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Vacances du travailleur autonome: c’est le client qui paie!

Le repos est aussi nécessaire que l’argent. Rien à redire là-dessus, sauf que les travailleurs autonomes, écrasés de responsabilités, ont tous du mal à décrocher. Un vrai casse-tête! Le problème se résume à cinq mots : argent, temps, responsabilités, clients et angoisse.

L’argent, ça se trouve. C’est le client qui paie pour vos vacances! Tenez-en compte dans vos prix. Tout est affaire de surplus. Un truc : il suffit de verser 5, 10 ou 15 % de chaque chèque dans un compte d’épargne spécial – comme vous devriez déjà le faire pour vos impôts et votre REÉR.

Le temps est bien plus contraignant que l’argent. Il y a le «quand», et il y a le «combien de temps». L’idéal, c’est toujours en période creuse – s’il y en a une! C’est selon : le propriétaire d’une boutique de ski alpin a plus de chances de partir en vacances… s’il aime le ski nautique. Certains se contentent de week-ends prolongés. D’autres ont besoin de deux mois. Dites-vous une chose : si vos vacances sont le but de votre vie, ce ne sont plus des vacances.

Les responsabilités peuvent être assommantes. Chose certaine : vous devrez encaisser une forte surcharge de travail avant et après votre période de repos. En règle générale, ces répercussions sont égales en durée au temps alloué aux vacances. Si vous partez deux semaines, vous sentirez l’impact une semaine avant et une semaine après. Une bonne façon de diminuer ces répercussions consiste à n’avoir aucune date de tombée dans les jours précédant le départ et ceux qui suivent le retour. Si certaines tâches de facturation, de paiement ou des opérations bancaires doivent être exécutées en votre absence, vous devriez les confier à une personne de confiance – parent, ami, avocat, comptable. Cela vous habituera à déléguer un peu. Si vous disposez d’un calendrier des comptes à payer, il sera aisé de prévoir ce qui vient, même sur de longues périodes, et de tout régler d’avance.

Les clients sont beaucoup plus patients que ne le croient les débutants. Si vous êtes bon, ils ne vous oublieront pas après deux semaines. Avisez-les donc sans tourner autour du pot, en précisant les dates de départ et de retour. Mais sans leur demander la permission non plus : tout le monde a besoin de repos. Il se peut que votre absence temporaire angoisse certains clients qui dépendent absolument de vous. Deux solutions : discutez avec eux du meilleur moment pour vos vacances et donnez-leur des instructions pour vous joindre. Posez des limites, cependant : ce n’est que pour éteindre des feux. Si votre présence est réellement indispensable, faites-vous remplacer par un collègue en qui vous avez confiance. C’est l’intérêt de s’impliquer dans des associations professionnelles. Un client qui refuse que vous preniez des vacances est un con fini : prévoyez de vous en débarrasser.

L’angoisse est l’obstacle le plus vicieux, mais le moins fondé. Loi immuable : cinq minutes avant le départ, le téléphone sonnera. À vous de décider. Il n’y a pas plus de chances que ce soit le contrat du siècle que la veille à la même heure… Il faut savoir dire non. L’incapacité de dire non vient de l’insécurité, qui est légitime si vous n’êtes pas convaincu de votre talent – tous les débutants passent par là. Mais si vous demeurez incapable de dire non, ce n’est pas de vacances dont vous avez besoin, mais d’un psy!

Journaliste à L’actualité et conférencier, Jean Benoît Nadeau est l’auteur du Guide du travailleur autonome publié aux Éditions Québec/Amérique.

 

Les sept péchés capitaux

La recette du succès varie à l’infini. Curieusement, la recette de l’échec est toujours la même. Voici donc les sept péchés capitaux du travailleur autonome. Chacun est assez grave pour vous garantir la damnation. À méditer pendant les vacances…

Péché no 1 : Le client a toujours raison – Une maxime stupide, à oublier. En réalité, il a souvent tort, surtout à l’heure de négocier. Et si le client refuse de payer? Et s’il s’approprie votre travail? A-t-il raison? C’est le patron qui a toujours raison. Et le patron, c’est vous.

Péché no 2 : J’offre un rabais – On consent un rabais, on ne l’offre pas systématiquement sans que le client le demande! Si vous connaissez votre prix de revient, vous ne pourrez pas vendre moins cher bien longtemps. Sinon vous paierez pour travailler.

Péché no 3 : Mon client est un ami – En fait, le client est un client. Le client qui sort son violon veut presque toujours vous faire avaler une couleuvre. Même les gens mariés ont un contrat : votre «ami» doit comprendre ça.

Péché no 4 : Lâche pas! – La ténacité, c’est bien beau, mais il y a des limites. Le meilleur plan d’affaires ne reste qu’une hypothèse, souvent contredite par la réalité. Ne soyez jamais aveuglé par vos plans. Cas célèbre : Christophe Colomb, parti vers l’ouest, est mort pauvre pour avoir persisté à chercher l’Inde alors qu’il avait trouvé l’Amérique.

Péché no 5 : Oui – Vous devriez être en mesure de dire non plus souvent que oui. Même les prostituées ne disent pas oui à n’importe quoi. Elles refusent les baisers des clients parce qu’elles gardent ça pour leur amant. Ce qui nous ramène au péché no 3 : le client est un ami.

Péché no 6 : Je voudrais surtout pas déranger – Oui, vous devez déranger. Bien des débutants ont une certaine pudeur à déranger le client. Cas extrême : un stagiaire se plaignait un jour que ses clients ne payaient pas. Or, il négligeait de les facturer. Il s’en trouve qui ne réclament pas ce qui leur est dû ou qui ne rappellent jamais une deuxième fois. Par crainte de déranger.

Péché no 7 : Du stress, je suis capable d’en prendre! – Vous avez effectivement besoin de supporter le stress si vous êtes un abonné aux six autres péchés. Même si vous les avez évités, ne prenez jamais trop de stress : personne ne le tolère bien longtemps.

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