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Travailler dans la joie

«Il était une fois des gens heureux», dit la chanson. Cela pourrait bien devenir l’hymne des courtiers et agents d’assurance, qui sont au nombre des travailleurs les plus satisfaits au Québec. Qu’est-ce qui les fait tant sourire au boulot?

Selon un sondage réalisé en octobre 2010 par l’Indice relatif de bonheur, un observatoire social indépendant, le secteur des assurances occupe la première position pour le pourcentage de travailleurs estimant que leur employeur est bon ou très bon pour eux. Première place également pour la préoccupation démontrée par les employeurs à l’égard de leur niveau de bonheur.

Des résultats étonnants pour ceux qui croient que ce secteur ne rime qu’avec démarchage, chiffres et paperasse!

«De l’extérieur, on pense que c’est un domaine ennuyeux, or c’est tout le contraire», affirme Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages. «C’est un secteur très réglementé mais qui bouge beaucoup, car il faut toujours coller aux nouveaux besoins des clients. Pour ce faire, on doit rester à jour, s’informer, améliorer sans cesse ses connaissances, c’est très stimulant. Et il y a plein de belles possibilités pour les jeunes», dit-elle.

Une longueur d’avance

Dans le domaine des assurances, les employés sont en effet recherchés, désirés et courtisés. Ils sont généralement accueillis à bras ouverts par les employeurs, ce qui est toujours un bon départ pour se sentir bien au travail.

Les étudiants sont placés avant même d’avoir terminé le programme. Nous ne répondons pas à la demande.
— Johanne Giguère, Cégep de Sainte-Foy

Pas de stress pour décrocher un poste, les travailleurs de l’industrie ont l’embarras du choix.

On déroule même le tapis rouge devant les jeunes sans expérience. «Les diplômés ont une autoroute devant eux!» illustre François Leduc, enseignant au DEC en conseil en assurances et en services financiers au Cégep Montmorency. «Nous comptons en moyenne 25 diplômés par année, le taux de placement est de 110 %! Si nous avions davantage de finissants, ils pourraient tous se placer sans difficulté.»

Même son de cloche du côté de Johanne Giguère, coordonnatrice du programme de conseil en assurances et en services financiers au Cégep de Sainte-Foy. «Les étudiants sont placés avant même d’avoir terminé le programme. Nous ne répondons pas à la demande», affirme-t-elle.

Et cette situation risque de durer encore quelques années, selon Robert LaGarde, président de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages.

Pas moins de 5 300 postes seront à pourvoir dans cette industrie au cours de la période 2010-2012. «Nous sommes en situation de pénurie malgré les efforts déployés pour accroître le bassin de diplômés. Par exemple, depuis 2002, le nombre de cégeps offrant le programme en conseil en assurances et en services financiers est passé de 11 à 26», précise-t-il.

Mais cela ne suffit toujours pas à répondre à la demande de l’industrie qui, en plus de gérer la croissance, doit aussi composer avec de nombreux départs à la retraite.

«De 3 000 à 3 500 employés vont prendre bientôt leur retraite, souligne M. LaGarde. Par conséquent, c’est une véritable voie royale qui attend les diplômés.»

Un emploi sur mesure

Outre les nombreux emplois, le secteur des assurances propose aussi des postes variés qui permettent aux travailleurs du domaine de développer leurs talents. Ce qui constitue un autre atout pour le bonheur en emploi. Il existe en effet quatre principales professions dans ce secteur : agent, courtier, expert en sinistre et souscripteur. «Chaque profil de personnalité peut trouver un métier qui lui convient, indique Johanne Giguère. Nous travaillons d’ailleurs beaucoup sur cet aspect lors de la formation et nous encadrons bien les étudiants en stage, pour nous assurer qu’ils se dirigent dans la branche qu’ils aiment le mieux.»

Les compagnies d’assurance misent sur la flexibilité des horaires pour répondre aux besoins de leur personnel.

«Chaque profession fait appel à des aptitudes différentes, ajoute François Leduc. Par conséquent, on peut choisir un domaine dans lequel on est bon et dans lequel on se sent bien.»

Un agent, par exemple, doit avoir des habiletés en service à la clientèle et être à l’aise avec l’informatique. Un courtier a un bon esprit d’analyse, aime établir des relations de confiance avec la clientèle et fait preuve d’esprit d’entreprise. Pour sa part, l’expert en sinistre a un sens critique et démontre de la courtoisie en plus d’être un habile négociateur. Quant au souscripteur, il est bon vulgarisateur, sait écouter et aime manier les chiffres.

La chance d’aller plus loin

Les travailleurs de l’assurance trouvent également une motivation de plus dans les différentes possibilités d’avancement qui s’offrent à eux tôt dans leur carrière. Ils peuvent, par exemple, devenir chef d’équipe en l’espace de trois ou quatre ans. Les employés en assurance peuvent également aspirer aux postes de formateur et de gestionnaire ou même, moyennant une formation complémentaire, changer de service et évoluer dans le marketing, la comptabilité et la gestion des ressources humaines. «Je suis surpris de voir à quel point mes anciens étudiants progressent vite, affirme François Leduc. Aujourd’hui, ce sont eux qui m’appellent pour embaucher des finissants!»

Les filières d’activités sont aussi variées. Par exemple, on peut se spécialiser dans l’assurance commerciale ou l’assurance personnelle et l’une de leurs nombreuses sous-spécialités. Et si d’aventure l’assurance de dommages ne convient pas, il est possible de se tourner vers les services financiers, puisque la formation collégiale ouvre également les portes de ce champ d’activités. Comme quoi les défis, souvent synonymes de valorisation professionnelle, sont aussi au rendez-vous dans cette industrie.

Des patrons aux petits soins

Les employés profitent également de conditions de travail intéressantes. Selon Robert LaGarde, le salaire moyen de départ tourne autour de 33 000 à 35 000 $ par an, selon les postes et les employeurs, auquel s’ajoutent des avantages sociaux (assurance maladie, assurance invalidité, contribution au REER de l’employé, congés, etc.). «Certaines entreprises proposent aussi des avantages qui sortent de l’ordinaire, comme un budget pour pratiquer une activité sportive ou s’inscrire à un club sportif», précise François Leduc.

Les compagnies d’assurance misent également sur la flexibilité des horaires pour répondre aux besoins de leur personnel.

Semaine de quatre jours, horaires variables, par exemple, sont des possibilités envisageables. «L’aménagement du temps de travail fait partie de nos politiques. Certains peuvent aussi faire du télétravail», indique Geneviève Drouin, directrice principale aux ressources humaines à La Capitale, groupe financier actif dans le secteur des assurances générales où il compte 1 000 employés.

J’ai déjà demandé à mes employés ce que seraient pour eux 90 minutes de bonheur. Ensuite, j’ai tâché de réaliser leur rêve.
— Michel Venne, Assurancia Venne & Rivest

«Nous favorisons également les promotions et les mutations à l’interne. C’est important que notre main-d’œuvre puisse évoluer au sein de notre entreprise», ajoute-t-elle. L’entreprise a d’ailleurs une politique de formation qui permet aux employés de développer leurs compétences.

Dans le domaine, il n’est pas rare que l’employeur assume les coûts des études de ceux qui veulent se perfectionner et obtenir le titre de PAA (Professionnel d’assurance agréé) ou de FPAA (Fellow, Professionnel d’assurance agréé). D’autres donnent aussi un coup de pouce financier pour des études universitaires, dans un programme d’actuariat par exemple.

Les cabinets de courtage font aussi des efforts, à la mesure de leurs moyens. Le courtier Michel Venne, l’un des fondateurs de la bannière Assurancia Venne & Rivest, qui a 10 courtiers à son service, fait en sorte d’attirer la relève et de la conserver. Son secret? Offrir des perspectives de carrière et de promotion à ses recrues, tout en les traitant comme il aimerait être traité. «J’ai déjà demandé à mes employés ce que seraient pour eux 90 minutes de bonheur. Ensuite, j’ai tâché de réaliser leur rêve. Par exemple, j’ai invité l’un de mes courtiers à souper puis à assister à un match des Canadiens.» Avec des patrons comme lui, pas étonnant que l’industrie fasse des heureux!

Des professions bien encadrées

Ne devient pas agent, courtier ou expert en sinistre qui veut. L’Autorité des marchés financiers (AMF)veille au grain et il faut obtenir une certification en bonne et due forme pour se présenter comme tel dans l’industrie de l’assurance.

Cet encadrement vise à offrir aux consommateurs la garantie qu’ils traitent avec des professionnels rigoureux. Pour exercer comme agent et courtier d’assurance ou comme expert en sinistre, il faut être titulaire d’un certificat délivré par l’Autorité des marchés financiers.

«Pour ce faire, il y a trois étapes à franchir : ce sont les mêmes pour les trois professions, indique Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages. Il faut d’abord satisfaire aux exigences de la formation minimale.» C’est-à-dire qu’il faut avoir obtenu le DEC en conseil en assurances et en services financiers (un programme de trois ans) ou l’attestation d’études collégiales (AEC) en assurance de dommages d’une durée d’un an. L’AMF peut parfois accepter quelqu’un qui ne détient pas l’une de ces formations spécialisées s’il satisfait à certains critères, comme posséder un diplôme et une expérience professionnelle pertinente.

«Ensuite, le candidat doit réussir les examens liés à la profession choisie», précise Maya Raic.

Une fois les examens réussis, on doit réaliser un stage au sein d’un cabinet de courtage ou d’une compagnie d’assurance. «La durée du stage est de 6 ou 12 semaines, suivant que l’on a choisi l’assurance des particuliers, l’assurance des entreprises, ou les deux disciplines», ajoute-t-elle. Une fois le stage terminé et réussi, on demande une certification auprès de l’AMF afin d’obtenir le statut de professionnel et le droit de pratiquer au Québec. (E. G.)

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