Plusieurs villes des régions éloignées se sont développées autour
d'une seule industrie. Mais que leur arrive-t-il lorsque l'usine locale
décide de fermer ses portes? Leurs travailleurs fuient, puis elles s'éteignent
et disparaissent. Certaines villes orphelines refusent toutefois de subir
ce triste sort. Parce que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir...
Quand la cote du minerai de fer a chuté dans les années 80, elle n'a
pas qu'entraîné la disparition de centaines d'emplois dans les mines.
Des villes sont aussi tombées, des villes «de compagnie».
C'est ainsi que Schefferville, 4 500 âmes, a fermé ses portes en 1981,
et Gagnon, en 1985. Que reste-t-il de ces villes minières du Grand Nord?
Rien, si ce n'est des retrouvailles périodiques organisées par les anciens
habitants de ces lieux devenus de véritables villes fantômes.
Tous les quatre ans, les anciens de Schefferville se rencontrent pour
se rappeler les belles années passées, tandis que les gens de Gagnon,
eux, se sont réunis en 1995 pour souligner le dixième anniversaire de
la disparition de leur ville, où vivaient naguère plus de 4 000 personnes.
Abandonnée et rasée en bonne partie, Schefferville ne compte aujourd'hui
que 300 habitants, principalement des employés des pourvoiries de chasse
et de pêche du coin qui se sont approprié les restes de la ville. Quant
à Gagnon, au nord de la Manicouagan, elle a été littéralement démontée
et rayée de la carte.