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Robots : la grande invasion

Robots : la grande invasion

Il accomplit le travail pour pas trop cher, est toujours au sommet de sa forme et n’a pas peur du risque. L’employé du mois pourrait bientôt être un robot. Et nous, que ferons-nous?

Le futur se trouve dans une bâtisse en plein milieu d’un champ de Saint-Édouard-de-Lotbinière. Dans une usine de cercueils.

À l’intérieur, le bran de scie vole de tous bords dans l’atelier de menuiserie. La poussière n’a pas le temps de retomber que le robot-ébéniste prend une nouvelle planche dans le bac étiqueté «produit brut». Avec la souplesse d’une gymnaste et la cadence d’un marathonien, il la coupe, la sculpte et la sable pour la déposer dans le bac «produit fini». Ce seront les jolies boiseries d’un cercueil.

À quelques mètres, il y a un immense entrepôt pouvant loger près de 1 000 cercueils sur les étagères de ce qui ressemble à une bibliothèque géante. Un deuxième automate au tronc s’élevant jusqu’au plafond s’y dirige sur un rail grâce à un système de laser. Il s’arrête sec, puis fait monter ses «bras» le long de son «corps» pour atteindre un cercueil une dizaine de mètres plus haut. Il apporte ensuite sa cargaison à la porte de la salle de peinture. Dans cette pièce, un autre robot ajoute en quelques minutes une belle couleur acajou au coffre de bois.

L’entreprise Cercueils Concept, qui compte une quarantaine d’employés en chair et en os, est vraiment à la page avec ses trois assistants automatisés. Ce mois-ci, un quatrième robot sera «embauché» pour l’étape du polissage.

Des automates dans une PME? C’est désormais possible. De plus en plus, les robots – très loin des clichés humanoïdes à la C-3PO – deviennent des collègues de travail. Au boulot depuis le début des années 1960, principalement dans les grandes usines, ces machines, qui allient mécanique, électronique et informatique, envahissent les milieux de travail.

En 15 ans, les coûts d’acquisition de ces petites merveilles ont pratiquement fondu de moitié. Ainsi, un humanoïde de conception américaine nommé Baxter, qui apprend ce qu’on lui montre en quelques minutes, vient d’être mis en marché pour le prix d’une voiture compacte. «Et l’intégration des robots en entreprise est beaucoup moins ardue : on ne parle même plus de programmation, mais de configuration, car ils viennent avec des logiciels», indique Marc Ducharme, ingénieur et associé d’Axium Solutions, une compagnie spécialisée en automatisation qui travaille avec de gros clients, tels Kraft et Labatt.

C’est certain que pour le gars qui aura décroché en secondaire 3, ça va être pénible de se trouver un emploi.
— Luc Vanden-Abeele, spécialiste de l’automatisation au Centre de recherche industrielle du Québec

Cette accessibilité se traduit dans les investissements des entreprises manufacturières : en 2011, les ventes d’automates industriels ont atteint un record dans le monde, selon la Fédération internationale de la robotique, avec 166 000 nouveaux robots, soit 38 % de plus que l’année précédente. Quant aux robots de service professionnel (dans les secteurs de la santé, de la défense, de la sécurité, de l’inspection et de la construction), leurs ventes ont grimpé de 9 % en 2011 pour atteindre 16 500 unités. Des analystes, dont le blogueur et scientifique américain Stuart Staniford, prévoient qu’il y aura plus de robots que d’humains sur la Terre au cours des années 2030.

Ils sont donc plus nombreux, mais aussi plus efficaces et «intelligents». Plusieurs scientifiques estiment que la robotique suit une courbe identique à celle empruntée par Internet au cours des 20 dernières années. Ça promet… Et ça inquiète.

Un sondage mené à l’automne 2012 révélait que 74 % des Français jugent que les robots volent des jobs. Pour sa part, le futurologue américain Thomas Frey, un brin alarmiste peut-être, affirme que deux milliards d’emplois disparaîtront d’ici une quinzaine d’années, alors que la population continuera de croître. Cela représente à peu près la moitié des emplois actuels.

Pour les auteurs du fameux livre électronique Race Against the Machine (MIT Press, 2011), les travailleurs sont déjà entrés dans une course contre les technologies. Fait nouveau : elle s’opère dans toutes les sphères de l’emploi.

Le mal nouveau

Il faut dire que cela fait des décennies que les travailleurs ont peur de se faire évincer par les «machines».

Au début du 19e siècle, des salariés du textile anglais ont brisé les premiers métiers à tisser mécaniques pour protester contre le fait qu’ils remplaçaient des ouvriers qualifiés. Puis, dans les années 1930, l’économiste John Maynard Keynes annonçait l’apparition d’un «mal nouveau» : le «chômage technologique». Bien sûr, l’informatique a fait disparaître des métiers comme celui de typographe, mais d’autres sont apparus, dont celui d’infographiste.

En visitant Cercueils Concept, j’ai, d’ailleurs, l’impression que les humains ont encore leur place. On y trouve aujourd’hui le même nombre d’employés qu’avant l’implantation des machines intelligentes, au cours des années 2000.

Grâce au robot manutentionnaire, l’entreprise familiale a plutôt simplifié la vie de ses employés, en plus d’éliminer les erreurs de livraison et les bris dus à la manipulation. «Avant, on gardait les cercueils debout, en rangées de 10, raconte le vice-président, Ventes et marketing, Jean-François Houde. Évidemment, selon la loi de Murphy, le cercueil dont on avait besoin était toujours le plus loin derrière!»

Le robot-manutentionnaire de Cercueils Concept sait où trouver chacun des coffres de bois entreposés dans l’usine.
Photo : Cercueils Concept

Quant aux robots-menuisiers et aux robots-peintres, ils ont libéré les employés de tâches monotones. Les travailleurs peuvent maintenant se consacrer à la finition ou aux tâches qui «demandent du jugement», comme l’explique le patron, visiblement fier de montrer son «terrain de jeu». Par exemple, il faut toujours des employés pour vérifier le travail du robot-peintre et faire les retouches, au besoin.

Si l’expérience de Cercueils Concept est rassurante, des histoires d’horreur laissent envisager le pire. En 2011, la compagnie taïwanaise Foxconn Technology, qui fabrique les téléphones intelligents iPhone, a annoncé son intention de remplacer son million d’employés par autant de robots en trois ans. «Puisque les humains sont aussi des animaux, gérer un million d’animaux me donne le mal de tête», a lancé dans toute sa poésie le président-directeur général Terry Gou pour expliquer sa décision. Ouch!

À la base, les technologies devaient remplacer les travailleurs dont les tâches répondaient à la règle des trois «d» – dull, dangerous and dirty (ennuyant, dangereux et sale) – principalement dans le secteur manufacturier.

Mais on retrouve désormais des «machines» capables d’accomplir des tâches qui demandent un niveau surprenant de discernement. Dans le domaine du droit, l’entreprise américaine BlackStone Discovery emploie un logiciel pour analyser en un rien de temps des millions de documents juridiques pour une fraction de ce que facturerait une bande d’avocats aux honoraires imposants. Les soins aux personnes malades, âgées ou handicapées pourraient un jour être prodigués par des robots actuellement en développement aux États-Unis et au Japon, notamment. Des corps policiers, dont la GRC et la Police provinciale de l’Ontario, utilisent des drones (petits avions sans pilote) pour faire de la surveillance. Google est même en train de mettre au point une voiture sans conducteur! Les camionneurs et les chauffeurs de taxi n’ont qu’à bien se tenir.

Et mon emploi n’est pas à l’abri non plus : le réputé magazine américain Forbes utilise un programme d’intelligence artificielle pour transformer des données brutes en texte de nouvelles financières, sous le nom de plume de Narrative Science. Voici un exemple de phrase ainsi générée, en octobre dernier, à partir de données concernant MasterCard : «La compagnie a été profitable ces 8 derniers trimestres, mais les revenus ont chuté au cours des 4 derniers d’en moyenne 5,1 % par rapport à l’an dernier.» On n’y voit que du feu, non?

«Je crois qu’on est au cœur d’un spectaculaire transfert d’un certain type d’activités humaines vers les machines, estime George A. Bekey, coauteur de Robot Ethics: The Ethical and Social Implications of Robotics (MIT Press, 2012), joint par téléphone à sa demeure d’Arroyo Grande, en Californie. Si on fait ça intelligemment, tout le monde va en profiter.»

Il dit bien «si».

La course aux compétences

Selon une étude commandée par la Fédération internationale de la robotique, l’industrie du robot générera un million d’emplois d’ici 2016, que ce soit en conception, en entretien ou en administration. C’est sans compter les jobs qu’il est impossible d’imaginer pour l’instant.

On peut, toutefois, les anticiper si on trace un parallèle avec le domaine des applications pour les téléphones intelligents et les tablettes électroniques. Il faut des programmeurs et des graphistes pour que ces nouvelles technologies fonctionnent et soient attrayantes. «Il y a 10 ans, ces jobs-là n’existaient pas!», illustre Luc Vanden-Abeele, spécialiste de l’automatisation au Centre de recherche industrielle du Québec.

Mais ces nouveaux emplois nécessiteront des compétences particulières, et donc une formation adéquate. Pour que «tous en profitent», comme le dit George A. Bekey, il faudra mettre la main-d’œuvre à niveau.

Autrement, des travailleurs seront perdants au cours des prochaines décennies. «C’est certain que pour le gars qui aura décroché en secondaire 3, ça va être pénible de se trouver un emploi», dit Luc Vanden-Abeele. En effet, dans un monde où une bonne partie de la main-d’œuvre aura une puce électronique à la place du cœur, il faudra faire valoir plus que ses bras pour obtenir un emploi. Un enjeu important pour le Québec, où un peu plus du quart de la population de 25 à 54 ans avait un secondaire 5 ou moins en 2011, selon une compilation du Cirano.

Seul dans un coin de l’atelier de Cercueils Concept, le robot-ébéniste travaille sans relâche.
Photo : Cercueils Concept

Fabian Lange, un professeur nouvellement arrivé à l’Université McGill, se spécialise en économie du travail. Selon lui, nous devons agir dès maintenant. «En tant qu’individu, il faut se préparer pour le marché de l’emploi de demain! Et, en tant que société, il va falloir réformer l’école pour qu’elle enseigne les compétences qui ne pourront pas être remplacées par les technologies.» Il pense ici aux compétences non techniques reliées à l’intelligence émotionnelle, comme la flexibilité, la bonne communication et la créativité.

Selon ses prévisions, au cours des prochaines décennies, il y aura non seulement une hausse des emplois qualifiés, qui nécessitent un diplôme technique ou universitaire, mais aussi des emplois dans le secteur des services, où l’aspect relationnel est important. «On voit déjà une hausse des emplois de vendeurs, de serveurs et d’infirmières», donne en exemple le professeur originaire d’Allemagne, un pays fortement robotisé.

Cette mise à niveau de la main-d’œuvre doit être une priorité nationale, acquiesce George A. Bekey, «comme on l’a fait aux États-Unis après Spoutnik». En 1958, un an après le lancement du premier satellite terrestre par les Soviétiques, le gouvernement Eisenhower injectait un milliard en éducation pour que les Américains puissent battre leurs rivaux dans la conquête spatiale. «Il faut déplacer les gens des postes non qualifiés vers des jobs qualifiés, poursuit-il. J’inclus là-dedans les travailleurs déjà existants. Mais c’est un mouvement qui va nécessiter des investissements des gouvernements.»

De retour à la source

Chez General Electric (GE) Aviation, à Bromont, les employés sont loin de s’inquiéter pour leur boulot, et ce, même s’ils côtoient les robots depuis la fin des années 1990. L’usine de fabrication de pièces de moteurs d’avion en compte maintenant une centaine.

«Au contraire, ça nous permet d’aller chercher des pièces», raconte Benoît Fontaine, un opérateur de la forge. Dans le jargon de l’industrie, «aller chercher des pièces» signifie obtenir des contrats auparavant inaccessibles, par exemple, la fabrication d’une petite pièce de turbine basse pression, destinée aux moteurs CF34-3 de GE Aviation.

Auparavant, cette pièce était achetée par GE à un fournisseur capable de la produire à moindre coût au Mexique, grâce à des travailleurs manuels à faible salaire, raconte le directeur des opérations du centre de robotique de l’usine, Alain Ouellette. En 2009, l’usine de Bromont s’est mise au défi d’arriver à battre le coût de production des Mexicains. «On a sollicité la créativité de nos opérateurs et de nos ingénieurs.»

L’usine a gagné son pari : depuis 2010, le produit y est fabriqué… grâce à des robots. Devant moi, de petits spécimens arrondissent les arêtes d’une pièce, tandis qu’un opérateur se charge de leur fournir le matériau et de récupérer les pièces terminées.

«C’est sûr qu’on n’emploie pas autant de gens que si c’était fait dans ces pays-là [où les salaires sont peu élevés], mais on crée et conserve des emplois ici, dit Alain Ouellette. Pour nous, c’est important.» Au cours des 2 dernières années, le nombre d’employés est passé de 545 à 700 dans cette immense usine installée aux pieds des montagnes.

L’automatisation permettra-t-elle de ramener en Occident des milliers d’emplois délocalisés du secteur manufacturier? Les créateurs de Baxter, le robot humanoïde, jouent cette carte pour convaincre les acheteurs.

La société néerlandaise Philips Electronics doit certainement y réfléchir. Dans son usine de Drachten, aux Pays-Bas, 128 robots assemblent des rasoirs avec l’équivalent du dixième des employés d’une usine sœur en Chine, où le travail est manuel…

Ce n’est certainement pas une bonne nouvelle pour les milliers d’employés qui bossent dans le secteur manufacturier dans les pays émergents… Surtout qu’à terme, ces derniers pourraient aussi se doter de robots. Selon la Fédération internationale de la robotique, la Chine pourrait devenir le plus important acheteur de robots industriels au monde dès 2014, avec une demande estimée à 32 000 unités pour cette année-là.

Longueur d’avance

Autre raison d’être optimiste, l’humain a encore toute une longueur d’avance sur le robot : son jugement, son éthique et, surtout, ses sens. «Un humain est une magnifique machine qui a des yeux pour corriger la position de sa main en fonction de ce qu’il voit, en plus d’avoir des millions de sensors (capteurs) au bout de chaque doigt», explique Marc Ducharme, d’Axium Solutions. Les robots n’en sont pas encore là : pour l’instant, un capteur de robot industriel est gros comme un doigt.

D’où l’idée de combiner les forces de l’homme à celles du robot… en attendant de nouvelles percées de la recherche.

Des usines complètement automatisées avec juste un bonhomme dans sa tour de contrôle, je ne vois pas comment ça s’organiserait.
— Simon Prévost, président, Manufacturiers et exportateurs du Québec

Ces percées viendront peut-être du sous-sol du pavillon Adrien-Pouliot de l’Université Laval. Tout au fond d’un dédale de couloirs de béton, dans un petit laboratoire, se trouvent d’étranges machines. Grâce à l’une d’elles, le directeur du laboratoire de robotique de l’Université Laval, Clément Gosselin, me montre comment il peut soulever une charge de 200 kilos avec seulement 2 doigts. Il s’agit d’un robot qui détecte dans quelle direction son «partenaire de travail» veut aller grâce à un algorithme qui interprète la pression des doigts.

Le professeur travaille sur la collaboration entre humains et robots, sujet de l’heure en robotique. Il cherche comment jumeler les qualités de chacun. «La faiblesse des robots, c’est l’adaptabilité. Par exemple, il n’y a plus personne qui soude des carrosseries de voiture dans les usines d’assemblage. Ce travail est maintenant exécuté par des robots programmés pour souder les différents modèles. Mais ce sont encore des humains qui installent les sièges dans les voitures.» Cette tâche demande, en effet, d’adapter ses mouvements pour arriver à bien positionner le siège dans l’espace. Et les humains, avec leurs sens, sont des pros en la matière.

Les robots, de leur côté, sont puissants. Mais cette qualité a son revers : dans les usines, il faut les enfermer dans des sections de travail cloisonnées, puisqu’ils peuvent blesser les travailleurs qui se trouvent sur leur chemin. Clément Gosselin s’attaque aussi à cet enjeu : le robot qui lui permet de soulever 200 kilos avec 2 doigts est moins puissant qu’un séchoir à cheveux, mais il est relié à un système de contrepoids, qui s’apparente à celui des appareils de musculation d’un gym. C’est ce qui lui permet de lever des charges importantes sans poser de risque pour les travailleurs.

La coopération humain-robot est-elle une étape à franchir avant de pouvoir tout faire faire au robot dans une usine? «Oui», répond Clément Gosselin…, mais pas avant de très nombreuses années.

Une lubie?

Le président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Simon Prévost, sourit devant ces prospectives sur l’emploi et la technologie. «Quand j’étais petit, j’écoutais l’émission Cosmos 1999 et je pensais qu’en 2000, les autos allaient voler et qu’on porterait des combinaisons, raconte-t-il. On a tendance à imaginer le futur sans grand succès.»

À court et à moyen termes, les employeurs d’ici sont plutôt préoccupés par le manque de main-d’œuvre. «Les projections démographiques nous démontrent qu‘il y aura de moins en moins de gens dans la population active… à moins d’un renversement extraordinaire», assure le président. Les robots pourraient peut-être nous aider à passer à travers cette crise de la main-d’œuvre.

C’est le pari que fait le Japon, un leader en matière de robotique. Le vieillissement de la population y est criant et l’immigration, très faible.

Simon Prévost est persuadé que le marché du travail saura s’adapter aux changements démographiques et technologiques. «C’est sûr que la production demande moins de main-d’œuvre qu’il y a 100 ans, mais je pense qu’il y a une limite à ça. Des usines complètement automatisées avec juste un bonhomme dans sa tour de contrôle, je ne vois pas comment ça s’organiserait. Il n’y a pas de machine infaillible. Alors, il faut des gens autour. Et, on a beau avoir les meilleurs systèmes, si l’humain n’est pas au cœur des préoccupations de l’entreprise, ça ne peut pas marcher.»

De quoi aura vraiment l’air le marché du travail en 2043? On donne deux morceaux de robot à celui qui peut réellement le prédire…

De la fiction au bureau

Le concept de robot ou d’automate remonte à l’époque médiévale. Pour épater la galerie, on fabriquait alors des figurines munies d’un mécanisme interne qui leur permettait de bouger.

Il a fallu attendre les années 1920 pour que le concept acquière son nom actuel. En effet, l’écrivain tchèque Karel Čapek a alors utilisé le mot «robot», dérivé du radical tchèque robota, qui signifie «travail forcé», dans sa pièce de théâtre Rossum’s Universal Robots.

Le premier robot industriel de l’Histoire est Unimate; il a été introduit dans la chaîne de montage d’une usine de General Motors, au New Jersey, en 1961. Ce bras rectangulaire mobile déchargeait une machine de moulage sous pression. Cette partie du travail était considérée comme dangereuse pour les employés.

Aujourd’hui, la Fédération internationale de la robotique estime qu’il y a de 1,2 à 1,4 million de robots industriels en activité dans le monde. Et c’est sans compter les robots de service et les automates récréatifs.


Quelques automates au boulot

  • ASIMO, un humanoïde développé par Honda, pourrait, lorsqu’il sera commercialisé, aider les personnes âgées, handicapées ou malades. Son nom fait référence à un maître de la science-fiction, l’écrivain Isaac Asimov.
  • Baxter, un robot humanoïde ayant un écran en guise de tête, exécute les tâches simples qu’on lui apprend. Il peut détecter la présence d’une personne autour de lui pour ensuite la saluer.
  • Da Vinci et ROSA sont deux robots qui aident les chirurgiens à opérer. Ils ne sont, toutefois, pas autonomes : ce sont les médecins qui doivent commander leurs mouvements.
  • Guardian, Terra Maxa et Thermite forment une équipe de pompiers-robots mis en vente par la compagnie américaine Howe and Howe Technologies. Le premier est un bras qui déplace les débris; le second est une charrue qui dégage le chemin vers le site à arroser et le troisième projette 2 270 litres d’eau à la minute.
  • Nimbus MkIII est un robot-artiste. Mis au point l’an dernier par un étudiant du Royal College of Art, Neil Usher, ce robot balaye les nuages à la recherche d’une forme ressemblant à un visage et il la photographie.
  • NAO, du haut de ses 60 centimètres, tient compagnie à des personnes en perte d’autonomie ou à des enfants autistes ou hospitalisés. Commercialisé depuis 2008 par la société française Aldebaran, ce robot a été vendu partout dans le monde; 2 600 exemplaires ont été écoulés jusqu’à aujourd’hui.
  • Predator est un drone utilisé principalement par l’armée de l’air américaine depuis 1995. Il peut faire de la surveillance, et même lancer des missiles.
  • VIN, un robot qui a des sécateurs à la place des mains, taille la vigne sans rechigner, alors qu’il est difficile de trouver une main-d’œuvre pour le faire en France. Ses concepteurs tentent de le vendre aux vignerons.



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Dans ce dossier

• Le robot au scalpel
• Sommes-nous prêts pour les robots?
• Introduire les robots au travail

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