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Trois bonnes raisons d’être patient au travail

Sablier

Photo : Min Chiu / Shutterstock

On dit qu’il faut en moyenne 10 000 heures de pratique afin de maîtriser une compétence. En termes d’emploi, ça voudrait donc dire qu’il faut 266 semaines de 37,5 heures – soit environ 5 ans – pour maîtriser un boulot.

À une époque où la bougeotte professionnelle – ce que les Anglais appellent le «job hopping» – est à la mode, rester cinq ans dans le même emploi peut sembler une éternité.

Surtout quand on sait que changer fréquemment d’emploi peut être un bon moyen de propulser sa carrière, et que c’est parfois même la seule façon de la faire avancer.

C’est pourquoi toutes les raisons semblent parfois bonnes pour changer d’emploi à la moindre occasion. Mais on risquerait du même coup de se priver de précieux apprentissages.

Changer d’emploi chaque année peut nous donner l’impression qu’on a le plein contrôle sur sa carrière et qu’on brûle des étapes. Mais la patience peut aussi avoir des vertus insoupçonnées. Voici donc trois bonnes raisons de s’accrocher à nos expériences professionnelles, malgré la tentation d’aller voir ailleurs.

1. Apprendre à innover et à se réinventer

On peut avoir l’impression, au bout d’un an d’avoir fait le tour du jardin. La routine s’installe, et aussitôt on se met à rêver à de nouveaux défis. Or, cette première année est la plupart du temps une période d’apprentissage. C’est par la suite qu’on commence à connaître suffisamment notre emploi, dans tous ses rouages et ses subtilités, pour proposer des idées, des changements; bref, innover.

Chaque année qui passe devient alors une occasion de faire évoluer son poste et de le réinventer. Contribuer ainsi à l’amélioration continue de son entreprise peut souvent être aussi formateur que d’apprendre un nouvel emploi.

2. Apprendre à entretenir des relations

Lorsqu’on commence un nouvel emploi, on doit tisser un bon nombre de nouvelles relations : avec les collègues, les patrons, les clients, etc. Mais établir ces premiers contacts n’est qu’une étape, et c’est la plus facile. Il faut ensuite apprendre à entretenir ce réseau, à le maintenir, à l’exploiter pleinement, à réparer les pots cassés si l’on gaffe.

Le véritable réseau, c’est celui qui traverse les années, celui qui nous a été utile à plus d’une reprise et qu’on arrive à activer avec succès aux moments opportuns. Mais pour en arriver à ce point, il faut du temps, de l’organisation, du savoir-être… C’est le résultat d’un travail de longue haleine qu’il est difficile de réaliser en quelques mois.

3. Apprendre à traverser l’adversité

Lorsqu’on reste pendant plusieurs années dans une même entreprise, on est susceptible de vivre divers bouleversements : changement de patron, restructuration, mise à pied, etc. De tels événements entraînent inévitablement des périodes d’instabilité, qui peuvent perdurer pendant des semaines, voire des mois. Cette perspective peut être suffisante pour nous convaincre d’aller voir ailleurs.

Mais de ces changements émergent souvent des occasions à saisir; des occasions de bâtir quelque chose de nouveau, d’apporter de nouvelles idées et d’accroître son rôle dans l’entreprise. De plus, la loyauté dont on fait preuve en demeurant dans le bateau malgré les tempêtes finira certainement par être reconnue – dans nos emplois futurs si ce n’est dans notre emploi actuel.

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Simon Granger

Simon Granger s'intéresse aux enjeux touchant la formation, l'orientation professionnelle et l'accession au marché du travail. Il aime le café filtre, le point-virgule et les mots croisés.

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