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  [Le dynamisme de la Montérégie]
Le triangle d'or
par Sylvie L. Rivard et Martine Roux

À plus d'un titre, la Montérégie profite d'une position stratégique : voisine de Montréal, sa proche banlieue, elle s'ouvre également sur le centre du Québec, l'Ontario et les États-Unis. Autant d'atouts géographiques et une économie plus que diversifiée font de ce territoire une mine d'or pour les chercheurs d'emploi.


Ça bouge en Montérégie! En 2002, ce territoire de la rive sud montréalaise s'est classé au premier rang de la création d'emplois au Québec. Chômage en dessous de la moyenne provinciale, taux d'emploi à la hausse, cette région qui constitue 18 % de la population de la province tire habilement son épingle du jeu.

«La Montérégie a connu une croissance record de l'emploi en 2002, dit Hélène Fortin, économiste à Emploi-Québec Montérégie. Il faut dire qu'au Québec, la croissance économique a été particulièrement intéressante l'an dernier grâce à une hausse de 4,1 % du PIB, une performance supérieure à la moyenne canadienne. Quand l'économie du Québec va bien, celle de la Montérégie va bien aussi.»

Nichée entre les frontières américaine et ontarienne, ceinturant Montréal, la Montérégie jouit d'une situation géographique qui contribue à son succès. Son économie, très diversifiée, repose à la fois sur les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Contrée à la fois urbaine et bucolique, on y voit des édifices à étages et des champs de maïs, on y fabrique des microprocesseurs et du cidre. En fait, on y trouve l'essentiel de toutes les industries québécoises. Ses entreprises investissent et exportent. Les PME y poussent comme des champignons. Et quatre universités y ont désormais une antenne, tandis que d'autres établissements d'enseignement mijotent des projets d'expansion. «La Montérégie, c'est un microcosme du Québec», résume Jean-François Morel, agent de communication chez Emploi-Québec Montérégie.

Malgré des prévisions économiques plutôt tièdes pour les prochaines années au Québec, tout semble indiquer que la Montérégie poursuivra sa croissance. Selon Hélène Fortin, bien que la création d'emplois dans la région sera moins forte qu'au cours des années passées, un gain de 15 000 emplois est envisageable pour 2003. En 2001, pour l'ensemble de la Montérégie, Emploi-Québec annonçait la création de 112 000 postes d'ici à 2005. Le cap est maintenu et pourrait même être dépassé, selon elle. Près de 6 emplois sur 10 s'expliqueraient par les départs à la retraite et la portion restante, par la croissance des entreprises.

Melting-pot
Plus que celle de toute autre région québécoise, l'économie montérégienne est fort bien équilibrée. Mais c'est le secteur tertiaire qui a la plus grosse part du gâteau : le commerce de détail ainsi que les soins de santé et les services sociaux sont les deux principaux domaines d'emploi en Montérégie. Les services professionnels, scientifiques et techniques, le transport et l'entreposage, la finance, les assurances, les services immobiliers et de location ainsi que les services d'enseignement sont aussi fortement présents : à eux seuls, ces domaines regroupent près de la moitié des emplois dans la région.

Le secteur manufacturier compte environ 2500 établissements et fait travailler plus de 92000 personnes. Plusieurs d'entre elles sont au service d'entreprises de technologie de pointe, où dominent l'aérospatiale, l'industrie chimique, la production de matériel de télécommunication et celle de matériel électrique. Mais les industries plus traditionnelles, comme celles de l'alimentation, des textiles, du plastique, de l'imprimerie ou de la sidérurgie, pèsent aussi lourd dans l'économie locale. Et même si elles oeuvrent dans des domaines qui ne sont pas nés d'hier, les entreprises qui les représentent se démarquent en faisant une grande place à l'innovation.

Quant au secteur primaire, il est principalement nourri par l'agriculture. En 2001, quelque 7 551 exploitations agricoles étaient actives en Montérégie, soit près du quart des fermes du Québec.

Avantage stratégique non négligeable, le prolongement de l'Autoroute 30, annoncé au printemps dernier, donnera un sérieux coup de pouce à l'économie montérégienne, tous secteurs confondus. Cette nouvelle voie permettra notamment aux camionneurs de contourner Montréal par le sud, ce qui facilitera grandement le transport de marchandises.

De la fraise à la tarte
Exporter. Voilà un verbe que les entrepreneurs montérégiens conjuguent à la puissance dix! Bon an mal an, 60 % des entreprises manufacturières de technologie de pointe envoient leur production à l'étranger, principalement aux États-Unis. Dans les autres secteurs manufacturiers, environ une entreprise sur trois expédie sa marchandise au-delà des frontières. Après Montréal et l'Estrie, la Montérégie est la région du Québec qui exporte le plus.

À défaut de compter sur une abondance de richesses naturelles, les entreprises ont développé une stratégie astucieuse pour se démarquer : miser sur la valeur ajoutée de leurs produits. «Ça veut dire qu'en plus d'exporter les fraises, on vend aussi des tartes. Cela crée des emplois et, évidemment, ça augmente la marge bénéficiaire des entreprises», résume Christian Perreault, directeur général du Conseil économique du Haut-Richelieu.

Autour de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans le secteur des technologies du transport, environ 27 entreprises fournissent câbles, ailerons et turbines à la planète entière, souligne Christian Perreault. Une entreprise familiale locale, Cambli International, est devenue le leader canadien du camion blindé et le troisième plus gros joueur en Amérique du Nord dans ce domaine. Cette portion du territoire montérégien compte aussi sur un carrefour de la nouvelle économie dédié aux technologies du transport. Le carrefour regroupe des entreprises qui mènent des activités de recherche et de développement.

Avec deux autres centres locaux de développement de la région, le Conseil économique du Haut-Richelieu a créé il y a deux ans le club Export@ction afin de soutenir les entrepreneurs qui souhaitent exporter. «On évalue le potentiel des entreprises à l'exportation, leurs outils et leurs capacités de répondre aux besoins, explique Christian Perreault. Nous les amenons entre autres à transformer leurs produits et à augmenter leur productivité.« À plus large échelle, les principaux acteurs du développement économique de la région ont uni leurs efforts en créant Montérégie International, un organisme voué à l'exportation qui réunit notamment les cinq clubs Export de la région.

Employés recherchés
Tout baigne sur la Rive-Sud. Même que parfois, ça va presque trop bien! Victimes de leur succès, cinq secteurs d'activité à la croissance vigoureuse recherchent ardemment de la main-d'oeuvre. Selon Emploi-Québec Montérégie, c'est le cas de l'agroalimentaire, des produits métalliques, du meuble, des plastiques et du transport routier. La santé offre également d'intéressants débouchés (infirmières, techniciens de laboratoire, etc.) compte tenu des investissements importants qui ont été annoncés récemment par le gouvernement du Québec.

Ça cogne aussi des clous en Montérégie. Qu'il s'agisse de fabriquer des chaises, des portes ou des planchers de bois franc, la région offre de bonnes ouvertures dans les secteurs du meuble et des matériaux de construction. À Delson, souligne par exemple l'économiste Hélène Fortin, l'entreprise Fenplast vient d'entreprendre l'agrandissement de son usine de fabrication de fenêtres, une initiative qui se traduira par la création de 117 emplois en trois ans.

L'ouest de Montréal, royaume unique des entreprises pharmaceutiques? De moins en moins : l'industrie se taille actuellement une place enviable de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent. Selon Emploi-Québec Montérégie, ce secteur a connu en 2002 un boum important au rayon des emplois, une situation qui devrait se maintenir en 2003.

Même l'industrie de l'aérospatiale et des transports, qui a du plomb dans l'aile notamment depuis les événements du 11 septembre 2001, offre quelques débouchés intéressants, souligne Hélène Fortin. Certaines compagnies songent en effet à diversifier leurs activités de façon à élargir la production de composantes de transport vers des produits à valeur ajoutée. C'est notamment le cas de Harrington, dit-elle. Ce fabricant de pièces aéronautiques de précision de Lachine a ouvert une nouvelle division de fabrication de pièces automobiles à Brossard.

Les perspectives d'embauche sont bonnes pour plusieurs travailleurs spécialisés : dans certains secteurs comme l'agroalimentaire ou les produits métalliques, on recherche désespérément des manoeuvres.

Quant aux diplômés universitaires, ils ont l'embarras du choix : l'industrie des services aux entreprises, fort présente en Montérégie, cherche notamment des spécialistes du marketing, des communications, de l'informatique et du placement de personnel.

Par monts et par... veaux
Plusieurs villes satellites charpentent la Montérégie. Chacune a développé un ou plusieurs secteurs industriels particuliers. Ainsi, on associe principalement le secteur de la sidérurgie et des produits métalliques à Sorel-Tracy, celui des produits électriques et électroniques à Granby-Bromont ainsi qu'à Saint-Jean-sur-Richelieu, l'agroalimentaire à Saint-Hyacinthe et l'industrie du caoutchouc à Salaberry-de-Valleyfield. Cependant, chacune de ces villes a développé une structure manufacturière diversifiée et compte quelques entreprises de taille et d'envergure mondiales.

À Saint-Hyacinthe, incontestable bastion de l'industrie agroalimentaire au Québec, on retrouve notamment la Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale, un parc technologique qui accueille des entreprises spécialisées dans ce secteur et dont le marché s'étend jusqu'aux États-Unis.

La Montérégie se classe bonne première au Québec au chapitre de l'emploi dans le secteur agroalimentaire, où elle accapare 34 % de tous les emplois. Mais elle court désespérément après les travailleurs... «Malgré les bons salaires versés par certaines entreprises, les conditions de travail parfois difficiles et la méconnaissance de certains métiers rendent ardus le recrutement et la rétention de main-d'oeuvre.» En 2002, l'emploi a progressé de 12 % dans cette industrie et l'économiste Hélène Fortin considère que son potentiel de croissance demeurera intéressant en 2003.

Dans la région de Sorel-Tracy, la transformation des métaux devrait offrir de belles occasions d'emploi, toujours selon l'économiste. Les temps ont bien changé depuis qu'on fondait l'acier essentiellement pour construire des navires, à la fin du XIXe siècle : aujourd'hui, les entreprises transforment l'acier en produits métalliques de toutes sortes — charpentes, poutrelles, fils et câbles, quincaillerie... Le développement de la filière environnementale, en particulier la récupération et le recyclage du fer et de l'acier, serait également prometteur.

Granby aussi attend les travailleurs spécialisés de pied ferme : autrefois tournée vers le textile, l'économie du territoire carbure aujourd'hui à la transformation métallurgique, à la microélectronique et au bioalimentaire. «Ce sont des secteurs en forte expansion, souligne Pierre Michaud, agent de recherche au CLD Haute-Yamaska. Le dynamisme économique se maintient et les industries ont parfois du mal à recruter des soudeurs ou des ingénieurs, par exemple.» Les produits du terroir, comme le cidre de pomme ou le confit d'oignons, représentent un autre marché appelé à se développer dans ce coin de pays.

Aux abords de la 30
Après Montréal et Québec, Longueuil est maintenant la troisième plus grande ville de la province. Depuis la fusion de huit municipalités de la Rive-Sud en une seule, les 400 000 résidents de la nouvelle ville forment 30 % de la population montérégienne. En novembre 2002, elle s'est dotée d'une corporation économique à la mesure de son territoire : Développement économique Longueuil (DEL). Finies les chicanes de clochers et les municipalités qui rivalisent d'astuces pour attirer les investisseurs, se réjouit sa présidente-directrice générale, Suzanne Benoît. Selon elle, la création d'un plus vaste territoire facilitera le développement économique de la région. À moins que le gouvernement de Jean Charest et son projet de défusions municipales ne vienne rebrasser les cartes...

Développement économique Longueuil entend profiter du prolongement de l'Autoroute 30 pour stimuler quatre secteurs clés de l'économie de la ville : l'aéronautique et les technologies connexes, comme les centres de distribution, la logistique et les transports terrestres; la transformation agroalimentaire; le développement du territoire agricole; l'industrie cinématographique.

La présidente-directrice générale de DEL explique d'ailleurs que l'industrie cinématographique a déjà un pied sur la Rive-Sud grâce à Ciné-Cité, un complexe de studios de tournage et de postproduction établi dans la zone aéroportuaire de l'arrondissement Saint-Hubert. Des investisseurs privés ont aussi annoncé au printemps un important projet de studios de tournage à Saint-Constant, souligne Hélène Fortin. Même Saint-Jean-sur-Richelieu rêve de cinéma : son quartier historique, un lieu patrimonial, est parfois utilisé comme lieu de tournage, précise Pierre Bellefleur, président de la Chambre de commerce du Haut-Richelieu.

À l'instar de Longueuil, le Haut-Richelieu, une subdivision régionale qui s'étend autour de Saint-Jean-sur-Richelieu, dispose aussi d'une économie variée. Ici, on est à des années-lumière de l'ère Singer, l'usine de machines à coudre qui a fait tourner l'économie régionale locale jusqu'en 1986. Aujourd'hui, les produits électriques et électroniques, les technologies du transport, le plastique et le bioalimentaire sont les quatre industries qui occupent le haut du pavé. Mot d'ordre : diversification.

«Nous avons 19 des 22 secteurs manufacturiers présents au Québec, se réjouit Christian Perreault, directeur général du Conseil économique du Haut-Richelieu. En fait, tout ce qui nous manque, ce sont les pêcheries, la foresterie et les mines...» Depuis trois ans, son équipe a multiplié ses efforts de prospection afin de développer les quatre créneaux qui ont placé Saint-Jean-sur-Richelieu sur la carte. Résultat : les entreprises ont afflué dans la région — près d'une dizaine proviennent même de France ou des États-Unis — et ont entraîné dans leur sillage une flopée de sous-traitants.

Mais au fur et à mesure que déboulent les contrats, tous ces employeurs recherchent activement une main-d'oeuvre qualifiée. En une quarantaine d'années, la population de Saint-Jean-sur-Richelieu est passée de 60 000 à 100 000 habitants, et les acteurs économiques tentent toujours d'attirer davantage de Montréalais chez eux. «Les résidents vivent et travaillent dans la région. Malgré tout, il y a encore beaucoup d'emplois à pourvoir.»

La région a accueilli avec joie l'annonce du prolongement de l'Autoroute 30. «Ça stimulera encore plus le développement, dit Christian Perreault. Nous espérons maintenant que les gouvernements annoncent aussi le prolongement de l'Autoroute 35, qui relierait Saint-Jean au nord-est des États-Unis. Je pense qu'il s'agit du prochain projet sur leur table à dessin.»



Secteurs prioritaires

Six secteurs d'activité prioritaires ont été jugés par Emploi-Québec comme étant des créneaux d'excellence dans la région. Ces filières économiques ont été choisies dans le cadre du projet ACCORD (Action Concertée de Coopération Régionale de Développement), lancé par le gouvernement du Québec à la suite du Rendez-vous national des régions de novembre 2002.

Ces six industries sont : le bioalimentaire, la transformation des métaux, l'aérospatiale, la microélectronique, le cinéma et la technologie du transport. Le développement de ces secteurs d'activité permettra à la Montérégie de se positionner avantageusement dans l'économie mondiale.


Objectif tourisme


par Martine Roux

Peu de Québécois décident de passer leurs vacances annuelles en Montérégie. Mais comme elle attire plusieurs excursionnistes d'un jour, la région entend augmenter le nombre de ces courtes escapades et inciter davantage les visiteurs à dormir chez ses aubergistes.

«Le développement touristique est en plein essor, dit Pierre Michaud, agent de recherche au CLD Haute-Yamaska, à Granby. Dans notre région, les investissements dans ce secteur atteignaient 10,8 millions de dollars en 2001 et 13,8 millions en 2002.

Le nombre d'emplois recensés dans l'industrie touristique est aussi en hausse.» Et il n'y a pas que le zoo qui attire les vacanciers à Granby, note-t-il : les spas et les fermes agrobiologiques, par exemple, sont de plus en plus fréquentés.

Selon le Conseil régional de développement de la Montérégie, le tourisme d'excursion au Québec a un potentiel que la région aurait tout intérêt à exploiter davantage. Elle dispose d'ailleurs d'atouts majeurs comme la présence de producteurs agrobiologiques, de nombreuses pistes cyclables ainsi qu'une offre gastronomique et hôtelière intéressante.


Étudier près de chez soi

par Martine Roux et Sylvie L. Rivard

Bien des Montérégiens traversent le fleuve pour étudier à Montréal. Mais ils ont de moins en moins besoin de le faire, clament les intervenants régionaux : les formations professionnelle, collégiale et même universitaire ont sérieusement pris du galon au cours des dernières années et des projets d'investissement majeurs en éducation fleurissent sur la Rive-Sud.

Par exemple, l'Université de Montréal compte agrandir et moderniser la faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Annoncés en avril 2003, ces travaux de 50 millions de dollars doivent débuter cet été et s'échelonner sur une ou deux années. Pour sa part, le Cégep de Granby-Haute-Yamaska, situé à Granby, a demandé une subvention afin d'implanter un centre interactif des technologies de l'information (CITI). Ce projet permettrait entre autres d'aménager une salle de spectacle et d'acquérir un studio d'enregistrement numérique, de production vidéo et multimédia.
Le pôle universitaire de Longueuil est aussi appelé à se développer. Quatre universités ont déjà un pied-à-terre à proximité de la station de métro Longueuil : l'Université de Montréal, l'Université du Québec à Montréal, l'Université de Sherbrooke et, depuis janvier 2003, l'Université McGill.

«Ceci permet aux universités de desservir la vaste clientèle étudiante de la Montérégie que nous espérons retenir dans la région, explique Suzanne Benoît, de Développement économique Longueuil (DEL). Ce bassin de cerveaux permettra de mieux répondre aux demandes des entreprises sur le territoire.» Par ailleurs, DEL compte bien profiter de la présence universitaire pour attirer des centres de recherche et des entreprises de technologie de pointe dans les proches environs.

Pour sa part, le Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu travaille à la création d'un collège international francophone, prévu pour l'automne 2005. Il serait affilié aux Collèges du Monde Uni, un réseau mondial qui mise sur les valeurs humanistes, et offrirait un programme nommé baccalauréat international. Cette formation collégiale générale met avant tout l'accent sur les sciences humaines et la gestion.


Principaux établissements d'enseignement

Formations primaire, secondaire et professionnelle
La Montérégie regroupe 9 commissions scolaires francophones, 378 écoles primaires et secondaires, 23 centres d'éducation aux adultes (CEA) et 20 centres de formation professionnelle (CFP).

Formation collégiale

  • Académie de l'entrepreneurship québécois (Saint-Hubert)
  • Cégep de Granby—Haute-Yamaska
  • Cégep de Saint-Hyacinthe
  • Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu
  • Cégep de Sorel-Tracy
  • Cégep de Valleyfield
  • Centre d'enseignement collégial de Brossard
  • Centre d'innovation technologique agroalimentaire (Saint-Hyacinthe)
  • Centre de transfert technologique en écologie industrielle (Sorel-Tracy)
  • Champlain Regional College (Campus Saint-Lambert—Longueuil)
  • Collège CDI (Longueuil)
  • Collège Édouard-Montpetit (Longueuil)
  • École nationale d'aérotechnique (ENA) (Saint-Hubert)
  • Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe
Formation universitaire
  • Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal (Saint-Hyacinthe)
  • Université de Montréal et ses écoles affiliées : HEC Montréal et École Polytechnique (Longueuil)
  • Université de Sherbrooke (Longueuil)
  • Université du Québec à Montréal - Montérégie (Longueuil et Saint-Jean-sur-Richelieu)
  • Université McGill (Longueuil)
Sources : Ministère des Régions du Québec; Fédération des commissions scolaires du Québec; Ministère de l'Éducation.


Terreau fertile

par Martine Roux

Quand il a lancé l'école de pilotage CPAQ.Aéro, en janvier 2002, Alain Richard a eu l'impression de sauter dans le vide. Pour cet ex-téléphoniste devenu instructeur de vol et pour son associé, Éric Raissac, piloter une entreprise était du véritable chinois.

«On ne savait pas par où commencer, dit-il. Ni l'un ni l'autre n'avions de formation ou d'expérience en entrepreneuriat.» En furetant dans Internet, il atterrit sur le site du Conseil économique du Haut-Richelieu, qui vient en aide aux entrepreneurs désirant se lancer en affaires. Bingo : les deux associés avaient choisi d'implanter leur école à Saint-Jean-sur-Richelieu à cause des ressources qu'offrait l'aéroport de la municipalité. «L'organisme cherchait justement une entreprise pouvant prendre la relève de l'ancienne école, qui avait fermé ses portes quelques mois auparavant, raconte Alain Richard. Les intervenants nous ont tout de suite pris en charge.»

L'esprit d'entrepreneuriat souffle d'un bout à l'autre de la Montérégie, renchérit Christian Perreault, directeur général du Conseil économique du Haut-Richelieu : «C'est une culture dans la région!» Son organisme soutient activement le dynamisme régional, ajoute-t-il. «Depuis deux ans, nous avons beaucoup raffiné nos services afin de mieux encadrer les entrepreneurs. Par exemple, nous avons entre autres créé un bottin spécialisé pour les entreprises en démarrage.»

Le Conseil économique du Haut-Richelieu a guidé Alain Richard et son acolyte vers les mesures de soutien appropriées, ce qui leur a permis de décrocher des subventions intéressantes pour fonder CPAQ.Aéro. L'organisme leur a aussi offert de la formation et les a installés dans son centre d'affaires, où ils disposaient d'un petit local complètement équipé. «Ça nous a permis de lancer nos cours théoriques avant même d'avoir nos propres locaux à l'aéroport, ce qui était formidable.»

CPAQ.Aéro a démarré avec un seul avion. Environ un an plus tard, l'entreprise a maintenant accès à cinq aéronefs, dont un ultra-léger. Elle offre des services de pilotage mais vise plusieurs autres services, dont celui de taxi aérien pour le transport de personnes ou de marchandises. «Si on continue sur cette lancée, notre entreprise sera rentable d'ici à octobre!» se réjouit Alain Richard.

Ce n'est pas la seule success story de la région, précise Christian Perreault. «Chaque année, entre 60 et 80 petites entreprises sont fondées avec notre aide. Et la plupart d'entre elles prennent de l'expansion très rapidement.»


Quelques employeurs d'envergure


AÉROSPATIALE

> ADACEL / Brossard / Conception de logiciels de simulation pour la formation des contrôleurs aériens / 125 employés

> AGENCE SPATIALE CANADIENNE / Saint-Hubert / Promotion et développement de l'industrie spatiale canadienne / 600 employés

> GE MOTEURS D'AVION / Bromont / Fabrication de moteurs à réaction pour avions civils et militaires / 500 employés

> HÉROUX-DEVTEK / Longueuil / Fabrication de trains d'atterrissage / 485 employés

> PRATT & WHITNEY CANADA / Longueuil et Saint-Hubert / Fabrication et entretien de moteurs d'avions / 4 600 employés


BIOALIMENTAIRE

> AGROPUR COOPÉRATIVE (incluant Natrel, Aliments Ultima) / Longueuil, Saint-Hyacinthe, Saint-Bruno, Granby et Iberville / Production laitière / 1 510 employés

> BARRY CALLEBAUT CANADA / Saint-Hyacinthe / Produits de cacao et de chocolat / 600 employés

> BOULANGERIES WESTON QUÉBEC / Longueuil / Produits de boulangerie / 340 employés

> INDUSTRIES LASSONDE / Rougemont / Fabrication et commercialisation de jus et boissons de fruits / 420 employés

> OLYMEL S.E.C. / Saint-Hyacinthe, Saint-Simon-de-Bagot, Sainte-Rosalie Boucherville, Saint-Valérien, Saint-Damase, Saint-Jean-Baptiste, Iberville, Saint-Jean-sur-Richelieu et Granby / Abattage, découpe et transformation de la viande de volaille et de porc / 4 067 employés


BOIS ET MEUBLE

> BOIS ET PLACAGES GÉNÉRAUX / Longueuil / Produits de placages / 200 employés

> DUTAILIER / Saint-Pie et Saint-Hyacinthe/ Fauteuils oscillants / 400 employés

> FENCLO / Saint-Jean-sur-Richelieu / Clôtures en bois préassemblées / 300 employés

> GROUPE LACASSE / Saint-Pie / Ameublement de bureau / 598 employés

> INDUSTRIES BONNEVILLE / Beloeil / Maisons préfabriquées / 300 employés


MICROÉLECTRONIQUE

> DALSA SEMICONDUCTEUR / Bromont / Production de semi-conducteurs / 350 employés

> IBM CANADA / Bromont / Assemblage de composantes microélectroniques / 2 500 employés

> MITEL S.C.C. / Bromont / Production de semi-conducteurs / 350 employés

> PERKINELMER OPTOELECTRONICS / Vaudreuil / Fabrication de composants électro-optiques pour les secteurs biomédical, aérospatial et des télécommunications / 250 employés

> THOMAS & BETTS / Saint-Jean-sur-Richelieu, Iberville et Bromont / Production d'accessoires électroniques / 823 employés


PLASTURGIE

> CAMOPLAST / Acton Vale et Roxton Falls / Production de pièces en composite pour l'industrie des véhicules lourds et des véhicules récréatifs / 150 employés

> EMBALLAGES AMCOR-TWINPAK / Granby / Fabrication d'emballages de plastique / 205 employés

> FORMICA CANADA / Saint-Jean-sur-Richelieu / Fabrication de produits stratifiés et laminés / 345 employés

> PLASTIQUES CELLULAIRES POLYFORM / Granby / Moulage et découpage de pièces en polystyrène expansé / 320 employés

> PLASTIQUES INDUSTRIELS RPG / Saint-Hubert et Boucherville / Conception et production de systèmes pour l'industrie des portes et fenêtres (moulage de polymères par extrusion) / 162 employés


TRANSPORT

> BOMBARDIER / Granby et Saint-Bruno / Équipements récréatifs et véhicules utilitaires / 300 employés

> GROUPE ROBERT / Boucherville / Transport de produits / 300 employés

> RÉSEAU DE TRANSPORT DE LONGUEUIL (RTL) / Longueuil / Services de transport en commun (autobus, taxi collectif, transport adapté et transport scolaire) / 900 employés

> SPECTRA PREMIUM INDUSTRIES / Boucherville / Manufacturier de réservoirs d'essence / 450 employés

> TRANSPORT AMÉRICAIN CANADIEN C.A.T. / Coteau-du-Lac et Valleyfield / Services de transport de marchandises par camion, d'entreposage et de logistique / 400 employés

TRANSFORMATION DES MÉTAUX


> ACIERS INOXYDABLES ATLAS / Sorel-Tracy / Production de plats laminés en acier inoxydable / 480 employés

> ISPAT SIDBEC / Longueuil et Contrecour / Production manufacturière d'acier / 1 735 employés

> QIT - FER ET TITANE / Sorel-Tracy / Usine de transformation du bioxyde de titane / 1 600 employés

> ZINC ÉLECTROLYTIQUE DU CANADA / Salaberry-de-Valleyfield / Fonte et affinage de métaux non ferreux / 750 employés

> INFASCO / Marieville / Fabrication de boulons et d'écrous / 586 employés


AUTRES

> ALSTOM CANADA / Sorel-Tracy / Fabrication de turbines et d'alternateurs pour centrales hydroélectriques / 430 employés

> BEAULIEU CANADA / Acton Vale / Fabrication de tapis, carpettes et moquettes / 1 400 employés

> GOODYEAR CANADA / Salaberry-de-Valleyfield et Saint-Alphonse-de-Granby / Fabrication de pneus et de tuyaux de caoutchouc / 1 635 employés

> RONA / Boucherville / Siège social et centre de distribution (produits de quincaillerie, de rénovation et d'horticulture) / 651 employés

> OERLIKON CONTRAVES / Saint-Jean-sur-Richelieu / Ingénierie et intégration de systèmes de communication et de défense / 375 employés


Sources : Banque d'information industrielle du Centre de recherche industrielle du Québec, Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud, Conseil économique du Haut-Richelieu, Développement économique Longueuil, Emploi-Québec Montérégie.


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