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[Mode de vie]
Vous avez un massage
par Corinne Fréchette-Lessard
Jadis associés aux excursions européennes dans les cinq-étoiles (et dans les trois chiffres!), les spas poussent désormais comme des champignons à deux pas de chez soi. Médi-Spa, spa nordique, écospas : chacun propose sa recette. Comment y voir clair?
Au moins une fois par année, Mary-Christine O’Gallagher effectue un séjour dans un centre de santé. Stressée par son boulot d’enseignante au secondaire, cette Sherbrookoise dans la trentaine a pris l’habitude de boucler le calendrier scolaire par une petite séance de ressourcement.
«La première fois, j’étais mal à l’aise à l’idée de prendre toute une journée pour me faire dorloter», se remémore-t-elle. Quatre ans et une panoplie de soins corporels plus tard, pas une miette de culpabilité ne subsiste. «Même si j’habite assez proche pour rentrer à la maison après les traitements, en général, j’y vais deux jours et une nuit. Dormir au spa rehausse considérablement l’expérience et permet de vraiment décrocher.» Pour cette enseignante, les massages, sablages et autres bichonnages sont passés de plaisirs coupables à dépenses nécessaires.
Un glissement de perception qui semble généralisé si l’on se fie à la popularité grandissante de l’industrie de la détente. D’élitistes et luxueux, les spas sont devenus accessibles et omniprésents. Ils se présentent aujourd’hui comme LE baume idéal pour soulager les plaies d’une population surmenée.
Un grand remous
En 10 ans, propulsés par une clientèle toujours plus assoiffée de mieux-être, les spas se sont taillé une place de choix aux côtés des joueurs majeurs de l’industrie américaine du loisir. Selon l’International Spa Association (ISPA), qui regroupe quelque
2 500 établissements de santé à travers le monde, les centres de détente ont généré environ 11,2 milliards de dollars en 2003 aux États-Unis. Quoique légèrement en baisse par rapport à l’année précédente, ces revenus surpassent ceux des salles de cinéma américaines par près de deux milliards de dollars!
Au Québec, Spas Relais santé, une association de centres de santé de la province, estime à 60 millions de dollars les revenus engendrés par cette industrie en 2003. Ici aussi, la croissance accuse une perte de vitesse après quelques années de poussée fulgurante. «C’est simplement parce que la demande et l’offre commencent à s’équilibrer, explique Claire Levasseur, directrice générale de l’organisme. Le marché n’est pas encore saturé, mais on observe un certain plafonnement.»
Cependant, à l’heure actuelle, il n’y a pas de définition universelle d’un spa. «N’importe quelle entreprise peut utiliser le terme. Donc, circonscrire l’appellation fait partie des enjeux pressants de cette industrie», souligne Claudine Barry, agente de recherche à la Chaire de Tourisme de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). C’est ce qui explique que Tourisme Québec répertoriait 147 spas en janvier 2006, alors que l’ISPA en dénombrait plutôt 364 en 2004!
Pour sa part, l’association Spas Relais santé juge que seulement une cinquantaine d’établissements québécois peuvent revendiquer la désignation de spa. «L’objectif premier d’un spa est la détente, explique Claire Levasseur, et l’ambiance doit d’emblée y être relaxante. Ça exclut donc les instituts de beauté, par exemple, qui offrent parfois des services similaires, mais qui tendent à être bruyants et très animés.» Claire Levasseur précise qu’on distingue généralement trois sortes d’établissements — les spas de jour ou urbains (sans hébergement), les spas de villégiature (dans un hôtel) et les spas de destination (consacrés exclusivement à la remise en forme) — et ajoute qu’un spa devrait compter à son menu au moins deux types de soins, dont la massothérapie.
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Vous avez un massage
Spa dans ma cour

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