À New York, Paris, Jakarta ou Rosemont, les télétravailleurs évitent
les embouteillages et les longues journées passées sous le regard scrutateur
de leurs supérieurs. Mais le phénomène demeure marginal, loin des prédictions
délirantes des années 70 et 80.
C'est en 1989 que Bob Fortier a découvert le télétravail. À l'époque, il
était analyste des politiques en ressources humaines au gouvernement fédéral.
«Un de mes patrons revenait de Californie, où il en avait entendu
parler. Il m'a demandé d'étudier ce phénomène, pour voir si ça pouvait s'appliquer
au gouvernement fédéral. Mais personne autour de moi ne savait ce que voulait
dire «télétravail».
Qu'importe, Bob Fortier n'a pas tardé à mettre sur pied un programme volontaire
de télétravail au sein de la fonction publique. Bien qu'il n'existe pas
de bilan statistique de cette initiative, la plupart des ministères et organismes
gouvernementaux ont au moins expérimenté le programme entre 1992 et 1995.
Il en est resté une politique du télétravail, détaillant les droits et responsabilités
de l'employeur et du salarié - un document de référence cité jusqu'en Europe.
C'est à la suite de cette expérience que le Canada est devenu un pionnier
du télétravail.
Mais le phénomène demeure malgré tout marginal, loin des prédictions délirantes
des années 70 et 80, alors que des «experts" avaient prédit que la
majorité des salariés américains pratiqueraient le télétravail en l'an 2000!
Ainsi, entre 6 et 10 % seulement de la population canadienne «télétravaillerait»
- ce qui représente tout de même l'un des taux les plus élevés du monde.