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[Faire
carrière dans les sciences de la vie : le secteur pharmaceutique et
biopharmaceutique]
Une
industrie vivante
par
Steve Proulx
Il n'y a pas que la profession de chercheur dans le secteur pharmaceutique
et biopharmaceutique. On y trouve des carrières de toutes les couleurs,
stimulantes, enrichissantes... et sans effets secondaires!
Ça bouge dans le domaine pharmaceutique! D'une part, le vieillissement
de la population stimule la création et la production de nouveaux médicaments.
D'autre part, les récentes découvertes biotechnologiques ont suscité l'apparition
d'un domaine novateur : la biopharmaceutique, où l'on utilise des
organismes vivants pour créer des médicaments.
D'impressionnantes innovations dans le domaine de la santé naissent ainsi
dans de petites entreprises pharmaceutiques de la Belle Province. Par
exemple, la société Neurochem, à Montréal, a récemment réalisé des études
cliniques pour son produit Alzhemed, un médicament qui semble fort prometteur
pour le traitement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
Selon Pharmabio Développement, le Comité sectoriel de main-d'oeuvre des
industries des produits pharmaceutiques et biotechnologiques du Québec,
le Québec est la province canadienne où l'on trouve le plus grand nombre
de sociétés de biotechnologie (32 %). Dans son ensemble, le secteur
pharmaceutique et biopharmaceutique représente environ 230 entreprises,
concentrées dans la région métropolitaine, mais aussi à Québec, à Sherbrooke
et à Saint-Hyacinthe. Quelque 15 000 travailleurs y inventent de
nouveaux médicaments, produisent des médicaments génériques ou effectuent
des tests sur les médicaments, nécessaires à l'émission de brevets ou
de permis pour la commercialisation.
Si la majorité des entreprises pharmaceutiques et biopharmaceutiques sont
des PME, on trouve aussi au Québec plusieurs chefs de file mondiaux dans
le domaine : Brystol-Myers Squibb, Merck Frosst Canada, Novartis
Pharma, Pfizer, Wyeth-Ayerst, etc.
Le secteur, en plein développement, recherche constamment du personnel :
on engage des spécialistes, des techniciens et des représentants, entre
autres. Le nombre d'offres d'emploi devrait même augmenter de 10 à 15 %
par année jusqu'en 2005, selon les données de Pharmabio Développement.
Une porte grande ouverte sur des carrières diversifiées et stimulantes.
Voies multiples
Les sociétés pharmaceutiques engagent une grande proportion de diplômés
universitaires de deuxième et de troisième cycle et font souvent face
à des difficultés de recrutement. C'est que les cerveaux sont rares...
«Souvent, les entreprises doivent recruter des scientifiques à l'étranger»,
explique Diane Poupart, chargée de projets chez Pharmabio Développement.
Mais les emplois offerts dans le secteur pharmaceutique ne nécessitent
pas tous une formation de haut niveau. On remarque une forte demande d'opérateurs
de procédés de fabrication, par exemple. Ces derniers travaillent à toutes
les étapes de fabrication d'un médicament, dans la chaîne de production.
Selon Diane Poupart, 70 % des entreprises exigent un diplôme de niveau
technique scientifique (chimie, physique, etc.) pour ce poste.
Actuellement, il n'existe pas de diplôme d'études collégiales (DEC) portant
exclusivement sur les techniques de fabrication pharmaceutique. Le Collège
Gérald-Godin, à Sainte-Geneviève, dans l'ouest de Montréal, offre toutefois
une attestation d'études collégiales (AEC) intitulée Conduite des procédés
de fabrication pharmaceutique. L'établissement propose aussi deux
autres AEC pour les gens qui désirent travailler dans le domaine :
Techniques de production pharmaceutique et Perfectionnement
de production pharmaceutique.
Plusieurs autres formations peuvent mener à une carrière en pharmaceutique
et biopharmaceutique. Au collégial, les sortants du DEC en techniques
de laboratoire ou du DEC-bac (formation harmonisée collégiale-universitaire
d'une durée de cinq ans) en chimie-biologie, une formation offerte par
le Cégep de Lévis-Lauzon et l'Université Laval, peuvent décrocher un emploi
dans le secteur, en tant que techniciens de laboratoire par exemple. Toutefois,
ce n'est pas l'ambition d'une majorité d'élèves. «Puisqu'il y a
pénurie dans le système de la santé, les nouveaux diplômés se trouvent
des emplois très rapidement dans les hôpitaux», explique Alain Collette,
secrétaire et directeur général de l'Ordre professionnel des technologistes
médicaux du Québec. Les sortants qui se dirigent tout de même vers le
secteur pharmaceutique sont souvent embauchés dans des entreprises qui
effectuent des tests sur les médicaments avant leur mise en marché.
Offert à partir de cet automne, le nouveau DEC en technologie d'analyses
biomédicales a été spécifiquement conçu pour former des techniciens de
laboratoire médical. Le secteur pharmaceutique et biopharmaceutique est
toujours à la recherche de techniciens de laboratoire, mais on engage
aussi ces spécialistes dans d'autres secteurs industriels.
Les diplômés de l'université ont deux options : intégrer les centres
de recherche universitaires ou décrocher un emploi en entreprise privée,
en tant qu'assistants de recherche, par exemple. À la faculté de pharmacie
de l'Université de Montréal, on offre un baccalauréat en pharmacie. Bien
qu'il vise d'abord à former des pharmaciens en clinique, il peut aussi
permettre aux diplômés d'oeuvrer dans le secteur pharmaceutique et biopharmaceutique.
Les étudiants peuvent également se spécialiser en pharmacologie à la maîtrise
et au doctorat. «Le pharmacologue s'attarde aux effets qu'ont les
médicaments sur le corps et la réaction du corps aux médicaments»,
précise Pierre Adade, professeur titulaire au Département de pharmacologie
de l'Université de Montréal. Les diplômés de la maîtrise se dénichent
souvent un emploi d'assistant de recherche (50 000 $ par année),
alors que les pharmacologues (doctorat) gagnent entre 100 000 $
et 150 000 $ par année. L'Université de Sherbrooke propose quant
à elle un baccalauréat en pharmacologie.
Faut vendre!
C'est un fait, les entreprises pharmaceutiques ont deux principales préoccupations :
concevoir des médicaments qui améliorent la santé des gens... tout en
conservant la santé financière de l'entreprise! La force de vente d'une
entreprise pharmaceutique est donc primordiale, mais les bons représentants
sont difficiles à trouver, souligne Yves Quintal, président de Quintal
& Associés, un bureau privé de consultants en ressources humaines spécialisé
dans l'industrie des sciences de la santé.
Pour être représentant dans le secteur pharmaceutique, il ne faut pas
seulement être bon vendeur, mais surtout être en mesure de comprendre
la matière afin de pouvoir bien renseigner les clients potentiels
pharmaciens, médecins et autres spécialistes. C'est pour former des représentants
aptes à évoluer dans le domaine pharmaceutique que l'Institut de formation
de Quintal & Associés a créé le programme Pharmaccès. Selon le
président du bureau, pour être un bon représentant pharmaceutique, il
faut d'abord comprendre, aimer et savoir bien vulgariser son produit.
Yves Quintal conseille aussi à ceux qui veulent travailler dans le secteur
d'y aller pour la bonne raison : un véritable intérêt pour le domaine.
«Trop de gens se laissent influencer par les tendances; en ce moment,
le biopharmaceutique est à la mode, un peu comme l'industrie des télécoms
l'a été récemment», dit-il.
Pour être admis au programme Pharmaccès, les candidats doivent
posséder un diplôme universitaire : «Les gens croient à tort
qu'il est nécessaire d'avoir une formation scientifique. La réalité, c'est
qu'une bonne formation universitaire en administration, commerce ou finance,
par exemple, peut très bien faire l'affaire.»
Le salaire annuel de base du représentant est d'environ 48 000 $
sans compter les primes annuelles qui atteignent à peu près 10 000 $.
Si, en début de carrière, le représentant travaille souvent auprès d'une
clientèle diversifiée, avec le temps il pourra se spécialiser pour intervenir
auprès des clients hospitaliers, par exemple, ou encore pour offrir de
la formation aux représentants.
Une fois sur le marché du travail, les représentants pharmaceutiques doivent
généralement poursuivre leur formation de manière continue afin de tenir
leurs connaissances à jour. Depuis 1969, le Conseil de formation pharmaceutique
continue (CFPC), un organisme géré par des entreprises pharmaceutiques,
assure la mise à niveau des compétences de quelque 3 000 représentants
chaque année. Selon Gilles Lachance, directeur général du CFPC :
«Les cours offerts sont à base scientifique. Les représentants apprennent
la façon de présenter les différentes catégories de produits afin d'offrir
à leurs clients un message qui soit le plus précis possible.» Vendre
des médicaments, ce n'est pas tout à fait la même chose que vendre des
voitures d'occasion!
Suite de ce dossier dans notre prochain numéro : les carrières dans
le secteur biomédical.

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