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Les
télécommunications sans fil Sans
fil et sans limites par Jean-Sébastien Marsan Depuis le début des années 1990, les télécommunications sans fil ont accru notre mobilité. Avec l'avènement du cellulaire et du téléavertisseur, on peut désormais contacter quelqu'un où qu'il soit, dans sa voiture comme en week-end de pêche! Et on n'arrête pas le progrès, car les fabricants veulent aujourd'hui intégrer Internet et le multimédia à tous les appareils sans fil. On est bien loin du téléphone traditionnel Le secteur des télécommunications a cependant souffert du krach des valeurs technologiques au printemps 2000 et du ralentissement économique qui a suivi. Seules les télécommunications sans fil affichent encore un taux de croissance constant : la soif de cellulaires n'est pas encore apaisée. Au cours de la dernière décennie, l'industrie des télécommunications sans fil a connu son lot de fusions, d'acquisitions et d'alliances stratégiques. Cela ne l'a pas empêchée de conquérir de nouveaux marchés et de connaître un véritable âge d'or. En effet, depuis le début des années 1990, plus de 12 milliards de dollars ont été investis dans l'industrie du sans-fil au Canada. Selon Statistique Canada, au deuxième trimestre de 2001, les investissements du secteur des télécommunications sans fil au pays ont été de 56,22 $ par abonné à la téléphonie mobile, contre 43,16 $ par abonné au téléphone fixe. C'est donc dire que l'on mise sur une technologie qui, estime-t-on, ne pourra que gagner du terrain. Au sein de l'industrie, équipementiers et fournisseurs se partagent un marché florissant. Chacun d'eux génère son lot d'emplois, qui reste tout de même assez important en dépit des déboires connus par certains au cours des derniers mois.
De son côté, le laboratoire montréalais d'Ericsson joue un rôle prépondérant dans la province par ses activités de recherche et de développement (R-D). Celles-ci sont généreusement subventionnées, et pas seulement grâce à des crédits d'impôts. Investissement Québec a récemment octroyé au laboratoire de Montréal la plus importante subvention de l'histoire de l'entreprise : 21,5 millions de dollars sur cinq ans. Moins connus du grand public, Harris Canada (Dollard-des-Ormeaux) et Marconi Communications (Saint-Laurent) conçoivent notamment des systèmes sans fil privés et militaires pour l'échange de voix, de données et de vidéos.
«Il se fait actuellement des travaux de recherche pour des systèmes de génération «deux et demi», car le lancement des systèmes de 3e génération (voir l'encadré) est un peu ralenti. Peut-être qu'on y parviendra en 2003-2004», avance Paul Mermelstein, professeur et titulaire de la Chaire de recherche industrielle Bell-Québec/Nortel/ NSERC en communications personnelles, à l'INRS Télécommunications. «On propose par exemple de nouveaux terminaux qui peuvent envoyer des images par des réseaux sans fil, observe Paul Mermelstein. Il se fait aussi des travaux sur de nouveaux aspects de la propagation des ondes sans fil ou pour augmenter la capacité des antennes à des coûts minimums.» Au sein du réputé laboratoire d'Ericsson à Montréal, qui comptait 1 709 employés en décembre dernier, l'embauche a ralenti depuis 2001. «Je ne m'attends pas à ce que la situation change en 2002, déclare Louise Charbonneau, chef, ressources humaines. Si on a de l'embauche à faire, ce sera pour remplacer des employés qui pourraient partir ou pour aller chercher quelques spécialistes des technologies pour travailler sur de nouveaux produits.»
Les grandes compagnies font des petits partout! Ainsi, Rogers AT&T a son bureau de direction à Toronto, son siège social à Montréal et des divisions à Halifax, Winnipeg, Calgary, Vancouver. Microcell, basée à Montréal, a réparti ses réseaux de vente et d'ingénierie au Canada. Quant à Telus Corporation, présente dans l'Ouest canadien, elle a acheté QuébecTel de Rimouski en mars 2000, devenue depuis Telus Québec. Pour s'arroger de plus grandes parts de marché, des concurrents vont jusqu'à contracter des mariages de raison. En octobre 2001, Bell Mobilité a ainsi conclu une entente de réciprocité avec Telus afin d'étendre son réseau SCP (Services de communications personnelles) numérique dans les régions rurales de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Au début de 2002, Bell Mobilité a d'ailleurs embauché environ 300 nouveaux employés dans l'Ouest, surtout pour les ventes et le service à la clientèle. La filiale de Bell comptait, à la fin de l'an dernier, 3 000 employés au Canada et environ quatre millions d'abonnés (y compris quelque 733 000 propriétaires de téléavertisseurs).
Microcell vit présentement une étape de transition, affirme Gaétan Jacques, vice-président, ressources humaines. «Il n'y a plus d'embauche liée à la croissance pure qu'on a connue au cours des années passées, mais plutôt liée au maintien de nos opérations. Pour l'année 2002, strictement en termes de taux de roulement et de remplacement de la main-d'uvre, on va probablement engager 400 ou 500 personnes.» Le gros des troupes se concentre dans le secteur technique. «Nous avons beaucoup de diplômés des écoles techniques et des universités, que ce soit en génie industriel, mécanique ou électrique, souligne Gaétan Jacques. Il y a aussi de 400 à 500 emplois en technologies de l'information, pour des logiciels développés à l'interne ou adaptés.» Deuxième bastion de salariés chez Microcell : un millier de préposés au service à la clientèle, regroupés au centre d'appels de l'entreprise, à Montréal. Enfin, le réseau de vente emploie de 300 à 400 personnes.
Ainsi, les équipementiers, comme Nortel, souffrent de la stagnation économique. Chez les fournisseurs, on est plus optimistes. «Nous sommes dans un marché en forte croissance, argue Gaétan Jacques, de Microcell, le taux de pénétration du sans-fil au Canada est d'environ 25 à 28 % seulement, alors que, dans certains pays d'Europe, il dépasse 50 %. On n'a pas d'indices montrant que la récession va ralentir cette croissance de façon significative», assure-t-il. Néanmoins, en janvier 2002, Microcell procédait à une nouvelle vague de licenciements, portant ainsi à 374 le nombre d'employés remerciés depuis octobre 2001. Selon ses dirigeants, cette cure d'amaigrissement vise à recentrer la compagnie sur son activité principale, soit les services de communications personnelles. Le déclin démographique pourrait, quant à lui, causer des problèmes et générer un manque criant de main-d'uvre qualifiée. Bell Canada, par exemple, sera bientôt frappée par une vague sans précédent de départs à la retraite, notamment d'ingénieurs en télécommunications expérimentés, relativement peu nombreux sur le marché du travail. «On connaît une baisse démographique de 2 % par année dans les cégeps, et les jeunes choisissent peu les profils de carrière en sciences et en technologies», rappelle Sylvie Gagnon, directrice générale de TechnoCompétences, le Comité sectoriel de main-d'uvre en technologies de l'information et des communications. «Ça va jouer dur entre les employeurs!»
La 3e génération renferme un potentiel de croissance phénoménal, croit néanmoins Paul Fortier, directeur du département de génie électrique et informatique de l'Université Laval. «C'est la deuxième phase du développement d'Internet : la connectivité partout, donc nécessairement sans fil.» Une opinion que partagent sans doute les dirigeants de Bell Mobilité, puisqu'en septembre dernier, l'entreprise a réservé 180 millions de dollars pour la construction de son réseau de 3e génération. De nouveaux services Internet mobile de Bell sont d'ailleurs offerts depuis décembre 2001 aux membres des caisses populaires Desjardins (www.desjardins.com/mobile), services jusque-là uniquement accessibles par l'entremise du site Web du Mouvement Desjardins. Convaincus que l'incompatibilité des technologies utilisées par les fournisseurs indépendants entrave la popularisation de la messagerie textuelle mobile (ou Service de messages courts), Bell Mobilité, Microcell, Rogers AT&T et Telus ont, pour leur part, annoncé en novembre dernier leur projet d'harmoniser leurs messageries. Ce service est déjà un phénomène de société en Europe et au Japon - on s'en sert même pour draguer! Si l'avenir de la 3e génération est encore incertain, des besoins de main-d'uvre inédits pourraient tout de même se développer. Paul Fortier donne l'exemple des informaticiens qui, formés en télécommunications, pourraient se pencher davantage sur le cryptage des communications sans fil. Autre voie d'avenir selon Paul Fortier : la technologie de la firme américaine Bluetooth, qui établit des communications sans fil entre ordinateurs, téléphones et assistants numériques personnels, grâce à une puce radio implantée dans les appareils. Limitée (sa portée est de 10 mètres), cette technologie pourrait évoluer de façon étonnante si le consommateur est au rendez-vous! [Le sans-fil, d'une génération à l'autre]
[Principaux emplois chez les équipementiers]
[Belle mobilité...] Avec au moins 400 nouvelles embauches prévues d'ici à septembre, on peut dire que ça bouge chez Bell Mobilité. «Il y a beaucoup de promotions et de déplacements latéraux du personnel dans nos centres de contacts clients», explique Carolyne Brousseau, directrice du recrutement à Montréal. «De plus, notre base de clients grandit sans cesse.» L'entreprise comptait 4,2 millions de clients au Canada en 2001, soit 23 % de plus qu'en 2000, et s'est depuis lancée à la conquête de l'ouest du pays. Cette forte croissance générale servant de toile de fond, le bureau montréalais a constamment besoin de sang neuf pour desservir ses abonnés. Selon Carolyne Brousseau, le milieu constitue un beau tremplin pour se bâtir une carrière. Elle-même a débuté, il y a presque huit ans, à titre de représentante au service à la clientèle et s'est rapidement fait un chemin vers plusieurs fonctions avant d'occuper son poste actuel. «On estime à 74 % la proportion de directeurs d'équipe au service à la clientèle qui ont commencé comme représentant.» Une sorte de tremplin pour certains, donc, à condition d'avoir le profil recherché. «Le personnel de nos centres de contacts clients doit être avide de technologie et d'apprentissage, dans un environnement qui évolue constamment. Il faut de la curiosité, de l'enthousiasme pour bien assimiler l'information technologique, la simplifier et s'en servir pour renseigner et conseiller le client dans son choix d'options.» [Le spécialiste] Stéphane Desrochers, 36 ans Stéphane Desrochers a obtenu un baccalauréat en sciences appliquées (majeure en informatique) à la fin des années 1980. Il a d'abord travaillé dans le domaine de l'informatique, notamment chez l'éditeur de cartes graphiques Matrox. En 1992, il suit un collègue chez Ericsson, où il travaille encore aujourd'hui. «J'ai fait du développement, de la recherche, des brevets, des publications. Aujourd'hui, je travaille à l'architecture de systèmes cellulaires, relate Stéphane. C'est surtout de la coordination technique : concevoir comment les choses doivent fonctionner, sans toutefois entrer dans les détails.» Chez Ericsson, plus de la moitié de l'effectif est constitué de développeurs de logiciels. «Ericsson, c'est une firme internationale. On y retrouve des Suédois, des Sud-Américains, des Mexicains, etc.Un vrai melting-pot! Le travail d'équipe occupe aussi une place importante. En effet, on a des contacts un peu partout : à San Diego, à Dallas, en Suède, en Espagne. On utilise beaucoup le courriel!» [Gravir les échelons] Giacomo Battaglino, 34 ans Embauché par Microcell le 21 octobre 1996, artisan du lancement du cellulaire Fido le 29 novembre suivant, Giacomo Battaglino a sans cesse gravi les échelons. À la tête d'une petite équipe de vendeurs, il est devenu responsable des kiosques de vente de l'entreprise à Montréal. Diplômé en architecture et en relations publiques, Giacomo occupait, avant d'entrer au service de Microcell, des emplois dans le domaine de la vente. «Au début, j'étais responsable d'un kiosque Fido au Centre commercial Rockland, avec quatre ou cinq personnes. Au bout d'un an, on m'a proposé d'ouvrir un nouveau kiosque à Rosemère. J'ai occupé ce poste pendant 16 mois. Ensuite, j'ai uvré dans une division qui s'appelait «Partenaires détaillants». Je m'occupais des partenaires qui vendaient nos produits dans des magasins qui n'appartenaient pas à Fido.» Giacomo est aujourd'hui à la tête des neuf kiosques Fido montréalais. «Ce qu'on cherche actuellement, ce sont des gens qui savent s'adapter, qui sont capables de superviser tout en étant à l'aise dans le travail d'équipe.» Le secteur vente de Fido embauchera un peu au cours de l'année 2002, et les diplômes ne sont pas une nécessité. «Un DEC, c'est un plus, mais si quelqu'un possède 10 ans d'expérience dans la vente, c'est sûr que c'est un atout indéniable, souligne-t-il. Posséder des techniques de vente, c'est très important. Si on a du fun en le faisant, c'est encore mieux. Il faut aussi aimer voyager, parce qu'on fait souvent de la route et qu'on n'est pas toujours au bureau.» |
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