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Sommes-nous prêts pour les robots?

Sommes-nous prêts pour les robots?


Les robots arrivent! Sommes-nous prêts à accueillir ces nouveaux «travailleurs»?

De retour d’un voyage en Espagne l’automne dernier, Mélodie Karama s’est retrouvée devant un drôle de douanier à l’aéroport Montréal-Trudeau : un guichet automatique qui numérise passeports et déclarations de douane. «J’étais vraiment surprise. C’était un peu bizarre, raconte la correctrice de profession. Mais c’est plus efficace : en cinq minutes, j’étais passée.» Lors de l’installation de ces bornes, la direction avait indiqué au quotidien La Presse que chacun des 18 guichets automatiques arrivait à égaler le rythme de travail de 4 douaniers.

Malgré l’économie de temps, Mélodie Karama a tout de même spontanément eu une pensée pour les travailleurs. «C’est un peu dommage pour les emplois.» Pour l’instant, cependant, ces douaniers à pitons n’ont pas remplacé de travailleurs en chair et en os.

Il va y avoir des réactions négatives : des campagnes “détruisons les robots” ou “bannissons l’automobile sans conducteur”.
— Thomas Frey, futurologue

De manière générale, nous avons peu de sympathie pour les technologies automatisées, qui nous simplifient pourtant la vie. Chez General Electric (GE) Aviation, à Bromont, les robots permettent d’éviter un bon nombre «de tendinites, de bursites et d’autres problèmes en “ite”», souligne Benoît Fontaine, un employé de l’usine. Auparavant, il travaillait devant un four à plus de 1 900 °C. Il y introduisait du métal pour le faire fondre, puis le passer à la presse. «Durant l’été, c’était vraiment chaud!» Aujourd’hui, Benoît Fontaine est toujours opérateur dans le secteur de la forge, mais, depuis près de 10 ans, des robots font le boulot le plus pénible, sous la supervision des employés.

Fais ce que je dis…

Une étude menée en 2008 par des chercheurs de l’Université de Stanford, en Californie, a révélé que le public est ouvert en partie à la robotisation du travail. Le commun des mortels juge que les robots devraient remplir des fonctions demandant mémoire et précision.

En revanche, monsieur et madame Tout-le-monde considèrent que les humains doivent rester en poste pour tout ce qui requiert du jugement, de la diplomatie ou des habiletés artistiques. Bref, on n’imagine pas les robots et les ordinateurs se mettre à prendre des décisions politiques; à mener une thérapie cognitivo-comportementale avec un patient en détresse ou à dessiner des vêtements.

Julien Reignier, propriétaire de la coquette boutique de macarons Point G sur l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, semble en parfait accord avec ces résultats. Ses bouchées sucrées sont de véritables œuvres d’art. «Je ne perdrai jamais le côté artisanal, parce que c’est ce que j’aime le plus. Le problème, c’est que ce n’est pas payant.»

C’est pourquoi il a automatisé quelques opérations dans son atelier, et il avoue que ce n’est qu’un début. Au moment de ma visite, il travaillait justement avec un ingénieur pour mettre au point le prototype d’une machine servant à fabriquer des perles de vinaigre balsamique. «J’aime travailler manuellement, mais je suis aussi un inventeur et je cherche toujours un système pour me faciliter la tâche. Ça ne veut pas dire que je néglige la qualité des produits. Et si, un jour, j’ai un robot pour faire les macarons, ça va être parce que je l’ai conçu moi-même!»

Le futurologue américain Thomas Frey, lui, estime que la population n’est pas encore prête à l’arrivée massive des robots, machines et autres drones. «Nous ne sommes pas bien outillés culturellement et émotionnellement pour avoir autant de technologie dans nos vies. Il va y avoir des réactions négatives : des campagnes “détruisons les robots” ou “bannissons l’automobile sans conducteur”», prédit-il sur son blogue.

Serez-vous du mouvement?

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