu des programmes d'études professionnelles et ils recherchent les diplômés», dit-il.

L'industrie peut compter sur une offre de formation des plus satisfaisantes, la majorité des programmes ayant fait l'objet d'une révision il y a quelques années. De plus, pour répondre à la demande, les établissements d'enseignement offrent de nouveaux programmes. C'est le cas à l'Institut de l'automobile du Québec, qui relève de l'organisme Intégration Jeunesse du Québec, où on a récemment ajouté la formation d'installateur de vitres et composantes électroniques automobiles à celles déjà offertes — commis-vendeur aux pièces automobiles, conseiller au service à la clientèle, conseiller en services et accessoires automobiles, et spécialiste en esthétique automobile.

Pour aller plus loin... plus vite
Bien sûr, il y a encore des jeunes qui commencent leur carrière comme apprentis, sans formation. Mais ils sont nettement désavantagés lorsque vient le temps d'obtenir leur certificat de qualification et de devenir compagnon, c'est-à-dire un travailleur certifié dont le salaire reflète l'expertise. «À Montréal, un apprenti en mécanique automobile peut passer son examen de certification après trois ans en emploi, explique Suzanne Mercier, directrice de la formation et des projets spéciaux à la Corporation des concessionnaires d'automobiles de Montréal. Mais sans formation, cela peut lui prendre des années avant de réussir l'examen et d'obtenir son certificat de qualification, car il ne possède pas les connaissances normalement acquises à l'école. Alors que nous sommes confrontés à un problème de vieillissement de la main-d'ouvre, il est important de former les jeunes adéquatement pour qu'ils obtiennent leur certification le plus rapidement possible.»

En fait, la formation est devenue absolument incontournable pour plusieurs métiers liés à l'industrie automobile, comme ceux de mécanicien et de débosseleur, précise Suzanne Mercier. Quant à la vente automobile, les aspects financiers et juridiques de ce métier sont de plus en plus complexes, ajoute-t-elle, et une attestation d'études collégiales (AEC) en vente automobile est loin d'être superflue.

Les employeurs privilégient aussi la formation continue pour assurer la mise à niveau des connaissances de leurs employés. À la Corporation des concessionnaires d'automobiles de Montréal, par exemple, des formations sont données régulièrement aux gestionnaires et au personnel des ventes et du service à la clientèle. Celles qui touchent à la gestion du personnel sont particulièrement populaires dans un contexte de pénurie, où les dirigeants souhaitent se munir des outils nécessaires pour assurer la rétention de leur personnel.

«La formation a suivi le rythme de l'évolution de l'industrie. Le problème relève surtout du recrutement», affirme Michael Paul, directeur général de l'Association des industries de l'automobile du Canada (AIA Canada), division du Québec. Cette préoccupation est partagée par bon nombre d'intervenants de l'industrie, qui constatent que les entreprises ont de plus en plus de difficulté à pourvoir à certains postes.

Recrutement en accéléré
Les entreprises du secteur des services automobiles doivent passer en mode d'accélération en matière de recrutement, les candidats se faisant de plus en plus rares. On parle même de pénuries de main-d'ouvre pour les postes en mécanique automobile et en carrosserie, souligne Suzanne Mercier. Les conseillers techniques, soit les personnes qui font le lien entre le client et l'atelier, sont aussi très recherchés, dit-elle.

L'industrie devra remplacer rien de moins que la moitié de ses mécaniciens automobiles et de ses carrossiers d'ici à 15 ans, nous apprend le Plan d'action 2003-2004 du Comité sectoriel de main-d'ouvre de l'industrie des services automobiles. Le hic, c'est que les jeunes en emploi, ou qui sortent actuellement des centres de formation professionnelle, ne sont pas suffisamment nombreux pour pourvoir aux postes laissés vacants à la suite des départs à la retraite.

La situation est telle que plusieurs employeurs vont jusqu'à recruter dans les centres de formation. C'est le cas d'entreprises ouvrant dans la vente de pièces automobiles, telles qu'Uni-Sélect, Napa, Unipro et Autopro. «Nous nous rendons régulièrement dans les écoles secondaires pour promouvoir les carrières de l'industrie, affirme Michael Paul. Peu de jeunes diplômés se dirigent vers ce domaine, pas très prestigieux à leurs yeux même s'il offre des perspectives de carrière et des conditions fort intéressantes.»

Les employeurs privilégient aussi les qualités personnelles. Selon Suzanne Mercier, des aptitudes sur le plan de la communication sont essentielles, tant pour les gens du service à la clientèle que pour les mécaniciens ou les débosseleurs, car tous sont appelés à s'entretenir avec les clients.



Principaux métiers et formations

   EMPLOI    FORMATION
Mécanique automobile
- Mécanicien automobile Diplôme d'études professionnelles (DEP) en mécanique automobile
- Installateur de systèmes ajoutés DEP en mécanique automobile
Carrosserie
- Débosseleur DEP en carrosserie
- Peintre d'automobiles DEP en carrosserie
- Préposé à l'esthétique automobile Formation sur mesure offerte par certains centres de formation professionnelle
Service-conseil
- Conseiller en vente automobile Attestation d'études collégiales (AEC) en vente automobile
- Conseiller au service à la clientèle
- Conseiller technique
AEC en gestion et services automobiles ou DEP en service-conseil à la clientèle en équipement motorisé
- Conseiller en pièces d'automobiles
- Commis aux pièces
DEP en vente de pièces mécaniques et d'accessoires

Note : Certaines formations offertes par des établissements privés peuvent aussi mener à des emplois dans le domaine.

Sources : Comité sectoriel de main-d'ouvre des services automobiles (www.csmo-auto.com); Inforoute FPT (www.inforoutefpt.org).




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