En une quinzaine d'années à peine, les outils informatiques ont complètement
transformé notre façon de travailler. Nous sommes maintenant nombreux
à passer nos journées à l'ordinateur, le nez collé à l'écran et les poignets
cassés sur le clavier. Nous avons troqué le téléphone et la correspondance
écrite contre le courriel, et la recherche en bibliothèque contre l'exploration
dans Internet. Ce n'est pas rien!
Les entreprises aussi ont eu à s'adapter aux nouvelles technologies.
Certaines se sont lancées à l'assaut du Web, d'autres ont choisi l'optique-photonique.
L'avenir, nous disait-on, est dans le savoir.
Mais l'incertitude nous gagne.
L'effondrement boursier des entreprises de la nouvelle économie nous
a mis la puce à l'oreille : les oufs ne peuvent pas tous être placés dans
le même panier. Les problèmes de recrutement que connaissent les PME le
confirment. Selon une étude de la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante effectuée à la fin de l'année dernière, 50 000 postes restent
vacants dans les PME québécoises, à défaut de personnel qualifié, c'est-à-dire
possédant une formation professionnelle ou technique - des formations
peu valorisées chez nous. Les entreprises de l'industrie touristique,
qui connaît un boum important, sont particulièrement confrontées au manque
de main-d'ouvre.
Fascinés par la technologie, le commerce électronique et la R&D, peut-être
avons-nous oublié qu'il faudra toujours des travailleurs pour cuisiner
et guider les touristes, pour plier de la tôle et réparer des moteurs?
L'incertitude règne aussi quant à la performance du marché de l'emploi
au Québec. Sommes-nous en pleine prospérité, comme le gouvernement l'affirme
chiffres à l'appui, ou nous contentons-nous de miettes, comme on le prétend
dans l'autre camp? L'économiste Diane Bellemare nous propose une analyse
plus nuancée en qualifiant la situation de précaire.
Le discours est encore double en ce qui concerne la Zone de libre-échange
des Amériques, dont l'ouverture est prévue pour 2005. Difficile pour le
travailleur moyen de s'y retrouver entre les promesses de la classe "affaires"
et les catastrophes annoncées par la gauche.
Le monde change, rapidement et sans cesse. Les entreprises auront d'autant
plus besoin de visionnaires dans leurs rangs, des leaders qui sauront
distinguer le bon chemin à emprunter et qui pourront régulièrement recréer
les façons de faire pour s'adapter aux nouvelles réalités.
Bonne lecture!
Julie Tremblay Rédactrice en chef