«Entreprise jeune et dynamique cherche employé ambitieux et
expérimenté. Moins de 65 ans s'abstenir.»
Les entreprises ne le savent pas encore, mais l'époque des retraites
anticipées est révolue. Elles devront bientôt commencer à faire des pieds
et des mains pour garder leurs travailleurs avec elles bien après l'âge
où ils auront commencé à faire sauter leurs petits-enfants sur leurs genoux.
De plus en plus d'observateurs du marché du travail osent faire ce pari.
Comme les naissances sont en chute libre dans la plupart des sociétés
occidentales, les jeunes travailleurs ne seront pas assez nombreux pour
prendre la relève et les entreprises n'auront d'autre choix que de «garder
leurs vieux» ou, à tout le moins, d'embaucher des travailleurs qui
ont 30 ou 40 ans d'expérience.
«C'est la revanche des tempes grisonnantes», ironisait d'ailleurs
un rapport sur le vieillissement de la population rédigé par le Conseil
du patronat du Québec (CPQ) en janvier 2000. «Le vieillissement
attendu pour les prochaines décennies, conclut le rapport, prendra une
ampleur jusqu'à maintenant inconnue. [.] Un homme ou une femme en bonne
santé pourrait bien continuer de travailler à temps plein ou à temps partiel
bien au-delà de 60 ans.»