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Travail autonome en TIC : apprendre sur le T.A.

Quel rêve, la vie de pigiste! Être son propre patron, déterminer ses tarifs et son horaire de travail, refuser les projets ennuyants. Mais la marche est haute pour les nouveaux diplômés.

Si près de 10 % de la main-d’œuvre en TIC travaille à son compte, les débutants sont plutôt rares parmi les consultants. Selon une étude publiée au début de 2009 par TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, plus de 80 % d’entre eux sont âgés de plus de 35 ans et cumulent plus de 10 ans d’expérience. Est-ce à dire que les nouveaux diplômés n’ont aucune chance?

Serge Corneau a passé 38 années dans des entreprises de consultation informatique. Il a maintes fois confié des mandats à des travailleurs autonomes. «Ce que je recherchais, c’était des gens qui avaient de l’expérience. Des gens autonomes, justement, avec un bon bagage de connaissances. Donc un finissant, ce n’était pas une bonne idée. Il faut au moins trois ou quatre années de travail dans un environnement client avant de devenir travailleur autonome.»

Dans un milieu où l’on doit faire ses preuves chaque fois que l’on change d’entreprise, les relations interpersonnelles sont cruciales.

Comme toute règle a ses exceptions, certains jeunes loups arrivent quand même à se faire une place dans le marché de la consultation. C’est le cas de Simon Fontaine, un analyste-programmeur qui a obtenu en 2009 un DEC Informatique de gestion. Il conçoit, depuis quelques années déjà, des systèmes de gestion pour l’inventaire ou pour la paie, par exemple. Un type de travail qui s’insère bien dans le modèle de gestion «par projet» qu’adoptent les entreprises : «Une fois le nouveau système en place, il n’y a plus de travail pour moi.» Un autre contrat, et vite!

Simon Fontaine reconnaît que le milieu salarié, avec son encadrement, lui aurait permis de prendre rapidement de l’expérience. Il dit néanmoins apprécier la vie de pigiste. «Je ne suis jamais à la même place, je rencontre du nouveau monde. Mais je ne ferme pas la porte à un emploi permanent.»

Avant de se lancer dans l’aventure du travail autonome, une bonne réflexion s’impose. Quelques pistes :

Se connaître soi-même

«Le travail autonome, ce n’est pas pour tout le monde, expose Sylvie Gagnon, directrice générale de TECHNOCompétences. Tout dépend de ce qui nous motive. Il y a des gens pour qui la sécurité d’emploi est importante et d’autres pour qui la liberté est importante.» Il faut donc bien y réfléchir.

Dans une mer de talents, il est aussi essentiel de savoir ce qui nous démarque des autres professionnels. Vos compétences sont-elles assez uniques pour servir de base à un modèle d’affaires de travailleur autonome? Pour Mélanie Jubinville, la réponse est affirmative : elle a travaillé pendant 10 ans chez Oracle Corporation avant de devenir conseillère indépendante en applications Oracle. «Je suis dans une branche assez particulière. Il y a peu de pigistes, et une forte demande», précise-t-elle.

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