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[Travail
à temps partagé]
De
la tarte pour tous?
par
Mylène Tremblay
Le concept du travail à temps partagé a soulevé les passions dans
les années 1990 : solution au taux de chômage élevé pour les uns, mesure
improductive et inutilement coûteuse pour les autres. Depuis, la formule
a pratiquement disparu de la carte, mais le vieillissement de la main-d'oeuvre
et la recherche d'un équilibre entre travail et vie familiale pourraient
bien la raviver.
Le 10 novembre dernier, les 1 000 employés de l'usine d'autocars Prévost
Car ont voté à l'unanimité en faveur de l'instauration du travail à temps
partagé. Le concept défendu par le syndicat local est fort simple : chacun
réduit son horaire de travail de cinq jours à trois ou quatre jours. Le
but : donner de l'ouvrage à tous et sauver près de 200 emplois menacés par
une diminution des commandes de l'entreprise, propriété de la multinationale
suédoise Volvo.
«On en parlait depuis un an», raconte Martin Blanchet, président
de l'unité syndicale de l'usine située à Sainte-Claire, à 50 km au sud-est
de Québec. «Mais l'employeur refusait de recourir au travail à temps
partagé et voulait faire des mises à pied, parce que c'était plus simple
à organiser», poursuit-il. La direction de Prévost Car a fini par
céder.
Si les salariés de cette entreprise ont soutenu le concept de travail à
temps partagé, c'est qu'ils y perdent peu au change : les heures de travail
perdues sont compensées par des prestations d'assurance-emploi grâce au
Programme de temps partagé de Développement des ressources humaines Canada
(DRHC). De plus, la mesure ne durera que six mois, puisque Prévost Car s'est
engagée auprès de DRHC à rétablir les heures normales de travail en un maximum
de 26 semaines.
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