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[Hors
piste]
Les
petites choses qui en disent long
par
Annick Poitras
Nom : Dany Simard
Âge : 39 ans
Emploi : Technicien en identité judiciaire, Service de police de
Sherbrooke
Formation : Diplôme d'études collégiales en techniques policières;
formation à l'École nationale de police du Québec; cours en identité judiciaire
du Collège canadien de police
Le souci du détail : J'interviens en cas de meurtre, suicide, entrée
par effraction, vol, incendie criminel, perquisition de drogue, accidents
de voiture mortels. J'assiste l'enquêteur en cherchant des éléments de
preuve qui serviront à inculper ou à innocenter un suspect : un cheveu,
un bout de tissu, une trace de pneu... Je passe au peigne fin le lieu
du délit, que ce soit une résidence privée, un commerce ou un coin de
rue.
Chic flic : Lorsque je fais une fouille, je m'assure de ne pas
contaminer la scène. J'enfile ce que j'appelle mon costume de télétubbies!
C'est une combinaison stérilisée qui moule l'ensemble de mon corps. Je
porte aussi un capuchon, des gants et un masque de chirurgien, des grosses
lunettes et des pantoufles...
Itinérant : Je me déplace dans un camion de 24 pieds. C'est comme
un poste de police ambulant! J'ai des échelles, des pelles, des haches,
des outils de mesure ou de prélèvement. Je peux couper un cadenas, défoncer
un mur dans lequel se serait logé un projectile d'arme à feu, pas de problème.
Mille clichés : Je me sers surtout d'un appareil photo, afin de
consigner tous les éléments qui pourraient servir à l'enquête ou comme
preuves à la cour. S'il s'agit d'un incendie criminel, je photographie
le bidon d'accélérant à l'endroit exact où je l'ai découvert, ou encore,
la trace d'essence trouvée sur une brique à l'extérieur du bâtiment. Dans
le cas d'un meurtre ou d'un suicide, je prends en photo les marques de
violence sur le corps. Pour moi, un corps est un corps et je n'ai jamais
craint d'approcher des cadavres.
Sang-froid : Pour prélever du sang, j'utilise une pince à sourcils
ou un petit scalpel stérilisés. Si le sang est séché, j'imbibe un coton-tige
d'eau pure pour pouvoir l'absorber. Je glisse ensuite l'échantillon dans
une capsule stérilisée sur laquelle je note l'heure, la date, etc.
Des pellicules à la cellule : Les peaux mortes ou les traces de
sueur trouvées sur le volant d'une automobile peuvent nous mener loin!
On a déjà épinglé un suspect comme ça. Ce que j'aime, c'est trouver une
bouteille de bière vide où il reste de la salive, un mégot de cigarette,
une goutte de sperme sur un drap, une cagoule abandonnée qui contient
des cheveux. Tout ça est excellent et aide beaucoup au déroulement de
l'enquête. Il m'est aussi arrivé de prélever de l'urine : après son
crime, le suspect avait uriné dehors, dans la neige.
Suivre à la trace : À l'oeil nu, on ne voit pas toujours les empreintes
digitales, mais je me sers d'une lampe de poche pour les localiser. Avec
un petit balai, j'applique une poudre magnétique colorée autour de l'empreinte,
ce qui permet de bien la distinguer. J'y place ensuite un ruban adhésif,
je le retire, et voilà l'empreinte! Les empreintes de pas sont très utiles
aussi. Chaque soulier a une semelle qui est usée d'une certaine façon :
il ne reste plus qu'à essayer de faire correspondre l'empreinte relevée
à celle des suspects. Ça ne ment pas!
Reconstitution : Je m'occupe aussi de composer des portraits-robots
des suspects. Le témoin regarde des photos d'yeux, de nez, de bouches,
de crânes, etc., et il identifie certains traits. Un logiciel informatique
trace l'ensemble du portrait. Le résultat est généralement bon. J'ai même
vu une victime pleurer parce qu'elle reconnaissait l'individu sur le portrait.
C'est pas du cinéma : L'émission Fortier, c'est bon, mais pas nécessairement
réaliste. Quand Fortier débarque sur une scène de crime, elle ne porte
pas de combinaison stérilisée. Elle peut échapper des cheveux partout!
Dans la vie, la scène serait considérée comme contaminée et les preuves
trouvées ne seraient pas admissibles. Elle est aussi capable d'obtenir
une analyse sanguine dans un délai d'une heure alors qu'en réalité, il
faut environ trois mois pour avoir un résultat...
Le bon filon : Certains criminels sont très minutieux et il arrive
parfois que nous ne trouvions aucun indice. C'est assez frustrant. Mais
une scène de crime parle toujours. Il suffit de l'écouter, d'être attentif.
Un tout petit détail peut mener à un éventuel suspect et à son accusation.
Ma plus grande satisfaction au travail, c'est d'ailleurs de contribuer
à trouver un coupable.
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