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Réforme de l’assurance-emploi : Les dessous de la contestation

Depuis son entrée en vigueur en janvier 2013, la réforme de l’assurance-emploi est critiquée. Les travailleurs saisonniers et contractuels contestent notamment l’impact des changements sur leur salaire et leur accessibilité au régime.

Les travailleurs des pêcheries, de l’agriculture, de la foresterie, du tourisme, du transport scolaire, des services de garde en milieu scolaire et de la construction occupent souvent des emplois saisonniers ou contractuels. Suivant les nouveaux critères de la réforme, ils s’inscrivent dans la catégorie des prestataires fréquents. Ainsi classés, ces prestataires devront, dès le dépôt de leur demande, commencer à chercher un emploi semblable au précédent et dont la rémunération atteint au moins 80 % de celle qu’ils obtenaient alors.

«De cette façon, peu importe leur formation, leurs années d’expérience et leur expertise, ils doivent accepter les emplois disponibles. Cette réforme va à l’encontre du discours sur l’importance de la formation et de l’expertise des travailleurs», déplore Marie-Hélène Arruda, coordonnatrice du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi.

Des salaires à rabais
«Personne n’est contre le fait de gagner 70 ou 80 % de son salaire horaire de référence plutôt que les 55 % prévus par les prestations à court terme, estime Me Hans Marotte, responsable des services juridiques à l’organisme Mouvement Action-Chômage de Montréal. Mais l’impact va se faire sentir à moyen terme. Par exemple, lors de la prochaine demande de prestation, le nouveau salaire de référence sera moins élevé que le précédent, peu importe la catégorie de prestataires. Le prestataire aura à chercher un emploi encore moins payant dans n’importe quel domaine en plus de risquer de perdre son expertise.»

Mobilisation
Les milieux syndicaux, communautaires et de défense des droits des chômeurs de même que cinq gouvernements provinciaux – Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve -et-Labrador – veulent que le gouvernement Harper fasse marche arrière et prenne en compte les réalités des régions où l’activité économique est structurée autour d’emplois saisonniers.
La Fédération québécoise des municipalités ainsi que de nombreux élus municipaux de l’est de la province ont aussi appelé à la suspension de l’application de la réforme de l’assurance-emploi pour les mêmes raisons. Les représentants d’industries saisonnières liées au tourisme, à la forêt, à l’agriculture et à la pêche se sont également unis pour dénoncer les changements et faire reconnaître le statut de travail saisonnier.

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