accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire
retour au sommaire
  [Témoignages]
Rester dans la course
par Emmanuelle Tassé et Kareen Quesada

Dans un monde du travail en mouvement et dans un contexte économique changeant, les employeurs savent que pour rester dans la course, leur main-d'ouvre doit être performante, et donc bien formée. Pour suivre la cadence, employeurs et employés ont tout à gagner à faire équipe dans des activités de formation continue, qui se décline aujourd'hui en une infinité de possibilités. Voici quelques exemples de réussites.


Usine Windsor, Domtar
Suivre le rythme

À l'usine Windsor, où l'on fabrique essentiellement du papier fin, la formation continue n'est pas un concept neuf ou en vogue. Elle fait partie du quotidien depuis l'ouverture de l'usine, en 1987. «C'est un mode de fonctionnement parfaitement bien intégré», estime Monique Larocque, directrice de la formation, qui supervise les activités de perfectionnement des 1 000 employés de l'usine. «L'entreprise investit chaque année plus de 4 % de sa masse salariale en formation. Nouvelles technologies, nouveaux modes de gestion : il faut que tout le monde puisse suivre le rythme.» À l'usine, les employés assurent toutes les étapes de la production du papier, de la bille de bois jusqu'aux paquets emballés. Ainsi, la formation contribue notamment à réduire les erreurs humaines. En effet, une machine à papier qui tombe en panne représente une perte sèche de plusieurs milliers de dollars l'heure!

Durant l'année 2002, les employés ont eu recours à 75 000 heures de formation. La formation peut porter tant sur des projets spéciaux (apprentissage du fonctionnement de nouveaux logiciels ou d'un nouveau système téléphonique) que sur les lois de sécurité au travail auxquelles les grandes entreprises sont soumises, que sur le développement organisationnel (communication, philosophie de gestion, management, etc.). La formation peut aussi viser le remplacement d'employés en congé de maladie, en congé parental, en déplacement ou en formation! Former le personnel et le remplacer pour la durée de la formation monopolise au moins 50 000 heures et touche 800 remplacements par année. L'usine fonctionne en effet 24 heures par jour; plusieurs personnes sont donc nécessaires pour occuper chacun des postes.

Domtar investit plusieurs millions de dollars par année en formation continue. «C'est une tendance, observe Monique Larocque. Toutes les entreprises, grandes ou petites, vont désormais devoir y adhérer, sinon elles seront dépassées par la concurrence, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies. Si on n'investit pas dans de nouvelles façons de faire, le concurrent le fera à notre place.» Le degré de satisfaction des employés de l'usine Windsor serait, selon Monique Larocque, très élevé. «Former les employés contribue à les garder au service de l'entreprise. Ils sont fiers d'être reconnus dans ce qu'ils sont et dans ce qu'ils font, et ils développent un sentiment d'appartenance. Le taux de roulement du personnel demeure très faible chez Domtar», affirme-t-elle. (E.T.)

Camco
Construire sur des bases solides

Camco, une compagnie montréalaise d'assemblage d'appareils électroménagers, a choisi de favoriser la formation personnelle de base de ses employés en leur offrant des cours de français et de mathématiques. Depuis 1998, l'entreprise leur permet aussi de passer un test d'équivalence de niveau de scolarité du secondaire. À ce jour, 37 employés ont obtenu le certificat et 16 autres sont actuellement inscrits.

«Nos employés ont souvent perdu le contact avec le milieu scolaire pour des raisons sociales et économiques, explique Alain Leduc, président du syndicat de Camco. Nous voulons les convaincre d'investir en eux-mêmes.» L'apprentissage devient d'autant plus stimulant que les ouvriers travaillent ensemble en usine et peuvent échanger sur leurs cours. «Ces connaissances donnent confiance aux gens, observe-t-il. Ils sont plus enclins à tenter leur chance pour un poste supérieur au leur. Et ils ont de meilleures chances de l'obtenir une fois fait ce rattrapage.»

Assembleurs, magasiniers, expéditeurs, réceptionnaires, chefs d'équipe et responsables syndicaux se lancent dans l'aventure à 30, 40 et parfois 50 ans. «Ils comblent courageusement leurs lacunes», souligne Alain Leduc. En 2001, une formation informatique a eu pour effet de rapprocher les employés de leurs enfants et de leurs petits-enfants qui naviguent dans Internet. Prochaine étape : des cours d'anglais, pour lesquels la demande se fait pressante.

Des jumelages de trois à cinq mois, entre un opérateur et un employé apprenti par exemple, facilitent la transmission de connaissances.

«Être formé par des gens sur le terrain met l'apprenti en confiance et lui donne de meilleures assises professionnelles, affirme Alain Leduc. Les résultats sont encore plus probants quand la formation se déroule directement au poste de travail.»

Depuis 1999, environ 25 personnes ont également bénéficié d'une formation donnant accès à des métiers semi-spécialisés (opérateur de machine à cisailler ou de système de peinture, expéditeur-réceptionnaire, etc.). «Le formateur se trouve face à un beau défi, ajoute le président du syndicat. Non seulement les relations de travail se trouvent améliorées par la complicité entre les deux travailleurs, mais celui qui est en fin de carrière a le sentiment d'avoir fièrement passé le flambeau.» (E.T.)

Alcan
Transmission du savoir

Richard Willshire s'y connaît en matière de formation. Directeur apprentissage et développement des employés pour le groupe Alcan métal primaire, il coordonne chaque année des centaines d'activités de perfectionnement. Le budget annuel alloué à la formation des quelque 5 000 employés concernés totalise au minimum 15 millions de dollars.

Une évaluation faite à partir d'un profil de compétences définit la formation à laquelle chaque employé a droit, qu'il soit opérateur de salle de cuves ou technicien en instrumentation. «Chaque employé, pris individuellement, ne peut pas être compétent en tout, mais il faut que chaque équipe de neuf ou dix personnes le soit. On parle donc de compétences collectives. Les employés qui ont les compétences pour transmettre leurs connaissances peuvent être nommés formateurs à l'interne ou encore assumer un leadership spécifique dans une équipe», explique Richard Willshire.

Selon lui, acquérir des connaissances et par la suite les appliquer de façon efficace constituent deux objectifs très différents. Après la formation, il faut donc assurer un suivi au travail pour encadrer et soutenir l'apprentissage. «La connaissance et la motivation représentent 20 % du rendement, alors que les encouragements et la reconnaissance en génèrent 80 %, affirme Richard Willshire.

«En 30 ans, poursuit-il, je n'ai jamais vu un employé indifférent à une mauvaise production. Il a lui aussi avantage à ce que tout roule. C'est là que se révèle le potentiel des gens.»

Pour les employés, la formation continue permet de se réaliser. Mais pour Alcan, cela engendre des retombées économiques. Car une meilleure utilisation de l'équipement et une meilleure anticipation des problèmes de production permettent d'économiser des millions de dollars. «Sans compter la satisfaction de voir que les connaissances transmises peuvent être investies à nouveau dans la société, ajoute Richard Willshire. On s'adresse aussi aux citoyens.» Par exemple, les cours de communication et de résolution de conflits ne produisent pas d'aluminium au bout du compte, mais apportent beaucoup aux participants sur le plan personnel. «Les retombées ne sont pas qu'économiques, conclut le directeur, elles couvrent un terrain plus vaste.» (E.T.)

Conseil des métiers d'art du Québec
Au cour de la formation

La formation continue est au cour des préoccupations du Conseil des métiers d'art du Québec. Depuis sa fondation en 1988, cette association qui chapeaute le secteur des métiers d'art s'est toujours impliquée dans la formation de ses employés et de ses membres. «Nos employés doivent se sentir compétents dans l'exercice de leurs fonctions afin de pouvoir remplir adéquatement les différents mandats du Conseil et ainsi satisfaire les besoins de nos membres», explique Louise Chapados, directrice du développement des services et de l'exportation et coordonnatrice à la formation continue. Au sein même de l'organisme, on dénombre 25 employés. Chaque année, plus de 1 % de la masse salariale est allouée à leur formation. Pour se perfectionner en mise en marché, en anglais, en comptabilité ou en informatique, les employés peuvent soit s'échanger des connaissances, par exemple sur le fonctionnement d'un nouveau logiciel, soit tout simplement faire l'apprentissage par eux-mêmes en prenant le temps nécessaire. «En plus de valoriser les employés, cette façon de procéder développe l'entraide», précise Louise Chapados. Mais la formation continue ne se limite pas qu'aux employés du Conseil, elle concerne aussi tous les artisans québécois. Pour ce faire, des liens d'étroite collaboration ont été créés avec Emploi-Québec, les dix écoles-ateliers en métiers d'art et les conseils régionaux de la culture. Joailliers, tisserands et verriers peuvent donc suivre des cours de perfectionnement comme des ateliers de maître, ou encore s'inscrire à une formation en gestion.

«En tant que travailleur autonome, l'artisan doit pouvoir développer et maintenir son entreprise sur le marché. L'objectif est donc d'améliorer sa capacité de créer et de produire pour qu'il puisse ultimement vivre de son métier», conclut Louise Chapados. (K.Q.)

Natrel
Former pour le succès

«Agropur poursuit de nombreux objectifs et défis de taille à court, moyen et long termes. Pour réussir, la coopérative compte énormément sur la qualité de ses ressources humaines, notamment en ayant recours à la formation continue et au développement des compétences organisationnelles», énonce Vinh Nguyen, conseiller principal en développement organisationnel pour Agropur et responsable de la formation et du développement pour les 1 500 employés des neuf usines de la division Natrel.

Si l'amélioration de la performance qui en résulte procure à l'entreprise un avantage concurrentiel indéniable, il en va de même pour l'employé, qui accroît son employabilité autant dans l'organisation que sur le marché du travail en général. La loi 90 oblige certaines entreprises à investir 1 % de leur masse salariale dans la formation; la coopérative atteint les 4 %. «Chaque année, tous les départements sont appelés à déterminer quels sont les besoins de formation ou de développement individuels, ajoute-t-il. Des projets de formation dans des domaines tels que la santé et la sécurité au travail, les nouvelles technologies, les langues, la vente et le marketing ou encore le management sont les plus souvent réclamés par les gestionnaires.»

En 2002, plus de un million de dollars ont été consacrés à l'achat de services en matière de formation continue. M. Nguyen estime que les retombées positives sont à la fois d'ordre individuel et organisationnel. «La plus-value appartient à la personne formée — sans compter que les gens sont plus heureux quand on s'occupe d'eux —, mais elle permet aussi à l'entreprise d'être davantage compétitive.»

À titre d'exemple, les chargés de comptes majeurs de la division Natrel sont visiblement stimulés par une formation en stratégie de négociation et vente. «Ils explorent et simulent certains aspects de négociation et de vente avec un expert, explique M. Nguyen. Il s'agit d'un apprentissage en groupe, un partage d'expériences que les gens apprécient beaucoup, un véritable moment de réflexion. Nous filmons les simulations de négociation, et c'est une approche pédagogique intéressante puisque les gens saisissent très vite ce qu'ils doivent améliorer quant aux attitudes et aux gestes.

«Ce n'est pas la technologie qui assure le changement, mais plutôt les gens qui maîtrisent cette technologie, poursuit M. Nguyen. Plus l'entreprise investit dans ses ressources humaines, plus elle se démarque de ses concurrents. Tout changement doit s'accompagner d'une formation, sinon c'est l'échec.» (E.T.)



 
Accueil Jobboom
 

 


Commentaires: lemagazine@jobboom.com
Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
Jobboom est une division de Canoë inc.