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Signes précurseurs d’un comportement agressif

Photo : Dean Drobot/ Shutterstock

Photo : Dean Drobot/ Shutterstock

La colère est une émotion qui peut vite dégénérer et se transformer en agressivité. Mal gérée, elle terrorise les collègues de travail, fait fuir les clients et entraîne une détérioration du climat de travail. Ne pas intervenir devant l’explosion de rage de quelqu’un lance le message que le comportement est toléré. Mais il est extrêmement difficile de désamorcer une bombe émotionnelle.

Apprenez à détecter les signes avant-coureurs afin d’agir quand cela peut encore donner des résultats positifs. Vous méritez de travailler dans un environnement sain. Donnez-vous les outils pour calmer le jeu et éviter les crises.

Contraction musculaire

La colère entraîne une contraction musculaire importante. Cela est visible sur l’ensemble du corps. Il a donc tendance à se figer : les épaules demeurent immobiles, les mains se fixent sur un objet (bras du fauteuil, verre, crayon, dossier de chaise, etc.) et le regard se focalise. Les gestes sont alors plus rares dans un premier temps. Rappelez-vous le principe suivant : To freeze, to fly, to fight. En premier lieu, le mécanisme de défense de base est l’immobilité.

Dureté du visage

En quelques secondes, des éléments indiquent clairement la présence et l’augmentation de la colère. Au niveau du visage, on remarque que la pointe interne des sourcils est tirée vers le bas. L’individu fronce des sourcils de façon importante, provoquant des rides verticales au-dessus du nez. Les yeux sont dissymétriques, parfois mi-clos. Le visage rougit en raison de la pression sanguine plus importante au niveau de la tête, du torse et des poings d’où la rougeur observable sur le haut de la poitrine, le cou, les joues.

La bouche reste fermée ou entrouverte, mais les lèvres deviennent très rouges. Si elles sont retroussées, elles découvrent les dents de la mâchoire supérieure, comme un animal prêt à mordre. Si la colère est intense, elle entraîne un tremblement de la lèvre supérieure. Cette lèvre est alors très mince, presque invisible tant elle est tendue. Lorsque la colère est vécue sur de longues périodes dans la vie d’un individu, elle creuse les rides de chaque côté du nez.

On observe une dilatation des narines, une rétractation des pupilles, une fixation du regard, un affaissement de la paupière inférieure. En effet, dans la colère, c’est le blanc du bas de l’œil qui est plus apparent.

Dureté des gestes

Les gens en colère ont des gestes plus rectilignes en raison de la contraction musculaire. Les mains ne sont donc pas détendues, mais plutôt raides comme une barre. L’individu peut pointer du doigt, frapper la table de façon répétée ou chiffonner les papiers devant lui. Les gestes sont plus rapides, mais aussi plus lourds et plus brusques.

Dureté du corps

La démarche est plus sonore aussi. On croirait entendre un éléphant qui se déplace. Tout cela survient en raison de l’hypertonicité. Le corps est rigide dans son ensemble. Si les jambes sont croisées, elles le sont fermement et les chevilles seront contractées. Si elles sont décroisées, les pieds seront positionnés pour être prêts à permettre une levée du corps très rapide. Les bras peuvent eux aussi être croisés ou très appuyés sur les bras du fauteuil, la table, etc. ou le long du corps. Dans ce dernier cas, les points seront fermés et les jointures pourraient, déjà à ce stade, blanchir sous l’effet de la contraction.

Langage du corps

Le mot est co-gestuel : le corps parle et les mots appuient ou tentent de camoufler. L’interlocuteur ne peut pas contrôler l’ensemble de son corps et plusieurs de ses réactions ne sont conscientes que plusieurs secondes après leur apparition. Vous avez donc une longueur d’avance si vous observez et si vous êtes à l’écoute de votre interlocuteur. Dès les premiers signes de colère, dès que la contraction musculaire est visible, désamorcez. Dès que les gestes s’arrêtent, que le regard se fixe sur vous, que le sourire disparait, il faut intervenir et encourager votre interlocuteur à parler. Ce qui est verbalisé ne prend pas d’ampleur dans la tête. C’est ce qui n’est pas exprimé qui est bien plus problématique!

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Annabelle Boyer

Annabelle Boyer, CRHA est spécialiste de la synergologie, la lecture du non verbal. Elle est auteure des livres Relations sous emprise et Je lis en vous… savez-vous lire en moi? chez Béliveau Éditeur. Elle dirige également ABC Solution, une firme spécialisée en développement organisationnel et en ressources humaines.

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