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[À la une] Travailler à 20, 30, 40 ou 50 ans La grande traversée coordination : Martine Roux photos : François Roy
À chaque âge sa réalité. En ce qui a trait au travail, ce dicton est encore plus vrai. Sur le marché de l'emploi comme dans une ville, jeunes et moins jeunes se côtoient, mais carburent à différents stimuli selon leurs besoins et motivations du moment. Le travail est une grande cité bigarrée où l'on se sent parfois bousculé, énergisé, étourdi, émerveillé ou carrément oublié.
La vingtaineMême les employeurs qui offraient les avantages de la sécurité d'emploi - enseignement, fonction publique, grandes entreprises, etc. - convertissent les bons vieux postes à temps plein en contrats à durée déterminée, de six mois ou d'un an, par exemple. La raison? «On vit dans une période de chaos vocationnel», avance Monique Saint-Amand, une conseillère d'orientation du CREMCV qui oeuvre en «employabilité» depuis une vingtaine d'années. Et ce chaos, selon elle, est là pour de bon. Les jeunes (et les moins jeunes) devront s'adapter! L'expression chaos vocationnel, lancée pour la première fois en 1996 par Danielle Riverin-Simard, spécialiste en counselling de carrière et chercheuse au Centre de recherche interuniversitaire sur l'éducation et la vie au travail (CRIEVAT), a été reprise depuis par différents auteurs pour décrire les parcours professionnels faits d'une succession de formations, d'emplois ou de périodes de chômage. Un jeune prévenu en vaut deux Un avantage qui sert certes les jeunes fraîchement atterris sur le marché du travail : ils savent à quoi s'attendre! Plus pragmatiques que leurs aînés, les 20-29 ans caressent des projets réalistes et ils entretiennent moins d'illusions. Rien à voir avec l'amertume et le sentiment d'injustice profonde ressentis par les jeunes dans les années 1980 envers les baby-boomers qui se cramponnaient jalousement à leurs postes. «Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail aujourd'hui sont prévenus et sont conscients que durant leur carrière, ils devront veiller à leur développement professionnel en maintenant à jour leurs compétences, fait remarquer Monique Saint-Amand. Ils bougent plus vite que les gens de 30 ans et prennent les commandes de leur destinée.» Dégourdis, optimistes et individualistes, les jeunes sont bien préparés à entrer dans la danse. Pour couronner le tout, un élément important joue en leur faveur : le climat économique est aujourd'hui nettement plus clément que celui qui prévalait au début des années 1990 alors que le Québec s'enlisait dans une récession et qu'un fort taux de chômage donnait des cauchemars aux chercheurs d'emploi. Depuis quelques années, l'emploi au Québec connaît des sommets olympiques et les perspectives s'annoncent heureuses, notamment grâce aux départs à la retraite des baby-boomers. Des occasions d'emploi, il y en a et il y en aura. |
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