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Une tache dans mon CV

Être passé par une entreprise à la réputation sérieusement entachée a de quoi clouer un CV au pilori. Mais comme tout revers professionnel, il est possible de surmonter celui-ci.

Imaginez que vous êtes un ingénieur travaillant pour une compagnie chargée de construire un viaduc. Pendant les travaux, la structure s’effondre en plein trafic sur une autoroute. Un mort, deux blessés. Le rapport du coroner montre les défaillances de votre travail en même temps qu’il blâme sévèrement votre employeur.

Scénario cauchemardesque? C’est pourtant ce qui est arrivé à plusieurs ingénieurs œuvrant pour des entreprises impliquées dans l’exécution des travaux du viaduc du Souvenir, à Laval, en juin 2000. Ils ne sont pas les premiers et sans doute malheureusement pas les derniers à qui pareille malchance peut arriver. Mais après coup, il faut bien continuer de gagner sa vie.

Un fardeau lourd à porter

Qu’on soit à l’origine d’une erreur ou que l’entreprise qui nous employait ait été publiquement montrée du doigt, l’échec professionnel jette la suspicion sur nos compétences. Soudain, notre CV porte une tache noire. Et en entrevue, les recruteurs potentiels haussent désormais les sourcils…

Bien sûr, cela peut influencer leur perception. Par association, des doutes peuvent planer sur nous, ce qui peut compliquer passablement les démarches professionnelles.

Pas de cachotterie

Plus le degré d’implication dans l’échec est important, plus graves seront les conséquences sur la carrière. Mais que vous soyez sur la sellette ou simplement présent au mauvais moment, au mauvais endroit, vous pourriez creuser davantage votre tombe en cachant l’information à des employeurs potentiels. Le monde est petit!

C’est tentant de camoufler une mauvaise expérience de travail, mais les répercussions seront pires encore si le recruteur l’apprend en vérifiant vos références ou par le bouche-à-oreille. Il se sentira trahi et le lien de confiance peut être rompu sur-le-champ. Dans un CV, le nom de l’entreprise, le poste occupé, les fonctions, les réalisations et la période d’embauche devront être inscrits noir sur blanc. Les allusions indirectes comme « cadre dans une entreprise du domaine financier » ne feront qu’éveiller les soupçons.

Assumer les conséquences

Si on a une responsabilité dans l’échec, il faut en assumer les conséquences. Il faut rebâtir sa confiance en soi, se reconnecter avec ses compétences professionnelles… et voir s’il vaut la peine de poursuivre la même carrière.

L’échec met parfois en lumière des zones d’ombre où on n’excelle pas. On devra alors miser sur ses forces pour poursuivre son cheminement professionnel.

Les compétences d’abord

Repérer dans un CV le nom d’une entreprise frappée d’opprobre ne devrait pas empêcher le recruteur de convoquer en entrevue un candidat intéressant. Si la personne a les compétences pour le poste à pourvoir, il s’efforcera habituellement de passer par-dessus sa première impression et tenter d’obtenir des éclaircissements auprès du candidat. Certains recruteurs pourraient même y voir des avantages. Comme le candidat porte une étiquette, il pourrait être plus ouvert aux compromis, comme une baisse de salaire…

Remettre les pendules à l’heure

Généralement, les rencontres entre quatre yeux permettent de changer la première impression suscitée par le CV. Si vous obtenez une entrevue, vous pourrez expliquer votre faute, votre part de responsabilité dans l’affaire, les leçons apprises et les nouveaux comportements mis en place pour éviter que l’erreur ne se reproduise.

Bien sûr, un recruteur peut être déçu par la réputation de votre ancien employeur, mais il vous embauchera pour ce que vous êtes capable de faire. Les compétences qu’on a développées n’appartiennent pas aux entreprises pour lesquelles on a travaillé. Il faut miser sur soi.

Faire valoir ses valeurs

Les travailleurs intuitifs peuvent parfois prévenir le coup avant qu’un scandale n’éclate. Quand on sent qu’il se passe dans l’entreprise des choses qui vont à l’encontre de nos valeurs, mieux vaut quitter cet environnement avant qu’il ne nous éjecte. Le candidat à un nouvel emploi pourra aussi faire valoir que la façon dont l’entreprise s’est comportée ne correspond pas à ses propres valeurs. Il peut exprimer également le souhait de se joindre dorénavant à une entreprise qui aura un bon sens de l’éthique. Habile!

Surmonter l’échec professionnel

    Il n’y a pas que les scandales d’entreprises qui entachent les CV. Une faillite, un congédiement, un burnout. une sanction professionnelle sont aussi susceptibles de faire fuir les recruteurs. Quelques conseils pour y survivre :

  • On ne peut pas effacer un échec du revers de la main. Il faut encaisser le coup et en tirer des leçons pour ressortir plus fort de cette expérience.
  • Plus la personne est capable de faire le point sur ce passage difficile et d’apprendre de son erreur, plus elle sera en mesure de présenter son histoire pour qu’elle soit acceptable aux yeux des autres.
  • Il est toujours déconseillé d’envoyer 200 CV aux quatre vents et d’attendre passivement la sonnerie du téléphone; c’est encore plus vrai quand on a subi une mauvaise expérience. Il faut plutôt mettre les bouchées doubles et multiplier les contacts auprès des employeurs potentiels pour asseoir sa crédibilité et les persuader qu’on a tiré les leçons qui s’imposent.
  • L’employeur doit comprendre que l’échec a été formateur pour la personne, et ce, peu importe la nature de cet échec. À moyen terme, la mésaventure peut apporter certains aspects positifs : meilleure connaissance de ses forces et faiblesses, maturité et humilité.
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