Secrétaire ou programmeur-analyste, avocat ou travailleur de l'industrie
manufacturière, personne ne peut désormais éviter les métamorphoses du
marché du travail. L'évolution rapide du savoir et des technologies sont
des réalités auxquelles il faut savoir s'adapter pour demeurer compétitif.
Une mise à niveau qui peut s'effectuer de plusieurs façons, mais qui exige
de moins en moins souvent un retour sur les bancs d'école.
«L'objectif est d'utiliser la formation continue pour augmenter ses compétences
et conserver sa compétitivité, précise Michel Blanchet, conseiller d'orientation.
Elle ne doit pas être obligatoirement liée à la pratique de la profession,
elle peut permettre, par exemple, de se familiariser avec un nouvel outil
de travail, comme Internet.»
«La formation continue s'octroie principalement en milieu de travail
et permet d'actualiser la formation initiale en fonction des différentes
tâches de l'employé, de l'évolution des technologies, des mutations de
l'emploi ou du contexte dans lequel il ouvre», résume Andrée Longpré,
MBA, Adm.A., chargée de projets en RD au Centre de recherche LICEF de
la Télé-université.
Autodiscipline
La croissance professionnelle est d'abord une démarche individuelle.
C'est à chacun de bonifier ses compétences afin de mieux faire face aux
défis.
Cette tâche s'effectue en utilisant des réseaux d'information, tant officiels
qu'officieux : en se documentant lors de la réalisation d'un nouveau projet,
en effectuant maintes lectures, en participant à des congrès et à des
ateliers, en parcourant l'éventail des cours offerts par son employeur,
les institutions d'enseignement et les associations professionnelles.
Bref, le travailleur doit saisir toutes les occasions.
«Il y a 15 ans, je savais que l'informatique allait
devenir un atout important, alors je suis allé chercher cette compétence,
raconte Michel Blanchet. Aujourd'hui, certains conseillers d'orientation
n'utilisent pas encore Internet! Ils sont complètement dépassés, puisqu'on
y trouve de l'information beaucoup plus récente que dans des guides sur
papier.»
Les membres d'ordres professionnels doivent suivre chaque année un minimum
d'heures de perfectionnement dans un domaine pertinent à leur pratique.
Cette démarche de formation permet de mettre à jour les connaissances
de ces professionnels, assurant ainsi la sécurité du public.
Une étude réalisée par l'Ordre des ingénieurs du Québec en 1996 révélait
que 87 % des ingénieurs s'adonnent à une formation individualisée par
des lectures et des recherches personnelles, tandis que 68 % assistent
à des colloques et à des congrès et 47 % suivent des cours magistraux.
Une performance honorable.
Gérer le savoir
Promouvoir la formation continue semble également le leitmotiv des entreprises
de la nouvelle économie, dont le rendement repose désormais sur le savoir,
plutôt que sur le capital ou les ressources naturelles.
C'est ce que remarque Gérald Ponton, président de l'Alliance des manufacturiers
et exportateurs du Québec : «La formation continue, c'est un gage de succès
de l'entreprise. Si cette dernière ne forme pas son personnel, elle n'améliorera
pas sa productivité et ne pourra pas survivre. C'est aussi clair que ça!»
Plusieurs entreprises se préparent d'ailleurs à prendre le relais de
l'école pour combler les écarts entre la formation et l'emploi. Ce nouveau
moteur de développement s'inscrit de plus en plus dans un contexte collectif,
selon Andrée Longpré. «Autrefois, il était question de développement de
carrière pour l'individu. Dans le cadre de leur stratégie visant à accroître
leur compétitivité, les entreprises parlent maintenant de la gestion des
savoirs.»
Zoom
Les activités de formation continue offertes dans les entreprises québécoises
ont fait un pas de géant l'an dernier. Le budget consacré par les entreprises
à ces activités a presque doublé, atteignant 1,1 milliard de dollars,
comparativement à 600 millions en 1998.
Les données révèlent également que 76 % des entreprises respectent la
Loi favorisant le développement de la formation de la main-d'ouvre, qui
oblige les employeurs dont la masse salariale excède 250 000 $ à consacrer
au moins 1 % de celle-ci à des activités de formation.
Source : Les Affaires, 27 mai 2000