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  [Carrière]
Des questions
à 100 piastres
Les pièges de l'entrevue d'embauche

par Steve Proulx

«Parlez-moi de vous.» Si vous avez passé une entrevue d'embauche récemment, vous avez peut-être glissé sur ce type de question ouverte comme sur une pelure de banane. Quelle est la réelle signification de ces questions fréquemment posées et qu'est-ce que le recruteur cherche à savoir? On fait le tour de la question...

Alors qu'il postule pour un poste de préposé à l'accueil des artistes, Philippe Doucet rencontre les directeurs d'un important festival culturel montréalais. Bien préparé à mettre en valeur ses compétences et à illustrer sa bonne connaissance de l'organisme, il répond avec esprit aux questions traditionnelles comme «Quelles sont vos forces et vos faiblesses?» et «Pourquoi voulez-vous travailler pour nous?» Mais l'entrevue prend une tournure incertaine lorsqu'on lui demande ce qu'il pense des spectacles au programme cette année. «J'ai répondu qu'il me tardait d'assister aux représentations, croyant ainsi démontrer mon enthousiasme pour les fonctions que j'aurais à remplir.» Voyant la mine fermée des intervieweurs, Philippe comprend qu'il a mal décodé leurs attentes. «Ils voulaient plutôt que je démontre un certain détachement face aux artistes afin de prouver mon professionnalisme.» Philippe n'a pas décroché le poste convoité.

Difficile de trouver une réponse intelligente à ce genre de colles? C'est prévu. En posant d'épineuses questions, qui font souvent appel à la personnalité du candidat, le recruteur cherche à déceler si celui-ci pourrait se mouler aux valeurs de l'entreprise. On ne s'intéresse pas qu'au contenu de la réponse, mais on observe aussi la manière dont vous répondrez... sans perdre vos moyens! Autrement dit, votre savoir-être intéresse autant l'employeur que votre savoir-faire.

Comment bien se préparer à une entrevue?
En entrevue, on doit être confiant (mais pas trop), nerveux (mais pas trop), préparé (mais pas trop), sérieux (mais pas trop). Bref, tout est dans le dosage. Il n'y a pas de recette miracle : réussir une entrevue est avant tout une question d'état d'esprit. «Les gens qui réussissent mes entrevues sont ceux qui se connaissent bien et qui font des mises au point régulières sur leur vie», dit Ian Tremblay, recruteur chez Adecco Synergie Montréal. Gribouillez sur papier des notes à propos de vous, de votre personnalité, de votre cheminement personnel, de vos ambitions... «Souvent, on déculotte vraiment quelqu'un en entrevue en lui posant des questions qu'il ne s'est jamais posées lui-même», remarque-t-il.

En général, l'employeur ne cherche pas une personne parfaite en tous points, mais plutôt quelqu'un qui soit bien dans sa peau; des personnes qui sont à l'aise autant avec leurs qualités qu'avec leurs «bibittes».

Lors d'une entrevue, le recruteur veut aussi savoir ce que VOUS avez fait. «Ce qui est important, c'est que les gens parlent de ce qu'ils ont fait... au "je", dit Nathalie Francisci, présidente de Venatus Conseil, une boîte de recrutement montréalaise. Le "on", le "il", le "nous", je n'en veux pas! Je cherche à savoir, dans un projet donné, les tâches que la personne a réalisées.»

Pour éviter la déconfiture, les chercheurs d'emploi ont tout intérêt à capter les messages cachés derrière les questions couramment posées lors d'une entrevue d'embauche. En voici quelques-unes que des spécialistes des entrevues vous aident à décoder.

  • Parlez-moi de vous...
    Le recruteur qui pose cette question très vague cherche souvent un moyen d'amorcer la discussion. «Ce que j'apprécie de cette question, dit Linda Plourde, présidente d'Adecco Synergie Montréal, c'est qu'elle donne au candidat l'occasion de commencer de la façon dont il le souhaite et de se présenter lui-même.» Soyez positif!

  • Quels sont vos défauts et/ou vos qualités?
    L'incontournable question. Ici, le recruteur veut savoir si vos qualités (ou défauts) entrent en conflit avec le poste pour lequel vous postulez. Une secrétaire qui se dit désordonnée, ce n'est pas très cohérent! Qu'on se le dise, les recruteurs connaissent toutes les réponses visant à transformer un défaut en qualité... «Quand on demande à un candidat quels sont ses défauts, il nous dit souvent qu'il est "trop" perfectionniste», ironise Nathalie Hénault, coordonnatrice aux ressources humaines au bureau montréalais de l'entreprise d'approvisionnement UPS Supply Chain Solutions. Mieux vaut être honnête, mettre l'accent sur les qualités, mais parler aussi de ses défauts. «Personne n'est parfait, dit Ian Tremblay. J'aime mieux recruter quelqu'un qui est conscient de ses défauts.»

  • Comment avez-vous entendu parler de notre entreprise?
    Nathalie Francisci pose cette question pour savoir si le candidat s'est bien documenté sur l'entreprise. «Souvent, les gens arrivent en entrevue sans même avoir lu à propos des produits de l'entreprise. On veut donc voir si le candidat a fait ses devoirs; c'est une marque d'intérêt, de motivation et de respect.» Pour Nathalie Hénault, cette question sert aussi des motifs... stratégiques. «On essaie de voir quels outils de recrutement ont été utilisés par le candidat (annonces dans les journaux, site Internet, etc.) afin de déterminer lesquels sont les plus efficaces.»

  • Que pouvez-vous apporter à notre entreprise?
    «On veut savoir quelles réalisations du candidat peuvent être utiles à l'organisation, explique Nathalie Francisci. Cette question permet aussi de valider comment le candidat perçoit ce qu'il a d'avantageux à offrir à l'entreprise.» Un bon truc : expliquez ce que vous pourriez apporter à l'entreprise en partant de vos réalisations passées, de votre formation ou de votre expérience personnelle. Il est toujours plus efficace d'y aller d'exemples concrets : la fois où votre intervention a été déterminante pour la réussite d'un projet, la bonne idée que vous avez suggérée à vos patrons, etc.

  • Parlez-moi de vos échecs?
    Même si personne n'aime parler de ses coups foireux, les recruteurs, eux, aiment bien ce genre de questions sadiques. «Je veux surtout savoir ce que la personne a appris de ses échecs, explique Nathalie Francisci. Il est important de le savoir puisqu'on présume qu'elle ne fera plus les mêmes erreurs. Ensuite, ça nous permet de voir quel est le niveau de tolérance du candidat face à l'échec. Je vais vraiment cuisiner une personne qui me répond ne jamais avoir eu de revers!» Racontez seulement les échecs que vous avez eu pleinement le temps d'analyser, qui vous ont fait avancer ou qui ont été pour vous des leçons de vie.

  • Définissez le poste pour lequel vous postulez?
    Voici une question pour démasquer les «omnipraticiens», ou plutôt ceux qui postulent à gauche et à droite sans détenir l'expérience ou les compétences requises. On la pose aussi afin de savoir si le candidat a la même définition du poste que l'employeur. «Cette question permet de mettre les pendules à l'heure», dit Linda Plourde. Son conseil? Pensez à votre réponse avant l'entrevue. Sachez quelles sont les tâches à accomplir et découpez-les en quelques étapes. N'hésitez pas à demander si votre définition ressemble à celle que l'employeur avait en tête. Bref, soyez proactif!

  • Où vous voyez-vous dans cinq ans?
    C'est une question qui perd en popularité, car dans le contexte de travail actuel, plusieurs travailleurs changent souvent d'emploi au cours de leur carrière. Mais certains recruteurs la lancent en fin d'entrevue pour voir si le candidat est cohérent avec lui-même. D'autres vont essayer de déceler si le candidat a de l'ambition... Mais attention, un excès d'ambition peut effrayer l'employeur! Si vous craignez que vos objectifs de carrière n'entrent en conflit avec le poste convoité, dites toujours : «J'espère que la personne que je serai devenue dans cinq ans occupera un emploi qu'elle aime.» Selon Nathalie Francisci, personne ne peut prédire l'avenir. «Quand je pose cette question, c'est pour savoir après quoi le candidat "court". Son objectif de carrière ultime, en quelque sorte.»

    Avec la collaboration de la journaliste Sophie Marsolais.


    Une entrevue dans les deux sens


    L'entrevue d'emploi peut vous en dire long sur l'environnement de travail au sein de l'entreprise. Pourquoi ne pas en profiter, vous aussi, pour évaluer l'entreprise qui risque de vous embaucher? Par exemple, Julie se souvient d'une entrevue où le recruteur (en l'occurrence sa future patronne) lui a demandé : «Qu'attendez-vous de votre patron?» Julie a alors répondu : «Du respect et un petit merci de temps en temps...» Probablement conquise par sa sincérité, son interlocutrice avait alors éclaté de rire et déclaré : «Je ne suis pas très forte sur les mercis!» Julie a décroché l'emploi. Moins d'un an plus tard, elle démissionnait...



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