Terre de forêts et de mines, la Côte-Nord vit essentiellement
de l'exportation de ses matières premières. Par les temps
qui courent, elle encaisse plutôt durement le ralentissement économique
qui engourdit le marché américain. Tout de même optimistes,
les Nord-Côtiers flirtent avec l'industrie de la deuxième
transformation des ressources et promettent que le meilleur est à
venir.
Après quelques années de répit, les mises à
pied et la fermeture d'entreprises sont redevenues monnaie courante sur
toute la Côte-Nord, de Tadoussac jusqu'à Blanc-Sablon, aux
confins du Labrador. Résultat : en juillet 2001, la région
présentait un taux de chômage de 13 %, comparativement
à 8,2 % pour le reste du Québec. Il n'y avait qu'un
peu plus de 10 % de chômeurs à l'automne 2000 sur la
Côte-Nord.
Selon André LePage, économiste pour Emploi-Québec
Côte-Nord, le hic, c'est que l'économie régionale
repose presque exclusivement sur l'exploitation des ressources naturelles
et qu'elle est, par conséquent, parmi les premières à
sentir les effets d'un ralentissement économique. «Quand
les constructeurs automobiles ralentissent leur cadence de production,
les mines de fer de la Côte-Nord voient rapidement leurs activités
chuter. Personne ne veut stocker du minerai de fer brut. C'est la même
chose pour le bois.»
Une vision des choses que Claude Arsenault, économiste responsable
de la Côte-Nord pour Développement des ressources humaines
Canada, partage entièrement. À son avis, la faible diversification
de l'économie est en effet le pire ennemi de la région.
«Le fait que l'économie repose uniquement sur deux principaux
secteurs fait en sorte que l'on est toujours un peu à la merci
des variations du marché comme des investissements privés
et publics. Ça fait un marché de l'emploi très cyclique.
Une situation que la surtaxe imposée [l'été dernier]
par les Américains sur l'exportation du bois d'uvre ne viendra
pas arranger.»