De son bureau situé au 28e étage de la tour de la Bourse, à Montréal,
Diane Lemieux observe avec satisfaction le fourmillement des nombreux
chantiers à ses pieds. «Je vous dis que ça travaille en bas!»
Toutes les têtes d'affiche de la relance économique du Québec, et les
milliers d'emplois qui en découlent, s'y étalent : les chantiers du Palais
des congrès et de la Cité du multimédia, celui du nouveau siège social
de la Caisse de dépôt et placement, le Centre de commerce mondial, le
port de Montréal. Bientôt, derrière, s'amorcera la construction de la
Cité du commerce électronique.
«Nous sommes dans une période de croissance exceptionnelle, du jamais
vu depuis le milieu des années 70», relève la ministre d'État du Travail
et à l'Emploi, avec un bémol cependant. «Si dans certains secteurs nous
sommes performants, ce n'est pas le cas partout. La Gaspésie ne bénéficie
pas autant de la croissance économique que la région de Montréal. Ceux
qui n'ont pas de diplôme universitaire, collégial ou professionnel non
plus. Ils risquent deux fois plus de connaître une période de chômage.»
Du travail pour tous?
«L'emploi, c'est l'élément d'intégration sociale. C'est ce qui fait qu'on
se lève le matin, qu'on est motivé dans la vie», affirme Diane Lemieux.
Malheureusement, l'actuel passage de la société québécoise vers une économie
basée sur le savoir est impitoyable pour ceux dont la formation et les
connaissances ne s'y adaptent pas. Une maudite machine, comme le chantait
Pierre Flynn... En août, le Québec affichait encore un taux de chômage
frôlant les 9 % et quelque 300 000 ménages vivaient de l'aide sociale.