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À la hausse
En 2020, selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la dépression deviendra la deuxième cause d'invalidité dans le monde, juste après les maladies cardiovasculaires.

Déjà, aux États-Unis, le présentéisme coûterait aux employeurs plus de 150 milliards de dollars en pertes de productivité, d'après des chercheurs américains cités par le magazine Harvard Business Review en octobre 2004. Par ailleurs, le même magazine rapportait que selon ces études, la dépression et les maux de dos entraînent respectivement la perte de 35 milliards et de près de 47 milliards de dollars américains en productivité au travail. C'est trois fois plus que la perte de productivité associée aux absences.

Au Québec, il est difficile d'estimer l'ampleur du présentéisme dans les organisations, puisque aucune étude n'a été menée sur le sujet. «L'entreprise peut évaluer les coûts quand un employé est absent. Mais il n'y a pas de colonne dans l'état financier qui décrit l'impact du présentéisme», remarque Suzanne Dubois, directrice générale de la Fondation des maladies mentales (FMM). Les gestionnaires peinent à cibler les travailleurs de bureau qui ont ce comportement. Comment savoir qui, parmi les 100 employés assis devant leur ordinateur, est productif? Tandis que dans une chaîne de production, on peut voir si le travailleur ne remplit pas ses tâches, résume Florent Francoeur.

N'empêche, le phénomène du présentéisme est en croissance, selon le Dr Serge Marquis, médecin du travail. «Cela peut s'expliquer par les exigences de plus en plus grandes des organisations.» Il est d'ailleurs clair que le travail s'est intensifié depuis une quinzaine d'années, disent les experts. «Selon des enquêtes européennes, 50 % des gens disaient devoir travailler avec des échéanciers serrés en 1990», poursuit le Dr Michel Vézina, qui enseigne aussi au Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval. «En 2000, ce pourcentage grimpait à 60 %.»




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