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[Réorientation
de carrière]
Nouveau
départ
par
Marie Labrecque
Coordination : Éric Grenier
Erreur d'aiguillage. Mécontentement profond. Perte d'emploi impromptue.
Nombreuses sont les raisons qui poussent certains travailleurs à oser
la réorientation totale.
D'attaché politique, d'actuaire ou de libraire, ils deviennent ainsi policier,
critique de cinéma ou mécanicienne.
Leur grand saut est généralement salutaire, mais se fait au prix de lourds
sacrifices : perte de salaire ou de sécurité d'emploi, abandon d'un rêve
de jeunesse, sinon l'impression d'avoir gaspillé des années entières de
leur vie. Des histoires de courage qui finissent bien.
Au début des années 1990, Yvan Duclos a occupé le poste d'attaché politique
de la ministre des Communications du Québec, Liza Frulla. Il fréquentait
le gratin culturel dans les cocktails, assistait aux premières de spectacles,
côtoyait le premier ministre.
Deux hivers plus tard, il parcourait la route enneigée de la baie James
à bord... d'une voiture de la Sûreté du Québec! Attaché politique, puis
conseiller en relations publiques, Yvan Duclos avait fait table rase de
sa vie professionnelle pour entreprendre une réorientation de carrière
majeure : il était devenu policier. Par choix, il va sans dire.
«J'ai toujours voulu faire un métier où je pourrais être utile,
dit-il aujourd'hui. Je cherchais aussi à retrouver du plaisir au travail,
que j'avais perdu après avoir quitté la politique.»
Il est devenu banal de changer d'employeur à notre époque. Mais embrasser
carrément une nouvelle carrière est un geste beaucoup plus lourd de conséquences.
Selon Pierre Duhamel, dont la firme de conseillers en gestion de carrière
aide une clientèle de professionnels et de cadres (en majorité victimes
de mises à pied), les réorientations radicales demeurent plutôt exceptionnelles.
«Environ le quart de nos clients viennent faire le point parce qu'ils
sont malheureux au travail, dit le président de Beaudoin Duhamel Transitions.
Souvent, ils consultent avec l'idée de changer de carrière. Mais quand
ils explorent leurs motivations, ils réalisent que la solution est plutôt
de modifier leur attitude devant un problème au boulot. La réorientation
demande beaucoup d'efforts. Pour qu'il y ait un changement, il faut généralement
que les gens soient extrêmement motivés.»
Motivé, Yvan Duclos l'était. C'est lors de la crise amérindienne d'Oka
en 1990, alors qu'il avait été appelé en renfort pour épauler les porte-parole
débordés de la Sûreté du Québec, qu'il s'est découvert un nouvel intérêt.
«J'avais constaté que la SQ présentait des lacunes dans ses communications
externes.» Un domaine dans lequel son expertise pouvait profiter
au corps policier, croyait-il. Du coup, il a senti l'appel de l'uniforme...
Entre-temps, il a dirigé sa carrière vers le domaine des relations publiques
avant de passer à l'acte et de s'inscrire enfin au cégep en techniques
policières puis de poursuivre sa formation pendant 14 semaines à l'Institut
de police du Québec.
Avant de pouvoir mettre à profit ses talents de communicateur dans le
plus important corps policier du Québec, il a dû faire ses classes de
patrouilleur, «un purgatoire de huit ans»! Sa première affectation
l'a envoyé à Matagami. Le choc a été brutal. «Après la vie très
glamour d'attaché politique, je me suis retrouvé à patrouiller une route
du Nord enneigée, en me demandant si j'avais pris la bonne décision.»
Sa ténacité et sa motivation ont fini par payer : au printemps 2002, il
a été nommé formateur. Il s'occupe maintenant de la formation continue
des patrouilleurs de la SQ. «Encore une fois, j'ai changé de vie.»
Un mauvais compte
La fin de l'adolescence, c'est bien jeune pour fixer un choix de carrière.
Or, c'est à cette période que les élèves doivent commencer à faire des
choix concernant leur avenir professionnel.
«Les jeunes ne se connaissent pas assez pour cerner leurs préférences,
leurs aptitudes, leurs forces, leurs lacunes», explique Michèle
Ragault, psychologue industrielle chez André Filion et Associés, une firme
qui s'occupe de transition de carrière. De sorte qu'un peu plus tard,
dans la vingtaine, les tâtonnements professionnels ne sont pas rares.
C'est ce qui est arrivé à Annick Messier, ex-directrice des comptes dans
une grande banque, reconvertie en prof de yoga et de planche à neige!
«Comme j'étais douée en maths, mon prof de 3e secondaire avait dit
à ma mère : "Annick ferait une bonne comptable agréée!" Et j'ai fait mon
choix de carrière avec deux oillères...» Ce n'est qu'au dernier
stage de son bac qu'Annick a réalisé qu'elle n'aimait pas les chiffres.
Du tout. Mais pour ne pas gaspiller tant d'années d'efforts à étudier,
elle a tout de même fait une maîtrise en finances.
Embauchée à la Banque Nationale à 24 ans, cette amante de plein air étouffe
sous la paperasse. «J'étais prise dans un carcan. Tout mon entourage
m'incitait à persévérer : "Tu as un bon job, tu ne vas quand même pas
laisser ça pour tout recommencer!" J'étais vraiment perdue.»
Pour resserrer encore un peu plus le noud gordien dans lequel elle était
prise, la consciencieuse Annick croule sous les compliments. «Mais
j'ai réalisé plus tard que toute la satisfaction qu'on peut ressentir
devant son travail était pour moi entièrement externe : la reconnaissance
du patron, des clients.»
Jusqu'à ce qu'elle se décide à consulter un conseiller d'orientation.
«J'ai alors constaté pourquoi je n'étais pas heureuse : je voulais
travailler avec les gens de façon plus personnelle. Mais ç'a été très
difficile de quitter mon travail à la banque, parce qu'il y avait beaucoup
de fils à couper : la sécurité, l'aspect salarial, les collègues.»
Aujourd'hui, la prof de yoga recrute certains de ses clients dans le stressant
milieu financier et banquier!
Simplicité volontaire...
Selon le conseiller en gestion de carrière Pierre Duhamel, beaucoup de
gens sont désormais en quête d'une meilleure qualité de vie. «Ils
sont prêts à faire des compromis sur leurs revenus pour vivre moins de
stress, et avoir un horaire de travail qui a du bon sens.»
Si certains employés bénéficient de programmes leur permettant de réduire
leur charge de travail en échange d'une maigre réduction de salaire, la
majorité des travailleurs n'ont pas 36 solutions : ils doivent changer
de cap, quitter emploi et carrière pour en embrasser d'autres.
Geneviève Royer est aussi une forte en maths dont la facilité avec les
chiffres a guidé le choix de carrière. Mais, pendant que ses collègues
discutent avec passion des régimes de retraite, cette brillante jeune
actuaire n'y trouve guère d'intérêt. «J'allais vraiment contre ma
nature, raconte la femme de 36 ans. J'avais envie de faire quelque chose
d'amusant, où mon quotidien serait beaucoup moins prévisible, où je pourrais
affirmer ma personnalité.» Tout le contraire de l'actuariat. Mais
quoi? Elle l'ignore.
Après six ans de travail comme actuaire, Geneviève quitte son emploi pour
suivre quelques cours à l'université, dont un en cinéma qui l'allume particulièrement.
Elle commence dès lors à écrire des critiques pour un hebdomadaire montréalais,
et cumule l'équivalent d'un certificat en septième art.
Après avoir dû travailler à mi-temps dans une institution financière pour
gagner sa croûte, Geneviève vit uniquement de la critique depuis trois
ans. Elle collabore à The Gazette et à la chaîne CBC notamment, et songe
sans regret aux salaires de ses amis actuaires qui gagnent jusqu'à 250 000 $US
dans certains cas! «Le changement vers un niveau de vie plus modeste
s'est fait très graduellement : moins on a d'argent, moins on dépense.
C'est tout...»
En contrepartie, cependant, elle bosse trois jours et demi par semaine
seulement et, surtout, accorde la primauté au plaisir dans le travail.
«Je m'amuse, j'ai le temps de voir des amis : je me suis fait une
belle petite vie!»
Mise à pied salvatrice
Perdre son emploi peut parfois devenir une bonne occasion pour faire le
point sur sa carrière et lui donner un second souffle, sinon une nouvelle
couleur. D'ailleurs, la majorité des clients du conseiller en gestion
de carrière Pierre Duhamel sont des cadres et des professionnels au chômage.
Depuis un an, Michel Guy est ainsi en train de passer du génie électrique...
aux soins énergétiques, une médecine douce. Après 12 ans dans une compagnie
où il était devenu cadre, cet ingénieur de 37 ans, spécialisé en aérospatiale,
a été l'une des nombreuses victimes des mises à pied qui ont frappé le
domaine des télécommunications au cours des dernières années.
«J'étais heureux dans mon emploi. Mais vers la fin, on devait mettre
les bouchées doubles. Alors pour moi, la mise à pied, c'était un peu comme
une libération.»
Sa petite prime de départ lui permet de prendre son temps pour explorer
davantage sa nouvelle voie, un domaine qui l'intéressait depuis quelques
années. «Dans cette occupation, je ne retrouve pas le stress de
mon ancien travail, qui commençait à peser lourd sur mes épaules.»
À 40 ans, avec derrière elle une quinzaine d'années à travailler en librairie
pour de maigres salaires, Hélène n'en pouvait plus de tirer le diable
par la queue. La librairie qui l'employait ayant fermé ses portes, elle
s'est retrouvée au chômage. «J'ai été obligée de faire un bilan.
Tout ce que je voulais réaliser dans ma vie, je l'avais essayé et ça n'avait
pas débouché.»
Pendant un mois, au Centre des femmes de Montréal, elle fait un tour d'horizon
des emplois non traditionnels et opte pour la mécanique de machines fixes
(appareils de chauffage, de climatisation, etc.)!
Toujours commis libraire à temps partiel, Hélène retourne donc pendant
deux épuisantes années sur les bancs d'école, où elle est à la fois l'aînée
et la seule fille de la classe... Mais les efforts en valaient le coup
: depuis un an, elle est employée comme mécanicienne.
«C'était un pari un peu fou, mais ça a marché. Je me suis surprise
à triper sur la mécanique. J'ai de gros high quand je solutionne des problèmes
compliqués. Et mes revenus ont doublé! Pour la littérature, je ne perds
pas au change : je ne vends plus de livres, mais j'ai enfin les moyens
de m'en payer!»
Heureux hasard
Carole Faucher, elle, a plutôt saisi au vol l'occasion d'endosser un nouveau
rôle. Il y a 12 ans, la comédienne jouait au théâtre d'été dans la région
du Bic quand elle est tombée amoureuse d'une superbe demeure abandonnée.
Son ami et confrère Jean Rossignol lui propose alors d'y établir une auberge.
Une semaine de réflexion lui suffit pour sauter sur cette aubaine. Profitant
de subventions accordées aux jeunes entrepreneurs, les deux acteurs retirent
l'argent de leur REÉR à l'Union des artistes pour fonder l'Auberge du
Mange Grenouille. Une réussite, leur entreprise ayant été notamment récipiendaire
d'un Grand Prix du tourisme québécois.
Pourtant, l'artiste alors âgée de 30 ans ignorait tout de l'hôtellerie
et n'avait jamais songé à abandonner son métier. «Ç'a été une peine
d'amour, admet-elle. Mais, instinctivement, je sentais que pour évoluer,
je devais faire le saut. Ça ne débloquait pas comme je voulais dans ma
carrière. Au début, c'était triste parce que c'était comme la mort d'un
rêve.»
Puis Carole a réalisé que rien ne l'empêchait de remonter sur scène un
jour. «J'aime vraiment ce que je fais. Mais peut-être que dans cinq
ou dix ans, je vais essayer autre chose. C'est extraordinaire : j'ai compris
que j'ai du pouvoir sur ma vie.»
Une leçon que plusieurs de ces travailleurs semblent avoir retenue!
Temps de crise
Les réorientations professionnelles sont plus susceptibles de survenir
en début de carrière, avant l'arrivée des enfants, ou, au contraire, après
qu'ils ont quitté le nid, note Michèle Ragault, psychologue industrielle
chez André Filion et Associés. «Avec des enfants à charge et une
hypothèque, on ne pense pas nécessairement à réviser ses objectifs de
carrière. Par contre, avec un coussin financier, la transition peut se
faire de façon beaucoup plus harmonieuse.»
Elle constate que c'est souvent à l'heure de la préretraite, vers 50 ans,
que certains se paient le luxe de changer de cap. «Ils concrétisent
un rêve qu'ils ont caressé toute leur vie, réorientent leur carrière autour
d'un passe-temps qui les a toujours passionnés. Par exemple, j'ai vu un
ancien cadre, fou de golf, lancer une entreprise de bâtons de golf...»
Le psychologue Claude Paré estime plutôt que la crise professionnelle
se manifeste entre 30 et 40 ans et s'étire parfois jusqu'à la cinquantaine.
Ceux qui en sont atteints ont habituellement plusieurs expériences de
travail derrière eux et connaissent bien leurs forces et leurs faiblesses.
(M. L. et M. T.)
Sans filet
La plupart des personnes qui osent prendre le grand virage doivent suivre
une formation avant de se lancer dans leur nouvelle carrière. Ces personnes
doivent généralement se résoudre à occuper un emploi à temps partiel tout
en étudiant, puisque l'aide financière offerte aux «réorientés»
est pratiquement inexistante!
D'abord, il est à peu près impossible de recevoir des prestations d'assurance-emploi
pendant une transition de carrière. En effet, quiconque ayant quitté son
emploi volontairement n'est pas admissible au chômage, sauf pour des cas
extrêmes comme le harcèlement, des conditions de travail dangereuses,
etc. De plus, pour être admissible, il faut rechercher activement un emploi.
Or, un retour aux études ne constitue pas une «recherche d'emploi
active».
La principale ressource reste l'aide financière aux études du ministère
de l'Éducation du Québec le programme de prêts et bourses ,
qui permet de couvrir les frais de subsistance de l'étudiant.
Par ailleurs, à partir des Centres locaux d'emploi (CLE), Emploi-Québec
propose une aide technique et financière à ceux qui voudraient tâter le
terrain du travail autonome. Cependant, le candidat ne doit avoir accès
à aucune autre ressource financière, ou doit être prestataire d'assurance-emploi
ou d'assistance-emploi (aide sociale), ou encore être travailleur à statut
précaire. Un employé du CLE devra par la suite juger si votre projet est
viable, s'il répond à un besoin du milieu, ne crée pas de saturation dans
le secteur économique concerné et ne peut représenter, en raison de l'aide
financière reçue, une concurrence déloyale vis-à-vis d'autres entreprises
déjà établies dans ce secteur.
(É. G.)
Êtes-vous mûr?
Demander à votre patron de vous affecter à de nouvelles tâches, changer
d'employeur ou tout laisser tomber pour repartir à zéro : entre ces trois
possibilités, votre cour balance... Comment savoir si vous êtes réellement
prêt pour la réorientation totale? Voici quelques pistes de réflexion.
Êtes-vous heureux dans votre travail? Si la réponse est «non»,
demandez-vous si le fait de changer de siège à l'intérieur de votre entreprise,
d'accroître ou de diminuer le poids de vos responsabilités ou alors d'oeuvrer
dans un domaine connexe pourrait vous satisfaire. Si vous répondez encore
«non», vous êtes peut-être mûr pour un plus grand saut.
Votre travail actuel résulte-t-il d'un choix personnel ou d'un contexte
quelconque (contexte économique, pression familiale, occasion qui s'est
présentée, etc.)?
Éprouvez-vous encore du plaisir à exercer vos tâches professionnelles?
Si la réponse est «non», «il s'agit de retrouver ce
qui vous a déjà allumé auparavant, de vous remémorer les activités dans
lesquelles vous preniez plaisir à mettre vos compétences à profit»,
suggère le psychologue Jean-Guy Germain.
Avez-vous le sentiment de vous accomplir pleinement dans votre travail?
Avez-vous le loisir de laisser libre cours à votre créativité comme vous
le souhaitez et de mettre à profit vos compétences et vos talents?
Seriez-vous prêt à investir temps et argent pour accéder à une nouvelle
carrière?
Êtes-vous prêt à assumer les risques et les conséquences d'un changement
de carrière?
Vous sentez-vous capable de composer avec les sacrifices qu'implique votre
choix? Il peut s'agir d'une perte de salaire, d'un déménagement forcé,
d'un retour aux études et des coûts que ceci entraîne. «Il faut
parfois choisir entre l'argent et le bonheur», conclut Claude Paré,
psychologue.
(par Mylène Tremblay)
Oser se réinventer... en 7 étapes
1. La prise de conscience. Vous ressentez une profonde insatisfaction,
d'accord. Mais encore faut-il en connaître la cause. Un bilan s'impose.
Qu'est-ce qui vous déplaît tant dans votre boulot? La routine? L'instabilité?
Que cherchez-vous à améliorer? Votre disponibilité face à la famille?
Votre situation financière? «Certaines personnes, avance le psychologue
Claude Paré, remettent aussi leur travail en question après avoir reçu
des commentaires négatifs ou s'être senties mal à l'aise dans une certaine
situation. Elles en profitent pour faire le bilan de leur carrière et,
parfois même, de leur vie personnelle.»
2. Une fois le diagnostic des insatisfactions établi, dressez votre
profil afin de mettre en évidence vos traits de caractère, vos habiletés,
vos aspirations ce qu'on appelle les compétences génériques.
Vous pouvez recourir aux services d'un conseiller d'orientation ou d'un
psychologue spécialisé en orientation professionnelle; ils disposent
d'une batterie de tests psychométriques pour faciliter cet exercice.
L'important ici est de verbaliser vos besoins et vos attirances naturelles.
Par exemple, préférez-vous passer vos journées en plein air ou bien
cloîtré entre les quatre murs d'un bureau? Aimez-vous être en contact
avec le public? Et ainsi de suite.
3. L'évaluation du contexte social. Êtes-vous libre de tout engagement
et contrainte matérielle ou avez-vous plutôt des enfants à charge et
un partenaire à consulter? «Il est beaucoup plus facile de se
lancer dans l'aventure du changement radical lorsqu'on est seul que
quand on croule sous le poids des responsabilités», dit Claude
Paré. Si vous vivez en couple, le soutien affectif et même financier
de votre partenaire se révèle pratiquement indispensable.
4. Une fois convaincu que les objectifs visés sont réalisables selon
votre contexte social, le moment est venu de faire un plan pour trouver
les moyens d'atteindre votre but. Votre plan doit prendre en considération
les ressources dont vous disposez, les risques que suppose le changement
de carrière envisagé et les conséquences de votre choix (diminution
de salaire, retour aux études, temps disponible, budget, etc.).
5. La cueillette d'informations est une étape cruciale. Devez-vous suivre
une formation? Si oui, où se donne-t-elle? Quelles sont les perspectives
d'emploi? Idéalement, vous devez avoir en main tous ces renseignements
avant de faire le grand saut. Plusieurs sites, dont celui d'Emploi-Québec
(www.emploiquebec.net), offrent
une mine d'informations sur le marché de l'emploi dans la province,
tandis que les centres locaux d'emploi (CLE) disposent de centres de
documentation.
6. Tirez profit de votre réseau de contacts. Mobilisez un maximum de
ressources autour de vous. Parlez de votre projet; des gens ayant vécu
une réorientation pourraient vous donner des conseils judicieux. Sachez
vous entourer : en participant aux activités des organismes et des regroupements
professionnels qui oeuvrent dans le domaine visé, vous pourrez mieux
découvrir et apprivoiser votre nouveau milieu tout en vous y faisant
connaître.
7. Allez de l'avant! Vous êtes maintenant prêt à vous lancer dans votre
nouvelle carrière. Pendant votre cheminement, vous vivrez probablement
des moments d'anxiété et serez parfois rongé par le doute. Dans bien
des cas, le recours à une aide professionnelle comme celle d'un conseiller
d'orientation ou d'un psychologue vous permettra de comprendre et de
mieux gérer ces tourments.
(par Mylène Tremblay)
Avec la collaboration de Katleen Benoit, conseillère d'orientation chez
Bégin, Benoit et Associés, de Jean-Guy Germain, psychologue clinicien
au Centre de psychologie Gouin, et de Claude Paré, psychologue en cabinet
privé.

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