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[Hors
piste]
Tenir
l'affiche
par
Lise Villeneuve
Nom : Dino Sabelli
Âge : 28 ans
Emploi : Pixman
Formation : Baccalauréat en administration
Super écran : Je suis un homme-sandwich moderne. On peut aussi
me définir comme un «agent de publicité mobile». Je travaille
pour la boîte de communication Pixcom et je me promène avec un écran sur
lequel est diffusée une publicité faisant la promotion de différents produits.
L'écran, qui est fixé à un sac à dos, se profile au-dessus de ma tête.
Flash danse : Selon les contrats, on doit parfois se promener dans
la rue avec notre écran sur le dos, ou encore faire du surplace dans certains
lieux publics, comme lors de conférences et de congrès. Récemment, on
a eu pour mission de faire connaître une nouvelle boisson alcoolisée en
allant dans les bars. Des Pixman arrivaient même à danser, malgré le poids
de l'écran sur leurs épaules! Mais en gros, notre travail était simplement
de parler avec les gens pour leur faire découvrir le produit.
Planète pub : On a déjà eu des contrats avec Microsoft (pour la
console de jeu X-Box), avec des banques, avec American Express, et même
pour un spectacle du Cirque du Soleil à Boston. En fait, on a travaillé
dans à peu près toutes les villes du Québec, mais aussi dans le reste
du Canada et aux États-Unis, à Chicago, à New York, en Louisiane... Le
client préfère souvent nous amener là-bas, mes collègues et moi, que d'embaucher
de la main-d'oeuvre sur place parce qu'il n'a pas besoin de former du
nouveau personnel. J'ai donc pas mal voyagé...
Rôle muet : Certains clients nous demandent d'être silencieux,
de ne pas parler avec le public dans le but de maximiser l'impact de la
publicité. Alors que d'autres fois, comme pour Microsoft, on nous demandait
d'avoir des échanges avec les gens. Le Pixman, c'est une forme de publicité
mobile et humaine, donc il faut aussi utiliser nos capacités personnelles
pour faire mousser la publicité.
Marchand d'images : C'est Daniel Langlois notamment fondateur
de l'entreprise Softimage qui a créé le concept du Pixman pour
l'édition 2001 du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias. Le
succès a été tellement grand qu'il a décidé de commercialiser le concept,
question aussi de récupérer les sommes, assez importantes, investies au
départ. On a pas mal de boulot, mais ça demeure pour moi un travail aléatoire.
Je peux travailler plusieurs jours d'affilée certains mois, puis seulement
deux jours le mois suivant. Ça va, ça vient, au gré des contrats.
Tête d'affiche : Il faut être très à l'aise avec le public pour
pouvoir être Pixman. On doit avoir d'excellentes habiletés interpersonnelles
et sociales, être bon communicateur et aussi être en forme à cause du
poids de l'appareil, qui fait près de 20 kilos. Et dans le but de maximiser
l'effet de la publicité, c'est bien aussi d'être grand. Mais surtout,
faut pas être gêné, parce que se promener avec un écran sur le dos, c'est
un peu comme être nu devant tout le monde!
Sur un écran près de chez vous : Dans les petites villes où nous
sommes allés, les gens avaient tendance à réagir davantage qu'à Montréal,
par exemple, peut-être parce qu'ils ne sont pas habitués à ce type de
pub, à la fine pointe de la technologie.
J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiiste : Dans ce genre de travail,
ça peut être un problème si quelqu'un a l'ambition de devenir acteur ou
comédien. Il ne doit pas reléguer la publicité au second plan pour se
mettre en valeur lui-même... Après tout, c'est pas notre show! C'est celui
du client qui paie pour annoncer son produit! Il ne faut pas oublier qu'on
est là, avec nos qualités humaines, pour renforcer la pub et non pas pour
la remplacer.
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