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Tolérance à l’incertitude un atout

Comme les avions qu’ils construisent, les travailleurs de l’aéronautique doivent être solides pour affronter les hauts et les bas de l’industrie. Seule la passion du métier permet de surmonter les incertitudes.

Après s’être fait répéter pendant des années que les entreprises embauchent en masse dans l’aérospatiale, plusieurs jeunes travailleurs s’inquiètent des récentes annonces de mises à pied.

À 30 ans, Éric Buisson pourrait être frappé de plein fouet par la crise économique. Machiniste depuis deux ans chez Pratt & Whitney, il ne sait pas s’il conservera son emploi. «Dans les mises à pied comme ça, dit-il, ce sont souvent les nouveaux employés, les jeunes, qui sont touchés en premier. Je suis entré en 2007. Je devrais donc en faire partie.»

Craignant que le ralentissement ne s’étire pendant trois ou quatre ans, il se retrouve soudainement dans le noir quant à son avenir. «On a des obligations à remplir et si on retourne à l’école, on en sera incapable, confie-t-il. En se tournant vers d’autres employeurs, est-ce qu’on va trouver un autre travail? Parce que ça coupe partout.»

Incertitude

Ces questionnements sont monnaie courante parmi les employés de l’industrie. «C’est l’incertitude tout le temps», raconte Éric Dallaire, plaqueur de moteurs d’avions depuis huit ans. «À un moment donné, ça devient dur pour le moral.» Embauché en 2001, il est passé de justesse à travers le ralentissement qui a suivi les événements du 11 septembre en acceptant un changement de poste en 2003. «J’ai quand même conservé mon emploi, mais c’est du stress», estime le travailleur.

Son collègue Jonathan Blais n’a pas eu la même chance. Mis à pied en 2002, l’homme de 27 ans a été rappelé seulement 30 mois plus tard, 6 mois avant de perdre son droit de rappel. «Personnellement, je n’avais plus en tête d’y retourner, mon espoir était disparu. Quand j’ai eu le téléphone de Pratt & Whitney, j’ai même hésité à revenir», dit-il.

Pendant plus de deux ans, il a dû déployer tous les efforts pour dénicher un autre emploi. «Ça m’a nui d’avoir travaillé pour une grande compagnie. J’ai eu de la misère à trouver des emplois dans le domaine de la machinerie. Ils avaient peur que j’y retourne. Certains me demandaient d’aller signer ma démission chez Pratt parce qu’ils savaient que je serais probablement rappelé quand ça reprendrait», se rappelle-t-il.

La précarité d’emploi a beau inquiéter la conjointe et l’entourage de Jean-François poulin, il n’abandonnerait pour rien au monde ce secteur.

Défis à relever

Malgré tout, les travailleurs de l’aérospatiale gardent la passion du métier. C’est le cas de Jean-François Poulin, 33 ans. Diplômé en 1999 puis mis à pied chez Bombardier en 2001, il a acquis une formation supplémentaire avant d’être embauché chez Pratt & Whitney il y a quatre ans.

«J’ai trois métiers en aérospatiale. J’adore le domaine, j’adore les avions, j’adore le niveau de compétence que ça prend», lance-t-il.

La précarité d’emploi a beau inquiéter sa conjointe et son entourage, il n’abandonnerait pour rien au monde ce secteur. C’est trop planant.

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