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L'emploi dans la région de Montréal Métro-pôle
économiquepar Marc-André Côté L'île de Montréal est l'épicentre de la grande région métropolitaine, qui compte à elle seule près de la moitié de la population du Québec et près des deux tiers de son économie.
Mais bien que les industries des télécommunications, de l'aérospatiale et du pharmaceutique constituent de solides bases, l'économie de Montréal n'est pas à l'abri de chocs conjoncturels. Au moment de mettre sous presse, on commençait à sentir les impacts économiques des attentats terroristes survenus aux États-Unis le 11 septembre dernier. Les industries du transport aérien et du tourisme ont été les premières atteintes, et d'autres secteurs pourraient être touchés. La crise survenue chez Nortel Networks au cours des derniers mois, pendant laquelle plus de 30 000 salariés ont perdu leur boulot, a elle aussi frappé Montréal. Un millier de travailleurs de Nortel à Montréal auraient été licenciés, selon l'évaluation faite par le syndicat des employés. «C'est une très mauvaise surprise, mais Montréal ne devrait pas trop souffrir de la débâcle des «sociétés technos»», pense Arnold Beaudin, directeur du développement stratégique et économiste principal chez Montréal International, un organisme public de démarchage économique. Diversifiée et spécialisée «C'est assez rare dans le monde de voir autant de secteurs de pointe émerger dans une même ville, en plus de compter sur un bassin de main-d'uvre aussi qualifiée et disponible, poursuit Arnold Beaudin. Même si un secteur comme le commerce électronique n'est pas aussi porteur que prévu, les perspectives d'emploi sont encore excellentes en général.» Heureusement, la tendance correspond à ce qui fonctionne bien dans l'économie montréalaise d'aujourd'hui : technologies de l'information, télécommunications, aérospatiale et pharmaceutique. En deux mots : la nouvelle économie. De plus, le secteur financier de la métropole a connu un regain avec l'arrivée de centres financiers internationaux et la spécialisation de la Bourse de Montréal dans le marché des produits dérivés de la finance. Ce portrait fort enviable représente un atout important pour charmer les investisseurs étrangers. Selon les données de Montréal International, 48 % des projets d'investissement privés provenaient de sociétés étrangères en 2000. Près de 20 milliards de dollars ont été injectés dans la région montréalaise l'année dernière, une hausse de 5,1 % par rapport à 1999. Mais la récession du début des années 90 a fait mal, très mal. Ses effets sur le marché du travail de l'île de Montréal sont encore perceptibles. En 1988, deux ans avant la dernière récession, le taux d'emploi s'élevait à 57,2 %. Malgré la croissance des cinq dernières années, il n'est que de 55,5 % aujourd'hui. «La diversification, c'est la planche de salut de Montréal. Mais la transition n'est pas complète, puisqu'on n'a pas encore atteint le niveau d'emploi d'avant la récession», remarque Régent Chamard, économiste à la Direction régionale de Montréal d'Emploi-Québec. Développement géographique Le Vieux-Montréal vit une véritable renaissance. Déjà, le taux d'inoccupation des espaces commerciaux y était passé de 31,9 % en 1997 à 10,3 % en août 2000, sous l'impulsion notamment du développement de la Cité Multimédia. «La croissance de ce quartier se poursuivra grâce aux importants projets des alentours : l'agrandissement du Palais des Congrès, le nouveau siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec et l'essor du Quartier international», prévoit Yves Lavoie, agent de développement au Conseil de développement de l'île de Montréal. Plus au nord se trouve le pôle de Ville Saint-Laurent, qui compte plus d'emplois que de résidants! Il bénéficie de la présence de grandes entreprises (CAE, Canadair, Nortel), mais aussi d'une forte concentration de PME. Des 112 000 emplois de ce territoire, 2 200 se trouvent dans le Technoparc, 3 000 dans les grandes entreprises, et le reste dans les PME. Mais la vie économique de Montréal déborde largement l'île. Dans la couronne nord, Mirabel renaît de ses cendres. Après avoir passé à un cheveu de l'abandon total de son aéroport, la ville se distingue aujourd'hui avec l'établissement de la Zone de commerce international de Montréal, une zone franche pour le commerce outre-frontière. Les grosses pointures de l'aérospatiale, comme Bell Helicopter et Bombardier, y sont situées. D'autres pôles de développement se trouvent à Laval et dans la nouvelle grande ville de Longueuil, sur la Rive-Sud. Leur contexte urbain se prête bien à l'économie moderne : transport facile, main-d'uvre disponible et résidant près des entreprises, taux de taxation avantageux. La situation est bien différente dans certains coins de Montréal, où la pauvreté est plus visible et les emplois, rares. C'est le cas dans l'est de l'île. L'arrivée de la firme espagnole Cepsa, qui y construira une usine pétrochimique, est un bon départ pour la revitalisation de ce secteur. Même si l'Est se concentre toujours sur la «vieille économie», l'avenir y est prometteur. «Il faut aller voir les parcs industriels de Pointe-aux-Trembles, d'Anjou ou de Montréal-Est, qui sont tous remplis», souligne Sylvain Laurendeau, économiste à Développement des ressources humaines Canada (DRHC). Selon Sylvain Laurendeau, Catelli, Kraft, Saputo et plusieurs autres PME de transformation alimentaire et de boissons sont en croissance, en raison de leur effort d'adaptation à la mondialisation de l'économie. Processus d'informatisation oblige, ces entreprises sont presque toutes en pénurie de main-d'uvre spécialisée. De plus, on évalue que ces compagnies ont au moins de 350 à 400 postes à pourvoir immédiatement. Signe des temps, on peut même voir des pancartes aux portes de plusieurs entreprises logées dans les parcs industriels de l'est de l'île : «On embauche»
Tendances du marché de l'emploi > «Avec la restructuration du marché de l'emploi, l'économie montréalaise est plus diversifiée, donc moins fragile. Avant, il y avait une concentration de l'emploi dans le secteur manufacturier. Maintenant, les besoins en main-d'uvre s'orientent vers le secteur des services. > «On s'attend à un taux de croissance de l'emploi de 1,5 à 2 % par année d'ici 2005. Toutefois, cela n'a pas empêché le taux de chômage de la première moitié de 2001 de faire un bond de 0,3 % depuis 2000, pour atteindre 9,9 %. On justifie cette hausse du chômage par une augmentation des gens se présentant sur le marché du travail. Le taux d'activité sur le marché du travail atteint tout de même un sommet inégalé depuis 10 ans, soit 63,2 %. La métropole occupe donc le 5e rang à ce chapitre, derrière les Laurentides, l'Outaouais, la Montérégie et Chaudière-Appalaches. Développement de la main-d'uvre (Stéphanie Moreau)
Population : 3 480 342 habitants. Revenu per capita (2000) : 27 448 $ (24 910 $
pour l'ensemble du Québec). Taux de chômage : 8,0 % (8,3 % pour l'ensemble
du Québec). Maisons et logements : 132 362 $ en moyenne pour
une maison unifamiliale; 114 241 $ pour un condominium; 153 776 $
pour un plex (2 à 5 unités); 509 $ pour un logement
de quatre pièces.
Le tourisme Il n'y a pas si longtemps, Montréal n'était pour les touristes en autocar qu'un simple arrêt entre Québec et les chutes du Niagara. Mais la ville est désormais devenue une destination touristique à part entière. La cité de Maisonneuve réinvente la restauration, réaffirme son passé historique, cultive ses traits culturels et attire un nombre grandissant de touristes. Ses grands et nombreux festivals sont réputés à l'étranger et l'agrandissement du Palais des Congrès devrait avoir des répercussions non négligeables sur l'embauche dans ce secteur. Les recettes touristiques ont atteint l'an dernier le record de deux milliards de dollars. Pour 2001, l'industrie touristique montréalaise fera vraisemblablement du surplace à cause du ralentissement économique nord-américain. «On s'en va vers les mêmes recettes que l'an dernier, compte tenu de l'inflation» expliquait Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal, un peu avant les attentats terroristes de septembre dont les conséquences sur l'industrie pourraient ternir cet optimisme. Ainsi, à la suite de ces événements, la presse montréalaise signalait des taux d'annulation plus élevés que la normale dans les établissements hôteliers. On notait également une diminution des activités du tourisme d'affaires. Reste que, d'ici le printemps prochain, sept nouveaux hôtels ouvriront dans le Vieux-Montréal. C'est la mode des hôtels-boutiques, des établissements moyens (une centaine de chambres et moins) pour une clientèle huppée. L'industrie touristique, qui occupe pas moins de 58 000 personnes à Montréal, viendrait au cinquième rang des secteurs générant le plus d'emplois, selon Tourisme Montréal. «On a surtout besoin de femmes de chambre, de plongeurs, de chasseurs et de travailleurs sans grande scolarité», remarque Pierre Bellerose. Toutefois, avec l'arrivée massive dans les dernières années d'entreprises comme le Centre Métaforia et le Club Med World, le rachat de La Ronde par la multinationale américaine Six Flags et la venue du Groupe Transat, on assiste à l'émergence d'une demande pour des travailleurs plus qualifiés. «Ces entreprises, souvent des multinationales, ont changé le paysage de l'emploi. Elles ont des besoins accrus en gestion de personnel, en marketing, en relations publiques, en vente ou encore en comptabilité - des jobs qui n'étaient pas très répandus autrefois en tourisme à Montréal», souligne M. Bellerose. (M.-A. C.)
La culture prend de plus en plus d'importance en tant que moteur économique de la métropole. On dénombre à Montréal plus de 1 000 entreprises culturelles, et leur apport économique représente 3,8 milliards de dollars. De toutes les activités culturelles qu'on retrouve à Montréal, c'est la production cinématographique qui a, d'un point de vue économique, réalisé le plus de progrès ces dernières années. En 2000, les différents tournages ont laissé des recettes de 829 millions de dollars, et ils devraient atteindre les 900 millions cette année, selon les prévisions du Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal. La main-d'uvre technique a littéralement explosé : alors qu'ils étaient 700 il y a à peine huit ans, Montréal peut maintenant compter sur quelque 2 500 techniciens agréés. «Mais ce sont des emplois qu'on peut qualifier d'erratiques», précise André Lafond, commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal. Bien que les techniciens peuvent obtenir des payes assez intéressantes - jusque dans les 80 000 $ pour quatre mois de travail pour les plus en demande, révèle M. Lafond -, l'embauche est toujours temporaire et s'étend sur la durée du tournage d'un film. Une fois le dernier coup de clap donné, il faut à nouveau se chercher du boulot. «Une grosse production américaine de 100 millions de dollars génère entre 1 000 et 3 000 emplois sur une période moyenne de sept mois. De ce nombre, environ 400 sont des techniciens. Pour le reste, ce sont surtout des charpentiers, des peintres ou des chauffeurs. Mais Montréal ne reçoit que deux ou trois productions de cette importance par année.» Pour ceux qui recherchent un peu plus de stabilité, l'industrie du septième art offre d'autres possibilités. «Le travail de laboratoire, les services connexes au cinéma et tout ce qui a trait à la postproduction créent un volume plus régulier d'embauches, stimulées par le grand nombre de productions québécoises», explique M. Lafond. En effet, derrière le plateau, il y a tout un pan de l'industrie montréalaise qui fait sa marque à l'échelle internationale. Encore peu connu, le secteur montréalais de l'animation et des effets spéciaux (voir dossier en page 26) se développe à une cadence accélérée. Montréal compte 25 de ces entreprises, sans compter le cinéma de format géant IMAX, dont 30 % de la production mondiale est réalisée à Montréal. Pour leur part, les studios du Technoparc et de Saint-Hubert créent peu d'emplois mais consolident ceux qui existent déjà. Cette réalité pourrait toutefois évoluer. Taurus Films, par exemple, pourrait bâtir un immense studio de 70 000 pieds carrés qui intégrerait toutes les étapes de production, de la scénarisation à la postproduction. Ce studio serait le plus grand du monde. «Avec de telles installations, on pourrait facilement attirer des productions du type Titanic ou Star Wars», espère André Lafond. Que la force soit avec nous! (M.-A. C.)
Il y a plus d'un an, politiciens et chefs de file de la nouvelle économie
conviaient la presse au lancement d'un grand projet : faire de Montréal
une plaque tournante du cybercommerce, avec la Cité du commerce
électronique et sa promesse de Depuis, le ballon du cybercommerce s'est quelque peu dégonflé : le commerce électronique n'a pas encore l'ampleur de la «révolution» annoncée. L'industrie est plutôt en réaménagement et se cherche de nouveaux modèles de développement. De sorte que la future cité en chantier au centre-ville de Montréal
ne comptait l'été dernier que deux locataires. Seuls le
Groupe CGI, une des plus importantes firmes-conseils en informatique au
Québec, qui était déjà établi à
Montréal, et la division canadienne de la Bourse électronique
Nasdaq ont confirmé leur présence. Les promoteurs n'ont pas perdu leur enthousiasme pour autant face à l'avenir du cybercommerce à Montréal. «CGI va créer 2 000 nouveaux emplois en cinq ans, des emplois concentrés dans l'élaboration et l'implantation de solutions de commerce électronique», précise Guy Emond, directeur à Montréal du Bureau du commerce électronique du ministère des Finances et de l'Économie. Nasdaq Canada, pour sa part, ne créera qu'une poignée de nouveaux postes, mais apporte une renommée au projet. «C'est plus un symbole», précise M. Emond. D'autres locataires pourraient annoncer leur installation dans la Cité, mais Guy Emond ne peut en souffler mot. «C'est à la ministre [Pauline Marois] de le faire, au moment qu'elle jugera opportun.» La Cité a pour le moment fait chou blanc dans ses efforts pour attirer à Montréal les grands du cybercommerce, comme les concepteurs de logiciels, les librairies en ligne ou les fabricants d'ordinateurs. La région a beau rassembler bon an, mal an 30 % du capital de risque technologique au Canada, elle n'a pas connu de boom du commerce virtuel comme dans la Silicon Valley. Certains se demandent si la Cité pourra renverser la vapeur. Ce pourrait être possible, d'autant plus que la Cité offre un avantage structurant : ses locataires pourront aussi s'établir dans la Zone de commerce international de Montréal, près de l'aéroport de Mirabel, qui offre des faveurs fiscales pour l'entreposage, la distribution et la transformation de marchandises, le tout à deux pas du fret aérien. Les bureaux en ville, l'entrepôt à l'aéroport! L'an dernier, 87 % des entreprises québécoises présentes dans le cybercommerce n'effectuaient que des transactions entre entreprises, le fameux B2B. Seulement 6 % des entreprises québécoises se spécialisent uniquement dans le cybercommerce aux consommateurs. «On accepte tout type de commerce électronique, rétorque Guy Emond. Il n'y a pas de créneau particulier qui est privilégié.» En fait, Montréal tire davantage profit à équiper les réseaux de cybercommerce qu'à «cybercommercer» elle-même. Ainsi, la région est un important équipementier du commerce électronique. L'an dernier, sur 14 métropoles nord-américaines recensées par Montréal TechnoVision, l'organisme qui promeut les industries de technologie de pointe sur le territoire montréalais, Montréal était classée au cinquième rang des grandes régions productrices d'équipement de télécommunications et neuvième en technologies de l'information, les deux bases du cybercommerce. (Jean-Sébastien Marsan)
Carrefours Jeunesse-Emploi (CJE) CJE Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville CJE Anjou / Saint-Justin CJE Bourassa et Sauvé CJE Centre-Sud/Plateau CJE Côte-des-Neiges CJE Hochelaga-Maisonneuve CJE Marquette CJE Mercier (Programme d'initiation au travail région Est de Montréal
(PITREM)) CJE Notre-Dame-de-Grâce CJE Ouest-de-l'Île CJE Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est CJE Rosemont/Petite-Patrie CJE Verdun
CLD Montréal CLD Anjou / Montréal-Est CLD Lachine CLD LaSalle CLD Mont-Royal / Outremont CLD Ouest-de-l'Île / West Island CLD Verdun
CRD de l'Île de Montréal
CLE Ahuntsic CLE Anjou-Montréal-Est CLE Côte-des-Neiges Salle multiservice Crémazie Salle multiservice Fleury CLE Hochelaga-Maisonneuve CLE Lachine CLE LaSalle Salle multiservice Lorimier Salle multiservice Mercier CLE Montréal-Nord Salle multiservice Notre-Dame-de-Grâce CLE Ouest-de-l'Île Salle multiservice Parc-Extension CLE Plateau Mont-Royal CLE Pointe-aux-Trembles CLE Pointe-Saint-Charles Salle multiservice Rivière-des-Prairies Salle multiservice Salle multiservice Salle multiservice Rosemont-Petite-Patrie (Bureau Iberville) CLE Saint-Alexandre |
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