Nom André Viel
Âge 31 ans
Profession Scaphandrier
Formation Diplôme d’études collégiales
en mécanique du bâtiment et attestation d’études
collégiales en plongée professionnelle
Amphibie : Je plonge dans toutes sortes de milieux, même
des environnements contaminés. Parfois ce sont des rivières,
des champs d’épuration, quand ce n’est pas carrément
dans une canalisation d’égout. Je porte alors un casque et
une combinaison très étanches. Pour moi ça ne fait
pas de différence quand je plonge dans ce genre d’environnement.
C’est sûr qu’il y en a de plus agréables, mais
ça fait partie du travail.
Le plongeur atomique : J’ai été le premier
en Amérique du Nord à plonger dans un bassin contaminé
par des poussières radioactives. Je devais aller inspecter un bassin
qui sert à la protection des incendies à l’intérieur
du réacteur nucléaire de Gentilly. J’ai utilisé
le même type d’équipement de protection que pour aller
dans les champs d’épuration. Mais on a pris assez de précautions
pour que je ne me mette pas à briller dans le noir après!
Poisson marteau : Sous l’eau, je peux faire de la menuiserie,
de la soudure, de la réparation ou de l’inspection sur toutes
sortes de structures immergées : barrages, ponts, quais, bateaux.
Je travaille pour SPG Hydro International de Sainte-Julie, une boîte
de consultants en travaux sous-marins et maritimes. Les propriétaires
de structures maritimes nous appellent surtout quand leurs installations
se brisent. Souvent, on doit intervenir rapidement.
Toutes saisons : La plupart des contrats pour les scaphandriers
vont de juin jusqu’à décembre. Je suis un des seuls
au Québec à travailler toute l’année, même
l’hiver. Quand je ne plonge pas, je fais l’entretien et la
réparation de l’équipement au bureau où je
travaille.
Amarré : Contrairement au plongeur sportif, le scaphandrier
utilise un casque rigide. On est relié à la surface par
le narguilé, un conduit qui assure l’alimentation en air.
On est aussi équipé d’un fil pour la lumière
et de câbles de communication radio et vidéo. Généralement,
je suis seul sous l’eau, mais selon le type de contrat, une équipe
de trois à cinq personnes m’assiste en surface.
Tête première : Avant de devenir scaphandrier, je
travaillais pour un cabinet d’ingénieurs-conseils en ventilation
industrielle et ce n’était pas tout à fait ce que
je voulais faire. À cette époque, il y a une dizaine d’années,
j’étais aussi un mordu de plongée sportive. Après
avoir réussi les différentes certifications, je commençais
à plafonner. J’ai alors découvert que le métier
de scaphandrier faisait appel à plusieurs des techniques que j’utilisais
dans mon travail en mécanique du bâtiment. Je me suis inscrit
au programme de plongée professionnelle de l’Institut maritime
de Rimouski, où j’ai appris la soudure, la menuiserie et
le maniement d’outils sous l’eau. J’ai trouvé
mon emploi actuel sitôt mes études terminées, il y
a six ans.
Ressac : Beaucoup de gens laissent tomber le métier après
leur formation. Ils réalisent que le travail de scaphandrier est
différent de la plongée sportive. Sur les chantiers, les
conditions de travail sont dures. On plonge dans des eaux troubles, il
y a du courant, il fait froid.
L’abysse : La visibilité frôle parfois l’obscurité
totale. Je me rappelle d’une fois où je devais bétonner
un conduit sur un site à Fermont. L’eau dans laquelle je
travaillais était remplie de poussière de fer oxydée.
Quand j’allumais ma lampe, je voyais à peine un halo orange.
C’était comme travailler les yeux bandés.
Épuration : Le métier a beaucoup changé ces
dernières années. Avant, un peu n’importe qui était
scaphandrier. Depuis qu’il y a eu des accidents mortels, il faut
un permis et la plupart des clients qui nous engagent exigent de voir
notre carte de scaphandrier, nos attestations de cours en secourisme ainsi
que des résultats d’examens médicaux.
Contre vents et marées : Je suis comme un poisson dans
l’eau. Il arrive à mes collègues de ne pas avoir envie
de plonger. Moi, jamais. J’ai déjà plongé dans
l’eau chaude et claire des mers du Sud et je m’ennuyais. Je
préfère les conditions plus difficiles qu’on a ici.
Je pense que j’aime avoir du fil à retordre!