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[Hors
piste]
SAVOIRFER
par
Martin Toulgoat
Nom : Simon McLaughlin
Âge : 30 ans
Emploi : Maréchal-ferrant
Formation : Autodidacte / apprenti
Cowboy des temps modernes : J'ai monté à cheval pour la première
fois à l'âge de quatre ans. Adolescent, à Saint-Hyacinthe, j'ai travaillé
dans une écurie où je «débourrais» des chevaux de deux ans,
c'est-à-dire que j'enfourchais ceux qui n'avaient jamais été montés. Le
travail du maréchal-ferrant m'intriguait. Le gars était un cowboy type :
il ne vivait que pour les chevaux! Quand il a vu que j'étais intéressé
par le métier, il m'a laissé clouer quelques fers. C'est à ce moment-là
que j'ai eu la piqûre.
Bien en selle : Je ferre les chevaux de mes clients, qui sont surtout
des amateurs d'équitation. Dans la plupart des cas, j'utilise des fers
que j'ai commandés, mais je forge à mon atelier des fers pour des chevaux
qui, par exemple, ont développé de l'arthrite. Leurs sabots nécessitent
alors un soin particulier. Toutes les six semaines, je me rends chez les
clients ou aux écuries où les chevaux sont en pension. Blue Bonnets, c'est
pas pour moi! Si le propriétaire d'un cheval de course ne gagne pas, il
peut te montrer du doigt même si ce n'est pas ta faute. Je préfère m'occuper
de chevaux de selle; le revenu est plus stable et c'est plus agréable.
Gros sabots : En arrivant à l'écurie avec mon assistant, je regarde
comment le cheval se comporte. La plupart du temps, c'est routinier, on
connaît ses besoins. Lorsqu'on entre dans l'écurie, il nous reconnaît.
Il suffit de l'approcher avec calme et de le mettre en confiance. Par
la suite, on commence par le déferrer, on lui pare et on lui trime les
pieds. On ajuste le nouveau fer sur son sabot, puis il ne reste plus qu'à
le clouer. En tout et partout, ça prend environ une heure et demie.
Les quatre fers en l'air : Pour être un bon maréchal, il faut être
patient avec les chevaux. Ce sont tout de même des bêtes imprévisibles.
L'an dernier, j'ai passé à un cheveu de me fracturer un genou après avoir
reçu un coup de sabot! Ça s'est passé tellement vite que je ne peux pas
expliquer ce qui a poussé le cheval à agir de la sorte, mais c'est assez
rare que des situations du genre se produisent. Physiquement, la maréchalerie
est quand même un métier très dur. On est toujours accroupi et quand on
forge le métal, on a tout le temps le coude, l'épaule et l'avant-bras
tendus.
Le mors aux dents : La maréchalerie, j'en mange! Il faut sans cesse
se perfectionner et être au courant des nouveautés concernant les façons
de ferrer. Dans mes temps libres, je consulte des revues spécialisées
et je forge des fers spéciaux le soir à la maison. Ça me permet de développer
une expertise qui sera supérieure à celle de mes compétiteurs et de gagner
une bonne clientèle qui me restera fidèle.
Faire du foin : Il ne faut pas être trop pressé de se lancer en
business, question d'avoir le temps de se familiariser avec certains tempéraments
de chevaux plus difficiles que d'autres, ou des cas plus compliqués comme
les bêtes qui boitent. Lorsque tu commences dans le métier, l'idéal est
de te placer comme apprenti auprès d'un maréchal d'expérience. Après quatre
ou cinq ans, tu es assez autonome pour rouler ta bosse seul. C'est ce
que j'ai fait.
Croiser le fer : Je participe régulièrement à des compétitions
de maréchalerie organisées par les associations du Québec et de l'Ontario.
Les compétitions nous permettent de devenir plus méthodiques et de travailler
plus vite, mais bien. Quand je rencontre un cheval plus difficile à amadouer
ou qui requiert un fer spécial, je suis bien heureux d'avoir déjà participé
à des épreuves chronométrées. L'an dernier, mes efforts ont porté fruit :
j'ai remporté une compétition individuelle dans la catégorie intermédiaire
qui se déroulait en Ontario.
Au galop : J'ai plus de 200 clients sur les rives nord et sud de
l'île de Montréal. Même si ça va bien, je ne compte pas pour autant me
reposer sur mes lauriers. Actuellement, certaines régions du Québec manquent
de maréchaux, mais il y en a d'autres, comme Montréal, qui en ont trop.
Par contre, je crois que dans la région métropolitaine, d'ici à quelques
années, leur nombre va diminuer : encore trop de gens s'improvisent
maréchaux et ne sont pas assez compétents. À un moment donné, ils ne pourront
plus suivre la cadence.
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