Du jour au lendemain, Sylvain a perdu son emploi lorsque l'usine où
il travaillait depuis 15 ans a fermé ses portes. Âgé de 33 ans, il se
croyait complètement dépourvu avec ses études de 4e secondaire. Grâce
à l'aide d'Emploi-Québec, il a pu s'orienter vers une formation professionnelle.
Il est aujourd'hui soudeur-monteur chez un constructeur d'avions qui avait
un urgent besoin de travailleurs possédant cette qualification. Son histoire
n'est pas exceptionnelle. En effet, Emploi-Québec offre une vaste gamme
d'outils aux travailleurs qui souhaitent développer leurs aptitudes et
aux employeurs qui désirent augmenter la performance de leur entreprise
en améliorant les compétences de leur personnel.
Au service des individus
Au cours de l'année financière 2001-2002, Emploi-Québec a investi 410
millions de dollars en formation1. Cette somme représente plus de la moitié
du budget total accordé au financement des mesures d'aide à l'emploi prises
par cet organisme.
Formations sur mesure
Les personnes qui ont besoin de formation peuvent se rendre dans un centre
local d'emploi (CLE) pour mieux définir leur projet de formation. «Un
agent se chargera d'évaluer leur dossier, explique Thierry Salvet, conseiller
à Emploi-Québec. Si un besoin d'acquisition de compétences apparaît, l'agent
d'aide à l'emploi analyse les préférences de la personne, ses objectifs
professionnels et ses aptitudes afin de la diriger vers une formation
adéquate.
Thierry Salvet précise que les activités de formation proposées par Emploi-Québec
sont branchées sur la réalité du marché du travail de chaque région. «Notre
but est d'aider les personnes à réintégrer le marché du travail. Nos différents
services de planification à l'échelle nationale et régionale définissent
les perspectives professionnelles. On se sert de ces outils pour retenir
les formations qui répondent le mieux aux besoins du marché du travail
local.» Les formations proposées sont diverses. Il peut s'agir d'alphabétisation,
d'une formation professionnelle au secondaire ou technique au collégial,
d'une formation d'appoint pour une mise à jour dans un domaine particulier.
Il peut également s'agir d'une formation universitaire.
Pour répondre aux besoins spécifiques des employeurs et contrer ainsi
la pénurie de main-d'ouvre, Emploi-Québec «achète» des formations
axées sur les besoins du marché du travail. «On achète ces places
de cours pour pouvoir y envoyer notre clientèle», souligne Andrée
St-Pierre, conseillère à Emploi-Québec.
Coup de pouce financier
Emploi-Québec peut apporter une aide financière à sa clientèle. «Le
principe de base consiste à offrir aux participants des conditions favorables
pour la réussite de leur formation, signale Andrée St-Pierre. Ainsi, les
participants de l'assurance-emploi peuvent bénéficier d'une allocation
d'aide à l'emploi, qui est établie en fonction de l'évaluation de leur
situation financière.»
Les prestataires de l'assistance-emploi peuvent, de leur côté, voir leur
soutien au revenu majoré lorsqu'ils suivent une activité de formation.
L'aide financière d'Emploi-Québec peut aussi couvrir, entre autres, les
frais de garderie, de transport et de matériel scolaire pour ces clientèles.
Les autres types de clientèles travailleurs autonomes et personnes
sans soutien public du revenu peuvent également bénéficier, à certaines
conditions, d'une aide financière adaptée à leur situation.
AU SERVICE DES ENTREPRISES
Pour faire face à la concurrence et demeurer compétitives, les entreprises
savent qu'elles doivent miser sur la compétence de leur personnel. Un
nombre grandissant d'employeurs font donc appel aux services d'Emploi-Québec
pour mieux organiser la formation de leur main-d'ouvre. «Nos actions
auprès des entreprises sont de plus en plus reconnues, soutient Sylvie
Bouchard, chargée de projet à la Direction générale adjointe à l'intervention
en milieu de travail d'Emploi-Québec. Les employeurs sont en effet de
plus en plus nombreux à nous consulter. Il faut dire qu'Emploi-Québec
est une source privilégiée d'information sur le marché du travail, de
soutien technique et financier dans toutes les sphères de la gestion des
ressources humaines, et donc dans celle du développement des compétences.»
Soutien à la formation
Emploi-Québec peut soutenir les employeurs dans la définition de leurs
besoins et dans la réalisation de leur projet de formation. Les entreprises
intéressées n'ont qu'à contacter le service aux entreprises de leur centre
local d'emploi (il est à noter que les chefs d'entreprises se déplacent
rarement pour aller au CLE; il arrive plus souvent que ce soit le représentant
d'Emploi-Québec qui se rende en entreprise ce qui fait partie du
démarchage). «Un conseiller aidera l'employeur dans la définition
des conditions garantissant la performance du projet de formation, explique
Sylvie Bouchard. À cet effet, une aide financière peut être apportée pour
poser le bon diagnostic sur les besoins de l'entreprise et pour déterminer
le meilleur véhicule de développement des compétences des travailleurs.
La formation peut être donnée par un service de formation privé, une commission
scolaire, un cégep ou par le biais de compagnons ou de formateurs de l'entreprise.»
En fonction de certains critères, Emploi-Québec apporte aux entreprises
une aide financière équivalant généralement à 50 % des coûts du projet
de formation, et ce, jusqu'à concurrence de 100 000 $ par projet.
Les dépenses admissibles peuvent inclure notamment l'achat de formations,
l'élaboration d'outils d'évaluation et le salaire des formateurs. Les
centres locaux d'emploi sont responsables de l'attribution de ce soutien
financier.
Par ailleurs, en vertu de la Loi favorisant le développement de la formation
de la main-d'ouvre, communément appelée loi du 1 % (voir encadré
à la page C5), les employeurs peuvent obtenir une aide financière du Fonds
national de formation de la main-d'ouvre. En 2002-2003, le Fonds permet
notamment de financer les projets de formation des entreprises dont la
masse salariale se situe entre 250 000 $ et 1 000 000 $.
Établis par la Commission des partenaires du marché du travail, ces critères
d'admissibilité visent à favoriser le développement des compétences des
employés ouvrant au sein des PME. «Le personnel des centres locaux
d'emploi aide les employeurs, en examinant avec eux la meilleure source
de financement de leur projet. Quant au Fonds national de formation de
la main-d'ouvre, il aide les employeurs à documenter et à développer leur
demande de subvention», explique Sylvie Bouchard.
Apprendre en milieu de travail
Les entreprises québécoises disposent également d'un moyen supplémentaire
pour parfaire les compétences de leurs travailleurs : le Programme
d'apprentissage en milieu de travail. Élaboré en collaboration avec la
Commission des partenaires du marché du travail et les comités sectoriels
de main-d'ouvre, il touche actuellement 32 métiers, comme coiffeur, boulanger,
technicien en service de communication câblée, mécanicien industriel (pour
la liste complète, consultez le site Internet dont l'adresse est mentionnée
ci-contre). Ce programme vise à améliorer les compétences des employés
en milieu de travail grâce à une formation structurée offerte suivant
l'approche du compagnonnage. Au cours des prochaines années, le nombre
de métiers, de professions ou de fonctions de travail admissibles dans
le cadre du Programme d'apprentissage en milieu de travail devrait s'accroître
d'au moins une dizaine chaque année au gré des besoins de l'industrie.
Pour chaque métier, chaque profession ou chaque fonction de travail visés
par le programme, des représentants de la profession, c'est-à-dire des
employeurs et des travailleurs regroupés au sein d'un comité sectoriel
de main-d'ouvre, auront préalablement développé une norme professionnelle.
«Cette norme reflète les besoins réels du secteur d'activité dans
lequel se pratique le métier, indique Sylvie Bouchard. Elle décrit les
compétences requises ainsi que le contexte de réalisation et les critères
de performance pour exercer ce métier.» Dans l'entreprise, l'apprenti
inscrit au Programme d'apprentissage en milieu de travail fait équipe
avec un travailleur expérimenté, un «compagnon». Le compagnon
veille à ce que l'apprenti acquière les compétences exigées selon un programme
d'apprentissage personnalisé, qui tient compte des compétences que l'apprenti
possède déjà. L'apprenti qui acquiert l'ensemble des compétences d'une
norme professionnelle reçoit un certificat de qualification professionnelle
dans le métier, la profession ou la fonction de travail visés par cette
norme. L'employeur qui participe à ce programme bénéficie d'un crédit
d'impôt couvrant une partie du salaire de l'apprenti et du compagnon.
Les compétences à la loupe
Emploi-Québec gère deux autres programmes qui contrôlent la reconnaissance
des compétences des travailleurs : le Programme d'apprentissage et
de qualification professionnelle pour les métiers réglementés et le Programme
du Sceau rouge.
Au Québec, en plus des métiers régis par la Loi sur les relations de travail,
la formation professionnelle et la gestion de la main-d'ouvre dans l'industrie
de la construction, une douzaine de métiers sont réglementés, c'est-à-dire
qu'ils sont régis par des règlements touchant la protection des personnes.
Les entreprises doivent s'assurer que les employés qui exercent un métier
réglementé électriciens, soudeurs, mécaniciens d'ascenseurs, etc.
possèdent un certificat de qualification. «Emploi-Québec
gère l'ensemble du processus de qualification. L'organisme se charge,
entre autres, de faire le suivi de l'apprentissage, de gérer les examens
de qualification et de délivrer les certificats de qualification»,
souligne Sylvie Bouchard.
Emploi-Québec procède de la même façon pour gérer le programme Sceau rouge,
qui permet la reconnaissance des compétences des travailleurs exerçant
certains métiers au Canada, afin d'assurer la mobilité de ces travailleurs.
Chaque province et chaque territoire du Canada détermine les métiers pour
lesquels il souhaite s'assurer que les travailleurs détiennent des compétences
bien définies afin que ces métiers puissent être exercés sur son territoire.
Quarante-cinq métiers sont désignés Sceau rouge au Canada, dont 26 au
Québec, notamment ceux de couvreur, de charpentier, de boulanger.
1. Des critères d'admissibilité régissent l'accès à la mesure d'aide à
la formation d'Emploi-Québec. Les personnes admissibles sont celles pour
qui le chômage risque de se prolonger et pour qui la formation représente
la solution qui leur permettra d'obtenir un emploi. De plus, chaque région
établit ses priorités en matière de formation : les services peuvent donc
différer d'une région à l'autre.
Ressources
Pour trouver le CLE le plus près de chez vous :
http://emploiquebec.net/francais/
individus/services/trouver.htm
Pour obtenir de l'information sur les services aux individus d'Emploi-Québec
:
http://emploiquebec.net/francais/
individus/index.htm
Pour obtenir de l'information sur les services d'emploi et de formation
offerts sur l'île de Montréal en 2003 :
http://www.emploiquebec.net/
publications/annuaireF_0203.pdf
Pour obtenir de l'information sur les services aux employeurs d'Emploi-Québec
:
http://emploiquebec.net/francais/
employeurs/services/personnalises.htm
Pour obtenir de l'information sur le Programme d'apprentissage en milieu
de travail :
http://emploiquebec.net/francais/employeurs/
qualification/apprentissage/index.htm
Pour obtenir de l'information sur le Programme du Sceau rouge :
http://emploiquebec.net/francais/employeurs/
qualification/interprovinciale/index.htm