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[Partir] Travailler
ou étudier à l'étrangerpar Sylvie L. Rivard Chargé de projet en Guinée équatoriale. Étudiante en espagnol au Guatemala. Serveur sur un bateau de croisière. Consultante en Indonésie. Pourquoi pas? Que ce soit pour deux semaines, deux mois ou deux ans, nul besoin d’être bien nanti ou libre comme l’air pour bourlinguer. Programmes d’études ou de travail à l’étranger, échanges professionnels, cours de langues, perfectionnement, mutation au sein d’une entreprise multinationale : plusieurs moyens permettent de voir du pays — tout en enrichissant son CV. Partir à l’étranger a littéralement lancé la carrière de la photographe Heidi Hollinger. Lorsqu’elle a quitté Montréal pour la Russie, en 1991, elle ne connaissait du photo-journalisme que ce que lui avait appris sa courte expérience au journal étudiant McGill Daily. Elle venait tout juste d’obtenir un baccalauréat en langues modernes — russe et espagnol. «Je voulais vivre en Russie pour perfectionner la langue. Je suis donc partie habiter dans une famille là-bas.» C’est pourtant la célébrité qui l’attendait au pays des Soviets, où elle a immortalisé les politiciens russes les plus en vue. Son cliché de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovsky, vêtu d’un simple caleçon, a d’ailleurs fait le tour de la planète! En 1995, elle fut la première photographe étrangère à œuvrer au sein du prestigieux quotidien russe La Pravda, dont elle a même dirigé le service photo pendant six mois. L’expatriation a clairement ouvert des portes à cette jeune femme aujourd’hui âgée de 33 ans. «Je ne crois pas que j’aurais pu photographier tous ces politiciens si j’étais née là-bas. Les Russes aiment bien les étrangers : le pays a longtemps été fermé. Quand ils ont vu une étrangère parlant russe, munie d’un appareil photo et d’un intérêt marqué pour la politique, ils ont été intrigués. En Russie, la photo et la politique sont davantage réservées aux hommes.» Forte de sa notoriété et d’une expérience professionnelle incomparable, Heidi a pu travailler à des projets stimulants à son retour au Québec. Toute petite, la planète C’est en prenant le large que Tania Gosselin, aujourd’hui âgée de 30 ans, a pu acquérir une expérience concrète directement liée à ses études. «Je terminais une maîtrise en sciences politiques à l’UQAM et je ne voulais pas faire de l’international de salon. Je m’intéressais aux médias d’Europe centrale et orientale ainsi qu’à leur impact sur les démocraties locales.» Elle a décidé de faire un doctorat à la Central European University, une université américaine située à Budapest, en Hongrie. Grâce à cette incursion dans les pays de l’Est, Tania a eu la chance de vivre des événements politiques marquants dans l’histoire des nations qu’elle affectionne. «Depuis mon arrivée en 1999, je me suis promenée dans la région, en ex-Yougoslavie surtout, et dans les pays avoisinant la Hongrie. Je me suis fait des amis serbes à l’université et j’ai passé du temps à Belgrade aux temps des manifestations contre le président Slobodan Milosevic de 1999 et 2000, puis des élections. C’est une expérience fascinante d’être témoin de moments importants dans la transition d’un État.» Financièrement, Tania avoue que les bourses d’études lui ont permis de vivre plus à l’aise. Mais au départ, elle a dû occuper un petit boulot pour joindre les deux bouts. «Sans fric, ce n’est vraiment pas évident d’étudier à l’étranger. On oublie les grosses bouffes au resto. J’ai habité deux ans chez une copine dans une minuscule chambre sans bureau…» Merci, patron! Au Japon, Jean est architecte de solutions optiques pour des entreprises de télécommunications qui construisent et exploitent des réseaux de transmission par fibre optique. «Le bureau de Tokyo avait vraiment besoin de mon expertise. J’ai plus de responsabilités qu’auparavant, le travail est plus varié et j’ai vraiment l’impression d’être apprécié pour mon travail.» Le choc culturel est un aspect non négligeable de l’exil. À son arrivée au Japon, Jean a été surpris de découvrir un monde de contrastes, alors qu’il imaginait un pays carburant totalement à la technologie de pointe. «Il y a des gadgets électroniques partout, mais tu achètes un billet d’autobus et le type utilise un boulier japonais pour calculer. C’est déroutant!» Il a vécu le même choc au travail : alors qu’il croyait les Japonais très productifs, les décisions ne se prenaient pas aussi rapidement qu’il l’aurait souhaité. Il a dû apprendre à mettre de l’eau dans son vin et à aiguiser sa patience. Faire le deuil des aspects positifs du travail et de la vie dans son pays d’origine fait aussi partie du jeu. «Au Japon, je travaille trop! La journée s’achève souvent vers 21 h, sans compter les nombreuses réunions téléphoniques tard en soirée avec le Canada et l’Angleterre. La nature me manque et je ne fais pas assez de sport.» Par contre, Jean avoue s’être converti aux sushis et à la culture japonaise; dernièrement, il a assisté avec amusement à son premier tournoi de lutte sumo. Son expatriation lui a même permis de rencontrer sa conjointe, dont il attend un enfant. Le facteur «conjoint» En 2000, la firme américaine de relocalisation de personnel Windham International a mené une étude auprès de 154 entreprises, la plupart américaines, dont les travailleurs étaient éparpillés dans 43 pays. Le principal facteur d’échec de l’expatriation? Les difficultés d’adaptation du conjoint. Selon Barbara Vyncke, conseillère en assignation internationale chez Continuum International, une firme spécialisée en accompagnement de la mobilité internationale, «l’employé poursuit un but dans cette aventure, mais le conjoint doit absolument en trouver un aussi. C’est essentiel! Il peut travailler, étudier, faire du bénévolat, bref, il doit trouver une activité pour se sentir utile.» De l’avis des spécialistes, la sélection des candidats doit inclure une évaluation psychologique des membres de la famille sous forme d’entrevues. L’entreprise devrait idéalement offrir à ces derniers un soutien solide. «Parfois, l’employé est un excellent candidat à l’expatriation, mais le conjoint et les enfants ne passent pas le test, explique Isabelle Ducharme, associée et directrice générale de Continuum International. S’ils partent, il y a de fortes chances qu’après quelques mois à l’étranger, l’expérience se solde par un divorce ou un rapatriement.» «Les cours de formation interculturelle sont souhaitables pour bien préparer l’ensemble des membres de la famille», ajoute Claude Fugère, directeur régional, développement des affaires au Québec de FGI, une firme spécialisée dans les services d’aide aux employés et dans les programmes d’affectation internationale. «Pouvoir parler à un professionnel dans le pays d’accueil (comme un psychologue qui a lui-même vécu l’expatriation) l’est tout autant pour savoir si ce que l’on vit fait partie ou non des étapes normales d’intégration», poursuit-il. Certaines entreprises ont compris que l’adaptation du conjoint constitue le nerf de la guerre. Elles lui offrent, entre autres, une aide à la recherche d’emploi et à l’obtention d’un permis de travail, des cours de langues ou de perfectionnement. Pour les enfants, elles miseront sur du soutien à la recherche d’une école ou d’une garderie, ou paieront les frais scolaires. «Peu importe le contexte, avant de partir, il faut que le couple soit fort. Ce n’est pas une expérience à l’étranger qui va solidifier une relation», estime Martine Perreault, 35 ans, qui a travaillé deux ans (de 1998 à 2000) au Mali comme sous-traitante pour un partenaire de Développement international Desjardins, son employeur au Québec. Elle y dirigeait des projets visant à appuyer un réseau de coopératives d’épargne et de crédit pour les femmes. Martine avait déjà effectué de courts séjours d’affaires dans différents pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, mais c’était la première fois qu’elle partait aussi longtemps. Une situation déchirante pour la famille : la première année, son conjoint est demeuré au Québec avec les enfants. «Qu’on le veuille ou non, les contacts téléphoniques ou par Internet, ça ne remplace pas la présence humaine», soutient-elle. Mais la deuxième année, son compagnon est venu la rejoindre et s’est aussi trouvé du boulot au Mali. L’appel du large titillait Martine depuis longtemps. «Quand j’ai terminé mes études, c’était mon intention de travailler à l’étranger. J’ai organisé mon cheminement en conséquence; j’ai ciblé l’entreprise pour laquelle je voulais travailler, décroché un MBA, perfectionné ma connaissance de l’anglais et pris des cours d’espagnol. Mon conjoint et moi aimerions maintenant faire vivre l’expérience aux enfants.» Du plomb dans le CV «Les employés qui ont “survécu” à une mission à l’étranger tolèrent davantage l’ambiguïté, le changement et démontrent de meilleures capacités d’adaptation», croit Richard Matte. Au retour, le globe-trotter revient avec un nouveau réseau de contacts et la connaissance d’un autre marché. Il ne lui reste qu’à se remettre au diapason du marché québécois. Professeure agrégée à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal, Tania Saba est spécialiste des questions de mobilité des travailleurs et de gestion internationale des ressources humaines. Elle souligne qu’il faut s’assurer de partir… pour les bonnes raisons. «Les travailleurs qui s’expatrient uniquement pour une question d’enrichissement financier sont généralement ceux qui vivent le plus de difficultés, de désillusions.» Coût de la vie plus élevé, perte du salaire du conjoint, double imposition lorsqu’il n’y a pas d’entente entre le pays d’origine et le pays d’accueil… Voilà des facteurs à considérer. Et ce, même lorsque l’employeur triple le salaire de l’expatrié. «Certains se sont enrichis auparavant en ne payant pas d’impôts, évoque Isabelle Ducharme de Continuum International, mais les temps ont changé et, aujourd’hui, les entreprises les prélèvent directement sur le salaire des employés.» Comme le rappelle Tania Saba, les possibilités d’apprendre, d’élargir ses horizons, de relever de nouveaux défis et de bonifier son bagage professionnel devraient primer. Retour au bercail La photographe Heidi Hollinger l’a senti à son retour. «J’étais plus russe que canadienne! Le plus difficile a été de laisser derrière les amitiés que j’avais nouées là-bas. La naissance de mon fils Luka m’a permis de faire la transition entre cette existence mouvementée et mon nouveau rythme de vie au Québec.» Blues du retour, nostalgie, choc culturel : Tania Gosselin a vécu tout cela. Elle ne sait pas si son séjour à Budapest sera «payant» sur le plan professionnel, mais elle estime qu’elle n’aurait jamais pu connaître une progression pareille sur le plan personnel en étant restée au Québec. Tisser des liens avec des étudiants d’un peu partout, voyager seule, se débrouiller en hongrois, apprendre la culture des pays qu’elle étudie : «Je ne cache pas que les premiers mois ont été difficiles, mais aujourd’hui, grâce à cette expérience, je réalise que je peux faire face à toutes sortes de situations.» À l’instar de la vie personnelle, la vie professionnelle du voyageur est aussi chamboulée. Retrouvera-t-on au Québec un poste aussi stimulant? Un diplôme d’une université étrangère vaudra-t-il son pesant d’or? Les experts consultés sont unanimes : l’expérience à l’étranger est un atout, mais ne fait pas tout le boulot à notre place. Au retour, il faut parfois travailler fort pour refaire son réseau de contacts, réintégrer sa place chez son employeur ou décrocher un nouvel emploi sur le marché québécois, qui a évolué pendant notre absence. Même si Jean Drolet n’a aucune garantie d’emploi chez Nortel Networks à son retour au pays l’an prochain, il se dit heureux d’avoir tâté le terrain à Tokyo. «Mon apport pouvait être plus grand ici qu’à Montréal. J’ai établi des relations d’affaires très satisfaisantes avec les clients, ce que je n’avais pas l’occasion de faire au Québec.» La carrière de Martine Perreault, quant à elle, a connu une progression rapide. À son retour au pays, Martine s’est vu offrir un poste de chargée de programmes, une promotion au sein de la compagnie. Pour Heidi Hollinger, les résultats sont éloquents. Ses contacts lui ont permis au retour de travailler comme photographe officielle de la mission Team Canada en Russie, puis dans le milieu corporatif et à de nouveaux projets personnels qui verront le jour incessamment. «Les difficultés que j’ai surmontées en Russie m’ont préparée à tout dans la vie, résume-t-elle. Je suis sortie plus forte que jamais de cette expérience. Parfois, je pense à ce que pourrait être ma vie si je n’étais pas partie…» Courts circuits Pas besoin de voguer longtemps sous d’autres latitudes pour bonifier ses compétences. Voici quelques pistes à explorer. Apprenez une langue Ajoutez un brin d’exotisme à votre formation universitaire Optez pour du perfectionnement Pour partir du bon pied Jouez au détective. Renseignez-vous parfaitement sur l’entreprise, l’organisme ou l’école qui vous intéresse. Négociez tout ce que vous pouvez avec l’employeur : clauses du contrat, conditions d’expatriation et de rapatriement, salaire, allocations, prime d’éloignement, recours aux services d’un fiscaliste, assurances privées, cours de formation interculturelle, cours de langues, remboursement des frais de déménagement, services d’accueil et d’aide à l’installation, soutien familial et aide pour la recherche d’un logement. Apprivoisez votre pays d’accueil. Apprenez la langue. Informez-vous sur la situation politique, culturelle, économique et sur les lois qui y sont en vigueur. Parlez à des gens qui y sont allés. Réunissez la «paperasse» obligatoire plusieurs mois à l’avance. Votre passeport valide en main, vous devez obtenir un visa ou un permis de travail ou les deux, et ce, avant de quitter le Canada. Si vous comptez voyager, demandez un visa pour séjours multiples. Sachez que vous devrez peut-être obtenir sur place un certificat d’inscription au registre des étrangers. Seuls l’ambassade ou le consulat du pays d’accueil vous fourniront une information définitive et officielle concernant les exigences d’entrée, les formalités à remplir et les frais. Pensez aussi à vous faire donner les vaccins nécessaires plusieurs mois à l’avance. Informez-vous auprès d’un CLSC ou à la Clinique Santé-Voyage Saint-Luc (514-890-8332), situé à Montréal, ou au Centre Santé-Voyage (418-688-5621), à Sainte-Foy. Consultez la publication Travailler à l’étranger : comment y voir clair du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Indispensable pour ne rien oublier : permis de conduire international, vaccins et traitements préventifs, assurance-maladie, impôts, alouette! On peut la commander en appelant au 1 800 267-8376. Elle est aussi disponible dans le site Web du Ministère : www.voyage.gc.ca/Consular-f/Publications/working_abroad-f.htm Consultez l’organisme Tourisme Jeunesse, qui vient en aide aux jeunes désirant travailler ou étudier à l’étranger. Tous les mois, l’organisme propose des conférences intitulées «Le travail à l’étranger» dans ses boutiques de Montréal. Pour information : (514) 844-0287 / (418) 522-2552. Furetez dans les boutiques spécialisées et consultez les guides de voyage. Épluchez notamment les guides Job-trotter (Éditions Dakota) et ceux publiés par les éditions Vacation Work. The Canadian Guide to Working and Living Overseas (Presses de l’Université de Toronto) et Stagiaires sans frontières (Éditions Ulysse) sont d’autres excellentes ressources. Enseigner l’anglais à Taiwan par Marie-Julie Gagnon Plusieurs contrées asiatiques, dont la Corée et Taiwan, s’arrachent littéralement les professeurs d’anglais. Un boulot à la portée de tous ceux qui maîtrisent les rudiments de la langue de Shakespeare. Amélie Giguère et Éloïse Boulanger, toutes deux dans la jeune vingtaine, n’avaient jamais imaginé enseigner l’anglais à l’étranger. Du moins pas jusqu’à la veille de la rentrée universitaire 2001… alors qu’elles ont réalisé qu’elles n’avaient tout simplement pas les moyens de payer leurs études. Après avoir évalué différentes possibilités d’emploi en farfouillant dans le Web, Éloïse, une passionnée de voyages, songe à enseigner l’anglais à l’étranger. «J’ai découvert que Taiwan était l’un des endroits où les professeurs d’anglais étaient le plus demandés, explique-t-elle. Je suis entrée en contact par courriel avec une agence de placement de professeurs. Après avoir télécopié mon CV, j’ai obtenu une brève entrevue téléphonique. La première question qu’on m’a posée a été : “Quand peux-tu arriver à Taiwan?”» Elle parle de ce projet à son amie Amélie, qui décide de l’accompagner. Quelques semaines plus tard, contrat d’un an en poche, les deux Québécoises se retrouvent devant des classes d’enfants d’environ sept ans, à Keelung, au nord de la capitale taiwanaise. Étudiantes en sciences humaines, aucune des deux n’avait d’expérience en enseignement ni ne parlait chinois au moment de l’embauche. Si certains professeurs éprouvent des problèmes en faisant affaire avec des agences plus ou moins honnêtes, Éloïse et Amélie ne regrettent pas leur choix. «L’intervention de l’agence a été essentielle, raconte Éloïse. Son personnel m’a guidée de l’arrivée à l’aéroport jusqu’à l’ouverture d’un compte bancaire!» La plupart des contrats d’enseignement sont d’une durée d’un an. Sur place, il est toutefois possible de dénicher un poste de remplaçant ou de terminer le mandat d’un professeur qui a quitté plus tôt que prévu. Une fois établie dans la culture taiwanaise, Éloïse a aussi rapidement réalisé que les journaux débordaient de petites annonces passées par des familles désespérément à la recherche d’enseignants! «Il est alors tentant de donner des leçons particulières puisqu’elles sont généralement mieux payées que l’enseignement à l’école.» Ce qui ne signifie pas que les professeurs soient mal rémunérés par les écoles… «C’est plus payant que ce que les gens de mon âge gagnent au Québec, confie Amélie. En moins d’un an, j’ai réussi à économiser de quoi défrayer toute ma première année d’université. Je n’ai même pas eu à me soucier de me loger puisque l’école où j’enseigne met un dortoir à la disposition des professeurs étrangers.» Amélie et Éloïse maîtrisent aussi bien l’anglais que le français. Mais elles soutiennent que seule une connaissance «de base» de l’anglais est nécessaire pour enseigner cette langue à Taiwan. Et le fait qu’elles ne parlent pas le chinois n’a posé aucun problème aux deux copines — au fil du temps, elles ont même pu acquérir quelques rudiments de mandarin. Aucun doute que cette aventure leur aura beaucoup apporté. «Nous sommes ici depuis huit mois et je dois dire que l’expérience est merveilleuse, dit Éloïse. Je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire. Je suis aujourd’hui l’intervenante que j’aurais pu être après trois ans d’études à Montréal. Je vois les résultats de mon travail tous les jours.» «Je ne regrette pas du tout d’avoir retardé d’une année mon entrée à l’université, soutient Amélie. L’expérience que j’ai acquise ici en un an me servira toute ma vie, peu importe quel projet j’entreprendrai. Enseigner est un travail très valorisant et le défi d’être à l’étranger, dans une culture que je ne connaissais pas, m’a donné une confiance en moi-même que je n’aurais peut-être pas acquise en restant dans un environnement familier.» |
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