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Travailler la nuit : comment être efficace?

S’il est facile pour certains de travailler quand tout le monde dort, cet horaire est difficile pour d’autres. Plus qu’un travail, l’emploi de nuit est un véritable mode de vie.

Le travail de nuit est «contre nature», affirme Marc Hébert, chercheur en photobiologie – l’étude des effets biologiques de la lumière – à l’Université Laval. Malaises gastriques, ulcères, cancers… «Les problèmes de santé sont plus fréquents chez ces travailleurs. La nuit, certaines hormones sont synchronisées pour favoriser le sommeil. Votre corps doit donc combattre son horloge biologique en plus de travailler. C’est un double effort.»

«Entre 10 et 12 % des individus seraient capables de supporter ce type de travail à long terme», ajoute Marie Dumont, professeure au département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Pourquoi certaines personnes et pas les autres? «Jeunes comme vieux, c’est une question de personnalité. Une chose est sûre cependant : le sommeil se dégrade en vieillissant et notre métabolisme devient plus intolérant.»

Des avantages certains

Pas de patron et plus d’autonomie, moins de stress dû aux tâches moins lourdes et au trafic routier moins congestionné, davantage de temps avec les enfants durant les journées de congé : le travail de nuit comporte plusieurs avantages.

Mais pour occuper un tel emploi pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, il faut développer de bonnes habitudes de vie : faire du sport, manger de façon équilibrée, ne pas fumer, entre autres. «Les travailleurs de nuit doivent être encore plus irréprochables que les autres, estime Marie Dumont. La nuit, notre métabolisme ralentit et nous digérons et éliminons moins bien, notamment les aliments gras.» D’où les risques cardiovasculaires et l’obésité plus fréquents chez ces travailleurs.

Une bonne journée de sommeil

Pour être efficace la nuit, il faut bien récupérer le jour, explique Marie Dumont. «Il faut dormir dans une pièce sombre, silencieuse et fraîche.»

«Pour contrer le sommeil au travail, il faut beaucoup d’éclairage», selon Marc Hébert. En revanche, le matin «il faut éviter les rayons bleus du jour qui réveillent nos sens». Il déconseille d’ailleurs les lunettes de soleil classiques. «Les verres fumés coupent 90 % de la lumière. Cela envoie des signes à notre organisme et nous plonge dans un état de somnolence; ce qui est dangereux pour les travailleurs qui prennent la route pour rentrer à la maison.» Le chercheur a, pour eux, mis au point des verres spéciaux, capables de bloquer la lumière bleue, la seule à être perçue par notre organisme. Ces verres orangés, encore au stade de prototype, ont pour objectif de «tromper notre horloge biologique afin de faciliter le sommeil».

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