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Se lancer en affaires plutôt que partir à la retraite

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Les baby-boomers sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à lancer leur entreprise après une vie d’employé salarié. Plusieurs le font par nécessité, mais aussi parce que passé 50 ans, c’est maintenant ou jamais.

Représentant pour des compagnies de bière pendant plus de 20 ans, Marc-André Gauvreau, 53 ans, rêvait depuis longtemps de créer sa propre microbrasserie. Depuis six ans, il consacre son «trop-plein d’énergie» à Brasseur de Montréal, une entreprise qu’il a fondée avec sa conjointe, Denise Mérineau, 56 ans. «Je me retrouvais sans emploi, Denise avait l’impression d’avoir fait le tour de son domaine, les banques, et on se sentait trop jeunes pour prendre notre retraite.»

L’entrepreneuriat chez les baby-boomers semble en plein essor au Canada. Selon un rapport de la banque CIBC paru en 2012, ils piloteraient près de 30 % des entreprises en démarrage, soit deux fois plus que dans les années 1990. Au SAJE accompagnateur d’entrepreneurs, à Montréal, 10,5 % de la clientèle était formée de gens de 50 ans et plus en 2013, contre 6,3 % en 2003.

Les inquiétudes financières à l’approche de la retraite expliquent-elles ce choix? La situation de Colette Savard, 56 ans, et de son conjoint, Robert Léveillé, 60 ans, appuie en partie cette hypothèse. Respectivement recherchiste et réalisateur pour la télévision, donc pigistes, ils s’en remettaient entièrement à leurs économies en guise de fonds de pension. Lancée en 2013, leur entreprise de production vidéo, Projet héritage, leur permettra «d’avoir un petit revenu complémentaire, de gagner assez pour vivre heureux», souhaite Colette Savard.

Un cas de figure qui n’est pas étranger à Patrick Bérard, conseiller en démarrage d’entreprise pour les 55 ans et plus au SAJE accompagnateur d’entrepreneurs. «Je vois des gens qui doivent continuer de travailler pour compenser un fonds de pension inadéquat», dit-il. C’est que la route vers l’âge d’or n’est pas toujours dorée. Au Canada, 23 % des ménages ne seront pas en mesure de préserver leur niveau de vie à la retraite, selon une étude du cabinet McKinsey & Company parue en 2012.

Last call des rêves

Au-delà de l’épaisseur du bas de laine à la retraite, Colette Savard se dit d’abord motivée par «l’envie de faire quelque chose qui nous plaît en étant nos propres patrons».

Avec l’âge vient aussi l’urgence de se réaliser. «C’est le last call pour ceux qui ont toujours rêvé de se lancer en affaires», estime Lucie Dubé, coordonnatrice de l’Association Midi-Quarante, spécialisée dans la recherche d’emploi pour les plus de 45 ans, située à Laval.

Terminer sa carrière en beauté est une autre source de motivation. Après la fin de leur emploi, certains «ont un désir de transmettre leur savoir et leur expérience, pour laisser quelque chose derrière eux», observe Lucie Dubé.

Dans ce dossier sur les travailleurs sexagénaires :

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