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  [Mot de la rédaction]
De chômage et d'eau fraîche
par Stéphanie Fillion

Avant le mois de février, personne dans mon entourage n'avait eu le malheur d'être congédié ou mis à pied. Depuis, autour de moi, on vit de chômage et d'eau fraîche, et on espère tranquillement le printemps.

Ce fut d'abord une copine, remerciée de ses services dans le domaine du vêtement pour une raison plus ou moins obscure. Ce fut ensuite un membre de ma famille, mis à la porte après 20 ans de loyaux services au sein de la même entreprise. Puis un courtier en valeurs mobilières, croisé dans un parc en plein lundi après-midi, me raconta qu'il venait de perdre à la fois clients et boulot en conséquence de la débâcle boursière de 2001. Des histoires fort différentes au résultat commun : un grand sentiment de soulagement.

La copine a vu dans sa perte d'emploi un coup de pouce du destin lui signifiant qu'il était temps pour elle de faire le point. Malheureuse dans son choix de carrière, elle s'est sentie délivrée d'un poids immense quelques minutes à peine après la mauvaise nouvelle. Elle songe aujourd'hui à redonner un sens à sa vie professionnelle en travaillant auprès des enfants ou des personnes âgées — moins payant, mais plus enrichissant que le vêtement. Elle n'est sûre de rien, mais elle prend tout son temps pour y penser.

Le deuxième, cas-type de l'employé dévoué, en a encore gros sur le cœur. Apprécié de tous, il a gravi les échelons de l'entreprise au fil des ans, sans compter ses heures et en étant disponible 7 jours sur 7. Ce qui ne l'a pas empêché d'être balayé sans considération lors d'une restructuration. Blessé, il n'en ressent pas moins un sentiment de liberté depuis longtemps perdu, maintenant que son téléavertisseur ne sonne plus à toute heure du jour ou de la nuit.

Quant au courtier, il songe à se recycler en entraîneur personnel. Mais il n'est pas pressé et c'est son chien qui est content. À l'aise avec son état de chômeur, il estime que cette pause forcée l'épargne d'un inévitable burn-out.

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Saviez-vous que la création d'emplois va bon train au Québec?

En janvier dernier, 76 000 emplois ont été créés, surtout du côté du travail à temps partiel. Il s'agit de la plus forte augmentation depuis plus d'un an. Jusqu'à maintenant, le Canada, et plus particulièrement le Québec, semblent échapper à la déferlante de mises à pied qu'a connu le marché de l'emploi américain l'an dernier. Mais la tempête a tout de même provoqué quelques remous.

Des milliers de Québécois ont ainsi perdu leur gagne-pain au cours des derniers mois, chez Air Transat comme chez Air Canada et Canada 3000, chez Nortel comme chez Bombardier et Bell Helicopter, dans l'industrie forestière comme dans les technologies de l'information. Sans atteindre les mêmes proportions qu'au cours de la dernière récession, le ralentissement économique a fait suffisamment de victimes pour que nous leur consacrions un numéro spécial.

Ce petit guide de survie cherche avant tout à vous rassurer. Recevoir son 4 %, c'est un peu la fin du monde. Mais c'est aussi parfois le début d'un nouveau, qui pourrait même se révéler meilleur. Il suffit de savoir nager en eaux troubles. Voici donc quelques leçons de brasse…

Bonne lecture!

Julie Tremblay
Rédactrice en chef

 
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