accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire
  [Dossier Éducation]
Placement des diplômés en 2003
Recherche et rédaction : Guylaine Boucher, Marthe Martel, Kareen Quesada et Claudia Larochelle
Coordination : Emmanuelle Gril

> Universitaire premier cycle
> Collégial technique
> Secondaire professionnel
> Les diplômes express

Notre enquête exclusive menée au printemps 2003 auprès des services de placement des établissements d'enseignement de la province sur l'état du marché du travail pour les jeunes diplômés québécois révèle que, malgré le ralentissement économique, les diplômés des formations professionnelles, collégiales et universitaires ont bien tiré leur épingle du jeu jusqu'ici sur le marché du travail. Dans certains programmes, on a même compté jusqu'à dix offres d'emploi par diplômé. Cette année marque de plus le retour en force de la fonction publique comme employeur de premier plan.

Voici donc le bilan qualitatif d'un marché du travail où les départs à la retraite des baby-boomers commencent à se faire sentir...

Les résultats de cette enquête sont extraits des guides Les métiers de la formation professionnelle, Les carrières du collégial et Les carrières de la formation universitaire, publiés en août 2003 par les Éditions Jobboom.


Placement des bacheliers au printemps 2003
Coup d'état!

par Guylaine Boucher


Les dernières années ont été bonnes en matière de placement pour les diplômés universitaires, et l'année 2002-2003 n'a pas fait exception. Les besoins sont particulièrement pressants dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'administration et de la fonction publique, qui effectue un retour marqué en tant qu'employeur de premier plan!

La grande majorité des 16 établissements universitaires sondés affirme que les offres d'emploi ont été nombreuses pour l'année 2002-2003, et que leurs diplômés ont pu se trouver du travail rapidement. Les principaux employeurs ont été les fonctions publiques fédérale et provinciale, tant pour pourvoir à des postes de gestionnaires ou d'administrateurs, que d'infirmières, d'enseignants ou de professionnels : psychologues, travailleurs sociaux, traducteurs, etc.

À l'Université d'Ottawa, Sylvain Briand, agent d'information et des communications au Service des carrières, soutient que les gouvernements offrent autant d'emplois en ce moment que les entreprises des technologies de l'information pouvaient le faire dans leur meilleure période.

Cette recrudescence des activités de recrutement s'explique essentiellement par les départs à la retraite d'une bonne partie des employés de l'État. Les entreprises privées, particulièrement les moyennes et les grandes, ont, elles aussi, continué à proposer des postes intéressants.

Des secteurs gagnants
Les diplômés de certaines formations sont particulièrement recherchés sur le marché de l'emploi. C'est le cas, encore cette année, de l'ensemble des disciplines en lien avec la santé. De l'avis de Micheline Grenier, directrice du Service de placement de l'Université Laval, on peut parler d'un important manque de diplômés dans la majorité des programmes du secteur. «Que ce soit en ergothérapie, en physiothérapie, en pharmacie, en médecine ou en sciences infirmières, les diplômés ont l'embarras du choix. Nous avons trois ou quatre postes pour chaque sortant. La demande est particulièrement forte en région.»

La réalité est la même à l'Université de Montréal. À l'Université de Moncton, Michel A. Legault, conseiller en placement, dit pour sa part recevoir des offres d'emploi pour les diplômés en sciences infirmières de partout au Canada. Selon lui, le bilinguisme de la majorité des diplômés explique cette situation.

Les sortants en orthophonie et en audiologie sont également recherchés, tout comme ceux des formations reliées aux services sociaux. Les bacheliers en criminologie sont aussi appréciés par les employeurs du secteur.

Le domaine de l'éducation draine une large part des offres d'emploi reçues par les services de placement des universités. À l'Université du Québec à Montréal (UQAM), on affirme manquer de diplômés pour répondre à la demande. Partout au Québec, les besoins de diplômés en enseignement primaire et secondaire sont criants. À l'Université Concordia, le coordonnateur des services de placement, André Gagnon, note une demande constante de professeurs de sciences et de mathématiques au secondaire. L'enseignement des langues a aussi la cote.

Les emplois spécialisés en lien avec l'éducation présentent de belles perspectives, entre autres en psychoéducation et en adaptation scolaire. À l'Université du Québec à Trois-Rivières, Rachel Lemelin, conseillère en information professionnelle, a noté une demande pressante en provenance de plusieurs régions du Québec. «Certaines commissions scolaires sont carrément en attente de diplômés en adaptation scolaire; c'est le cas notamment en Estrie.»

De bons débouchés en administration
«L'administration est le domaine où l'on a reçu le plus d'offres d'emploi en 2002-2003», note Chantal Bilodeau, conseillère en emploi à l'Université du Québec en Outaouais. Les spécialistes des ressources humaines, des finances et du marketing sont particulièrement populaires et les principaux employeurs sont les banques, les caisses et les compagnies d'assurance. Les sortants en comptabilité sont aussi recherchés, tant par l'entreprise privée que par les cabinets comptables. À HEC Montréal, le directeur du Service de placement et de gestion de carrière, Pierre Francq, confirme que le niveau de placement se maintient pour la majorité des diplômés du secteur. «Il se fait beaucoup de travail de recrutement pour la fonction publique. L'industrie pharmaceutique, le secteur de la santé et les finances sont aussi très actifs dans le recrutement de nos diplômés.»

Sébastien Leblanc, directeur du Service de placement de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, souligne que les diplômés en finance et marketing tirent bien leur épingle du jeu. Il en va de même pour ceux du baccalauréat en gestion des opérations et de la production, qui n'ont aucune difficulté à dénicher un emploi. «Leur nombre est toutefois peu élevé, ce qui explique peut-être en partie leur placement favorable», précise le directeur.

Les surprises
Certains programmes ont connu des gains intéressants et surprenants en 2002-2003. C'est le cas du secteur des sciences humaines, qui gagne du terrain depuis un an, ce que confirme notamment l'UQAM. Le nombre d'offres d'emploi pour les diplômés en sciences politiques a connu une hausse significative à l'Université de Montréal, mais aussi à l'Université Laval. Les premiers employeurs sont évidemment les fonctions publiques fédérale et provinciale. «Plusieurs organismes sans but lucratif cherchent aussi l'expertise des gens en sciences politiques, estime Julie Morin, conseillère en emploi à l'Université de Montréal. On apprécie leur polyvalence, que ce soit sur le plan de la communication, de l'analyse ou de la synthèse.»

Les diplômés en droit, en histoire et en sociologie ont aussi été avantagés sur le marché de l'emploi en 2003. Les départs à la retraite amorcés dans le secteur public expliquent largement cette demande, que ce soit dans les ministères, les régies régionales ou les différents conseils consultatifs.

À l'Université de Montréal, on signale que l'intérêt accru pour l'environnement aide les diplômés en géographie, en aménagement du territoire et en biologie à trouver du travail. Cette progression a également été notée à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). «Les diplômés en biologie sont nombreux à être embauchés comme assistants de recherche dans les universités, au gouvernement et dans les organismes parapublics, soutient Régis Beaulieu, conseiller en placement. Ils peuvent aussi être engagés comme animateurs, guides, interprètes, inspecteurs ou techniciens de la faune.»

De plus, contrairement à ce qui était pressenti en raison des événements du 11 septembre 2001, de la guerre en Irak et du léger ralentissement de l'économie américaine, les diplômés en tourisme et loisirs se sont vite trouvé du boulot au cours de l'année 2002-2003. À l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Mario Bilodeau, le directeur du programme d'études en plein air et tourisme d'aventure, confirme que les 22 sortants de 2003 avaient déjà décroché un emploi en mai, immédiatement après l'obtention de leur diplôme. Seule ombre au tableau, les postes disponibles sont très souvent à forfait et saisonniers.

Certaines formations en lien avec les lettres et les langues ont connu une bonne progression au cours de 2002-2003. C'est le cas en traduction. À l'Université d'Ottawa, Sylvain Briand confirme que non seulement les diplômés de 2003 ont facilement su se tailler une place sur le marché du travail, mais qu'il en sera ainsi pour quelques années encore en raison des départs à la retraite massifs dans la fonction publique fédérale. «Les universités ne forment annuellement que 300 diplômés en traduction, alors que les besoins sur le marché de l'emploi sont estimés à 1 000 nouveaux traducteurs par année d'ici à 2010.»

Les diplômés en communication et relations publiques sont aussi demandés. «En communication, nous avons reçu 25 % plus d'offres d'emploi en 2002-2003 qu'en 2001-2002, explique Julie Morin, de l'Université de Montréal. Les emplois touchent autant les relations publiques, la coordination d'événements que les relations de presse, la rédaction ou le journalisme.»

Enfin, le dynamisme du secteur de la construction favorise les diplômés en génie civil, que ce soit à l'Université Laval, à l'UQAC, à l'École Polytechnique ou à l'Université McGill. Le diagnostic vaut aussi pour les diplômés en génie du bâtiment de l'Université Concordia et les diplômés en génie de la construction de l'École de technologie supérieure (ETS). «Il y a même en ce moment plus d'offres d'emploi dans cette discipline que de sortants disponibles», indique Tyna Bériault, responsable du placement pour l'ETS.

Quelques bémols
Les diplômés des formations en lien avec les technologies de l'information, les télécommunications et l'aéronautique ont cependant connu une année difficile. C'est le cas notamment dans les programmes de sciences informatiques, génie informatique, génie logiciel, génie mécanique (option conception aéronautique), génie physique et génie électrique (spécialisation télécommunications).

À l'École Polytechnique, Maryse Deschênes, la directrice du Service de placement, ne cache pas son inquiétude. «L'éclatement de la bulle des télécommunications continue de nuire aux diplômés en génie informatique, génie électrique et génie physique. Les offres d'emploi ont été moins nombreuses pour eux cette année.» Les diplômés en aéronautique et en génie mécanique ont aussi eu du mal à trouver du travail en raison des difficultés de l'industrie aéronautique, ajoute la directrice.

À l'Université Laval, Micheline Grenier tient toutefois à apporter certaines nuances. «Il y avait tellement d'effervescence autour des formations en lien avec les technologies de l'information qu'on a l'impression que tout est tombé, mais ce n'est pas vraiment le cas. Il y a moins de demande, mais le marché est positif. Les télécommunications et les technologies de l'information demeurent quand même des secteurs d'avenir.»

Optimiste, Gregg Blanchford de l'Université McGill refuse d'envoyer un signal négatif aux étudiants, quel que soit leur domaine d'études. Selon lui, la personnalité et l'attitude des diplômés peuvent faire une grande différence, indépendamment des tendances observées sur le marché de l'emploi. «Décrocher un emploi, c'est aussi une question de personnalité. Il ne faut pas l'oublier.»



Les offres d'emploi pour les diplômés du collégial
Dix pour un!

par Marthe Martel


Éducation, santé, construction ont été les secteurs-vedettes du marché du travail, mais les établissements d'enseignement collégial ont reçu de nombreuses offres d'emploi dans presque tous les domaines d'activité au printemps 2003 — jusqu'à 10 par diplômé dans certains programmes!

Les programmes de formation liés à l'éducation et à la santé sont particulièrement prisés. «La formation en techniques d'éducation spécialisée fait actuellement partie des programmes pour lesquels on reçoit le plus d'offres d'emploi», signale Julie Guérard, responsable du placement au Cégep Marie-Victorin. Les mises à la retraite, qui augmentent notamment dans les centres jeunesse, expliquent en partie la situation. Carolyne Maltais, conseillère en emploi au Cégep de Sainte-Foy, signale que les diplômés en techniques de travail social s'en tirent également très bien. De même pour les diplômés en techniques d'éducation à l'enfance.

Dans le domaine de la santé, on s'arrache littéralement les diplômés en soins infirmiers, en radio-oncologie, en radiodiagnostic et en inhalothérapie. «Les conditions de travail en soins infirmiers ne sont cependant pas idéales, souligne Claude Mongrain, conseiller à l'emploi et aux stages au Cégep de Rimouski. Il y a beaucoup d'emplois à temps partiel, et les techniciens doivent souvent être en disponibilité, même durant les fins de semaine.»

Au Collège de Maisonneuve, Maryse Lemay, responsable du Service de placement, parle de son côté d'un manque important de main-d'oeuvre en hygiène dentaire. «Les employeurs commencent à nous appeler en septembre pour engager nos diplômés.»

Enfin, les laboratoires de recherche et les cliniques vétérinaires ont besoin de techniciens en santé animale. Au Collège Lionel-Groulx, on n'arrive même plus à répondre à la demande, assure Mélissa Cloutier, préposée au placement. «Nous n'avons qu'une dizaine de sortants par année, alors que nous recevons une dizaine d'offres d'emploi aux deux semaines!»

Construction : on ne chôme pas
Les chantiers en cours aux quatre coins de la province ont avantagé les techniciens du secteur du bâtiment et des travaux publics. «En génie civil et en mécanique du bâtiment, nos diplômés sont placés six mois avant la fin de leurs études, note Claude Mongrain du Cégep de Rimouski. Nous avons environ 10 sortants par année dans chacun de ces programmes, et il nous en faudrait 20 à 25 pour répondre à la demande des employeurs.»

Christine Lévesque, responsable du Service d'aide à l'emploi du Cégep de Lévis-Lauzon, ajoute que les sortants en technologie de l'architecture ont aussi de la facilité à se trouver du travail.

Administration : la fonction publique ratisse large
En techniques administratives, le placement a toujours été bon, mais il semble aujourd'hui spectaculaire. «En 2003, j'ai reçu 700 offres d'emploi pour 70 sortants», note Maryse Lemay du Collège de Maisonneuve. Elle attribue ce dynamisme entre autres aux nombreux départs à la retraite des employés des fonctions publiques fédérale, provinciale et municipale. La réalité est la même dans la région de Québec. «La fonction publique va engager beaucoup de nos diplômés en 2003, signale Carolyne Maltais du Cégep de Sainte-Foy. À l'échelle municipale, nous n'arrivons même pas à répondre aux seuls besoins de la Ville de Québec.»

Les diplômés en bureautique sont également très sollicités parce qu'ils sont peu nombreux. «Le placement de nos diplômés est de 100 % depuis quelques années», indique Patricia Arnold, conseillère à la vie étudiante au Cégep de Sorel-Tracy.

Ça roule dans les industries
«Les besoins de main-d'oeuvre dans le domaine de la fabrication industrielle sont toujours présents et plutôt stables», remarque Jocelyne Bouffard, technicienne au placement étudiant au Collège de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les diplômés en génie mécanique, en génie industriel, en maintenance industrielle et en électronique industrielle se placent donc facilement. On observe cette même tendance au Cégep de Sorel-Tracy.

Le marché de l'emploi recherche également des techniciens en transformation des matières plastiques. «Nous avons plus d'offres d'emploi que de diplômés dans ce programme, et ce, depuis longtemps», signale Léandre Bibeau du Collège Ahuntsic. Les besoins sont aussi pressants pour les technologues de la transformation des produits forestiers et les techniciens en procédés chimiques.

Au service des baby-boomers
Avec le nombre croissant de baby-boomers à la retraite devant occuper leurs temps libres, les offres d'emploi augmentent aussi pour les techniciens d'intervention en loisir. La demande se fait sentir dans les bases de plein air, les organismes communautaires et les sites touristiques. «Auparavant, nos diplômés se voyaient surtout offrir des emplois d'été, signale Denise Breton du Cégep de Rivière-du-Loup. Mais avec cette augmentation des besoins de services, ils accèdent maintenant à des postes à temps plein durant l'année.» Elle note aussi une augmentation de l'emploi pour les diplômés en design d'intérieur. Les principaux employeurs sont les manufacturiers de meubles et d'armoires, qui sont aussi à la recherche de diplômés en techniques du meuble et d'ébénisterie.

Informatique et télécommunications : une reprise
Après une chute des taux de placement en raison de l'éclatement de la bulle technologique en 2001, le secteur de l'informatique connaît une reprise. «Tous nos diplômés trouvent du travail», dit Alyre Charest du Collège de Shawinigan. «La reprise a commencé à se refléter avec nos diplômés de 2002. On a enregistré pour eux un taux de placement de 88 %, souligne pour sa part Jocelyne Bouffard du Collège de Saint-Jean-sur-Richelieu. Et on s'attend à ce que la tendance se maintienne au cours des prochaines années.»

Des espoirs sont aussi permis en télécommunications. Au Collège de Maisonneuve, où l'on offre le programme Technologie de l'électronique, option télécommunications, les 40 stagiaires de 2003 se sont placés beaucoup plus facilement qu'au cours des deux dernières années. «Aujourd'hui, ce sont davantage les PME que les grandes entreprises qui s'intéressent à nos diplômés, mentionne Maryse Lemay. Ce domaine ne va pas disparaître. Il ne peut que rester et prendre sa place.»

Tourisme et aérospatiale : des situations passagères
Attentats terroristes, guerre en Irak, SRAS : les industries du tourisme et de l'aérospatiale n'ont pas été épargnées depuis septembre 2001. En tourisme, les taux de placement ont remonté depuis 2001, mais la situation demeure précaire. «L'impact de ces derniers événements s'est fait surtout sentir chez les grossistes en voyages et les compagnies aériennes, lesquels ont dû effectuer des mises à pied, signale Hélène Brouillette du Collège Laflèche. Conséquemment, très peu de diplômés vont chercher du travail dans ce secteur.»

Dans le domaine de l'aérospatiale, les taux de placement ne sont plus ce qu'ils étaient pendant les années 1990, alors qu'ils variaient entre 90 et 100 %, mais la situation n'est pas désespérée. «Le secteur de la construction et de l'entretien d'avions connaît des difficultés parce que les gens voyagent moins, explique Chantal Beaudoin, conseillère pédagogique à l'École nationale d'aérotechnique du Collège Édouard-Montpetit. On prévoit que la situation va se redresser d'ici à trois ou quatre ans. Avec les mises à la retraite et les avions qu'il faudra remplacer et entretenir, il va y avoir du travail.»



Les diplômés de la formation professionnelle au printemps 2003
Le DEP qui compte

par Kareen Quesada


Parfois boudée ou carrément ignorée au moment d'un choix de carrière, la formation professionnelle fait pourtant la preuve depuis plusieurs années qu'il y a de la place sur le marché du travail pour les titulaires d'un diplômé d'études professionnelles (DEP). Au printemps 2003, l'enthousiasme était palpable dans les services de placement.


«2002-2003 a été une grande année, affirme Normand Bissonnette, responsable des stages au Centre de formation agricole de Saint-Anselme. On affiche un taux de placement de 100 % pour tous nos programmes. Et même si le nombre des sortants augmente chaque année, nous n'arrivons pas à combler les besoins grandissants des employeurs du milieu agricole.»

Le ton est tout aussi optimiste à l'École des métiers du Sud-Ouest de Montréal, où les formations en arpentage et topographie, en électromécanique de systèmes automatisés, en mécanique industrielle de construction et d'entretien et en conduite et réglage de machines à mouler affichent un taux de placement de 100 %. «On a littéralement le vent dans les voiles, note Stéphan Michiels, conseiller d'orientation pour ce centre de formation.»

Au Bureau d'emploi en formation professionnelle de la Mauricie, un organisme qui coordonne le placement des diplômés des centres de formation de cette région, on s'entend aussi pour dire que l'année 2002-2003 a été favorable aux titulaires d'un diplôme d'études professionnelles (DEP). «L'offre répond adéquatement à la demande dans presque tous les secteurs d'emploi, avance Mireille Moisan, conseillère en main-d'oeuvre. Les besoins sont particulièrement marqués dans le domaine de la santé.»

Mireille Moisan remarque que les préposés aux bénéficiaires, les assistants familiaux et sociaux et les infirmiers auxiliaires sont très recherchés. «Comme chaque année, les demandes n'ont cessé d'affluer à notre bureau, en provenance de toutes les régions du Québec. Les employeurs éprouvent de sérieux problèmes de recrutement depuis plusieurs années.»

Des carrières en construction
Après des années de vaches maigres durant la décennie 1990, le secteur de la construction connaît aujourd'hui un important essor, qui s'explique en partie par les investissements massifs des gouvernements fédéral et provincial : réfection de la voirie, construction d'écoles, d'hôpitaux et de centrales hydroélectriques, etc. La demande de main-d'oeuvre qualifiée est en progression. «Presque tous nos diplômés quittent le centre de formation avec un emploi», assure Jacques Robichaud, conseiller d'orientation à l'École des métiers et occupations de l'industrie de la construction de Québec.

Jacques Robichaud estime que les quelque 25 métiers de la construction présentent de très bonnes perspectives d'emploi pour les cinq prochaines années. «Les départs à la retraite de travailleurs plus âgés ainsi que la multiplication des mises en chantier créent un important besoin de main-d'oeuvre dans ce secteur.»

Stimulé par l'expansion de l'industrie de la construction, le secteur de la mécanique connaît également une belle percée. «Au printemps 2003, nous avions 57 sortants en mécanique de véhicules lourds routiers, en mécanique d'engins de chantier et en mécanique de moteurs diesels et de contrôles électroniques. Plus de la moitié d'entre eux se sont trouvé un emploi avant la fin de leurs études, explique Marc Bernier, conseiller en formation au Centre de formation en mécanique de véhicules lourds de Saint-Romuald dans la région de Québec. La demande est si forte que nous prévoyons un sérieux manque de ces mécaniciens dans les prochaines années.»

Employés de bureau recherchés
Les programmes du secteur de l'administration et du commerce constituent des valeurs sûres. Année après année, la demande demeure stable pour les diplômés en comptabilité, en secrétariat et en vente-conseil. Toutefois, en 2003, la demande a fait un bond remarqué. «De mars 2002 à mai 2003, j'ai reçu plus de 200 offres d'emploi pour ces diplômés, précise Lyne Michaud, conseillère en emploi au Centre de formation professionnelle Saint-Exupéry à Sainte-Foy. La création de nouveaux postes ainsi que les départs à la retraite de nombreux employés semblent expliquer cette recrudescence. En secrétariat juridique, la demande est tellement forte que nous ne pouvons satisfaire toutes les offres d'emploi que nous recevons.»

De plus, les conditions de travail de ces diplômés se sont améliorées, précise Mireille Moisan. «On note une hausse des salaires et des horaires plus intéressants.»

Terrains fertiles
En agriculture, le dynamisme du secteur favorise les diplômés de la formation professionnelle. En 2003, les quatre programmes offerts au Centre de formation agricole de Saint-Anselme, soit Production laitière, Production de bovins de boucherie, Production porcine et Mécanique agricole, affichaient un taux de placement de 100 %. «Ces bonnes perspectives d'emploi devraient se maintenir au cours des prochaines années en raison de la solidité économique des entreprises», prévoit Normand Bissonnette, responsable des stages.

Depuis une dizaine d'années, l'horticulture a aussi la cote auprès de la population. Cet engouement a notamment précipité la demande de services d'aménagement paysager et favorisé le placement des diplômés du Centre de formation horticole de Laval. «Les employeurs s'arrachent nos sortants en horticulture ornementale. En 2002-2003, nous avons eu trois offres d'emploi pour chacun d'entre eux, affirme André Gingras, enseignant en horticulture. Le placement des diplômés frôle également 100 % dans les trois autres programmes que nous offrons, soit Fleuristerie, Réalisation d'aménagements paysagers et Arboriculture-élagage.»

À l'École hôtelière des Laurentides, les dix formations reliées à l'hôtellerie, à la restauration et à l'alimentation présentent de bonnes perspectives d'emploi. «Nous recevons généralement 1 000 offres d'emploi pour 300 diplômés, soutient Philippe Belleteste, directeur de l'École. Le problème n'est pas le placement des diplômés, mais leurs conditions de travail, poursuit-il. Les salaires sont parfois peu élevés, les horaires sont variables, et les emplois sont souvent saisonniers.»

Problèmes de recrutement
Dans certains programmes, la difficulté de répondre à la demande des employeurs s'explique par le manque de candidats inscrits en formation professionnelle. «Notre souci n'est pas de placer les jeunes, mais de les recruter, explique Benoît Dubé, directeur du Centre de formation professionnelle de Saint-Joseph en Beauce. À titre d'exemple, faute de candidats, le programme en production textile a été temporairement mis sur la glace en 2002-2003 dans tous les centres offrant la formation au Québec! Pourtant, les diplômés de cette formation avaient tous décroché un emploi en 2002.»

Notre enquête effectuée au printemps 2003 démontre que le manque d'inscriptions se fait sentir dans plusieurs autres programmes, comme Pose de systèmes intérieurs, Préparation et finition de béton, Boucherie de détail, Techniques d'usinage, Carrosserie, Ferblanterie-tôlerie et Vente de pièces mécaniques et d'accessoires. La preuve qu'il y a encore des efforts à consentir pour faire connaître les métiers de la formation professionnelle et leurs bonnes perspectives d'emploi.



Diplômes express

par Kareen Quesada et Claudia Larochelle


Depuis quelques années, certains élèves suivent des voies différentes permettant de raccourcir leur cheminement scolaire. Ils gagnent du temps et obtiennent plus d'un diplôme en s'inscrivant à des programmes de concomitance ou en empruntant certaines passerelles.

Au secondaire
Instaurée officiellement en 1996 par le ministère de l'Éducation du Québec (MEQ) dans plusieurs commissions scolaires de la province, la concomitance — aussi appelée «deux dans deux» — a fait bien des heureux! Ce mode de formation permet d'obtenir non pas un, mais deux diplômes en deux ans : le diplôme d'études secondaires (DES) et le diplôme d'études professionnelles (DEP). Ce type de cheminement est accessible dans la plupart des programmes de formation professionnelle des établissements qui offrent le «deux dans deux».

Une fois sa 3e secondaire réussie, l'élève peut être admis au programme de concomitance. Tout en suivant ses cours de formation professionnelle, qui lui permettront d'obtenir son DEP, il peut acquérir les unités obligatoires pour obtenir aussi son DES. La formule se révèle avantageuse surtout lorsqu'on connaît le domaine dans lequel on veut étudier et qu'on désire commencer à travailler rapidement.

En route vers le cégep
Les titulaires de certains DEP peuvent maintenant accéder directement à des programmes déterminés d'études collégiales en formation technique. Trois collèges ont été retenus pour expérimenter l'application de ce nouveau parcours : le Collège de Rosemont, le Collège John-Abbott et le Cégep de Drummondville. À titre d'exemple, le Cégep de Drummondville offre depuis cet automne une «passerelle» qui permet d'accueillir dans son programme Techniques de génie mécanique des élèves titulaires du DEP Techniques d'usinage. Grâce à la reconnaissance des compétences acquises en formation professionnelle, ces élèves n'auront pas à suivre certains cours du diplôme d'études collégiales (DEC) Techniques de génie mécanique, ce qui leur permettra de terminer leurs études plus rapidement. Les collèges de Rosemont et John-Abbott offrent pour leur part une passerelle aux titulaires d'un DEP en soutien informatique qui veulent accéder au programme des techniques de l'informatique.

Le programme intégré secondaire-collégial, également appelé «trois dans cinq», permet quant à lui d'obtenir trois diplômes — DES, DEP et DEC — en cinq ans, soit deux ans de moins que dans un cheminement régulier. Le programme démarre après une 3e secondaire réussie. L'élève est alors admis à un programme de formation professionnelle, tout en faisant sa formation secondaire générale. Il poursuit ensuite ses études au collégial, dans une formation technique associée à son DEP. Les compétences acquises au cours du DEP sont reconnues pour le DEC : on construit la formation collégiale à partir de la formation professionnelle, en évitant la redondance dans l'enseignement des compétences. Renseignez-vous auprès de votre commission scolaire pour connaître les établissements qui offrent la formule «trois dans cinq».

Le DEC+bac
Les élèves du DEC+bac doivent être bien préparés, car l'apprentissage est de type formule 1 : le programme DEC+bac intègre en moins de six ans l'ensemble des connaissances habituellement acquises au cours d'une formation collégiale technique et d'un baccalauréat. À la fin de son parcours, l'élève obtient deux diplômes : un DEC dans un programme technique et un baccalauréat dans la discipline universitaire qui lui est associée. Ce cheminement permet à l'élève d'économiser une ou deux sessions de cours à l'université, selon le programme choisi. Puisque certains cours du collégial sont modifiés en fonction de la formation universitaire, l'élève travaillera très fort pour pouvoir faire une année de moins à l'université.

Les programmes DEC+bac sont majoritairement offerts en techniques de l'informatique, dans certaines techniques liées aux sciences, comme biologie et chimie, et en techniques administratives. De plus en plus de programmes s'ajoutent à la liste, dont la formule DEC+bac en soins infirmiers, offerte depuis l'automne 2002.

 
Accueil Jobboom
 

 


Commentaires: lemagazine@jobboom.com
Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
Jobboom est une division de Canoë inc.