Si
l'argent poussait dans les arbres, nous pourrions nous contenter de jardiniers.
Mais puisque ce n'est pas le cas, nous avons grand besoin de spécialistes
en finance. Courtiers en valeurs mobilières ou en assurances, gestionnaires
de fonds, planificateurs et directeurs financiers se font un plaisir de
jouer avec l'argent des autres, au grand bonheur des employeurs, avides
de main-d'uvre.
Depuis des années, l'ensemble du secteur financier connaît des jours
fastes. Les taux annuels de rendement de plus de 10 % n'y sont pas
rares et font l'envie de bien des industriels. Seul secteur d'activité
vraiment mondialisé, la finance ne connaît plus de frontières. Elle a
aussi la réputation de licencier ses employés plus vite que son ombre,
en réaction au moindre caprice des marchés. Au Québec, pourtant, les changements
réglementaires, l'imposante épargne accumulée par les baby-boomers, les
nouveaux besoins d'une clientèle de mieux en mieux informée et l'explosion
des produits financiers créent de l'emploi stable, surtout pour les professionnels
spécialisés.
Selon Jacques St-Pierre, directeur du département de finance et assurance
de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval,
cinq spécialités souffrent actuellement d'une pénurie de professionnels
: planification financière personnelle, gestion du patrimoine, gestion
de portefeuilles, analyse financière et gestion des risques.
Emploi-Québec, dans sa Liste des professions présentant de bonnes perspectives
d'emploi 2001-2002, insiste pour sa part sur le manque de directeurs financiers,
de courtiers en valeurs mobilières, d'agents-conseils en services financiers,
de professionnels des services aux entreprises de gestion, d'experts en
sinistres, d'agents et de courtiers certifiés en assurance.
L'an dernier, la province comptait notamment 19 060 courtiers en
épargne collective, 11 598 représentants certifiés en assurance de
personnes, plus de 10 000 en assurance collective de personnes, 5 892
en assurance de dommages ainsi que 2 513 planificateurs financiers
certifiés. Et ce n'est pas suffisant aux yeux des employeurs! Voici un
tour d'horizon des besoins les plus criants, par grands secteurs d'activité.