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Québec science

Bien connue pour ses atouts touristiques, la Capitale-Nationale est aussi un pôle d’attraction pour les chercheurs de la province. Les nutraceutiques, l’optique-photonique, l’infectiologie et les technologies géospatiales ne sont que quelques exemples des domaines dans lesquels planchent les scientifiques de Québec. Attention, neurones en ébullition…

Considérée par KPMG comme meilleure ville pour faire des affaires au Canada en 2008, et nommée communauté de recherche de l’année 2007 par RE$EARCH Infosource, Québec attire les centres de recherche comme un aimant.

Selon le PÔLE Québec Chaudière- Appalaches – un organisme visant à catalyser les efforts de développement économique dans cette zone –, 6 000 chercheurs sont à l’œuvre dans les 400 centres de recherche de la région. Ces chiffres sont le résultat du travail consenti par Québec au cours des dernières années pour diversifier ses activités et diminuer le poids de la fonction publique dans son économie.

Parmi les centres de recherche d’importance de la région se trouvent notamment l’Institut national d’optique (INO), Recherche et développement pour la défense Canada-Valcartier (RDDC Valcartier), le Centre de recherche de l’Hôpital Laval (cardiologie, pneumologie, obésité) et l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF). Le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et le Consortium de recherche appliquée en traitement et transformation des substances minérales (COREM) sont aussi présents sur son territoire.

«En 2007, 815 millions de dollars ont été investis dans la recherche et le développement dans la région», indique Carl Viel, président-directeur général du PÔLE Québec Chaudière-Appalaches. Et cette somme devrait augmenter rapidement si l’on se fie au fait que de nouveaux centres s’y établiront à moyen terme.

L’innovation à l’honneur

«Plusieurs secteurs de recherche sont dynamiques dans la région, comme l’optique-photonique, la défense et la sécurité, et tout ce qui touche à la santé et aux aliments», confirme Carl Viel.

Un Fonds de l’innovation de 25 millions de dollars a été constitué pour le démarrage de 12 projets qui, s’ils voient le jour, représenteront des investissements de un milliard de dollars et la création de 10 000 emplois d’ici à 2012.

Ceux-ci font d’ailleurs partie des créneaux d’excellence cités pour la Capitale- Nationale dans le cadre du projet ACCORD (Action concertée de coopé­ration régionale de développement). Cette démarche vise à mobiliser les leaders économiques afin de permettre à la région de se positionner comme chef de file dans des secteurs de recherche à fort potentiel. Un Fonds de l’innovation de 25 millions de dollars a été constitué pour le démarrage de 12 projets qui, s’ils voient le jour, représenteront des investissements de un milliard de dollars et la création de 10 000 emplois d’ici à 2012.

Parmi les projets, Martine Roy, économiste régionale d’Emploi-Québec, mentionne celui de la NeuroCité, un complexe universitaire et industriel comportant notamment un centre international de recherche sur le neurone, le cerveau et ses maladies, situé dans le secteur d’Estimauville à Québec. Le Centre d’investigation et de traitement de l’obésité à l’Hôpital Laval, le Centre multidisciplinaire de développement de génie tissulaire du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec viendront également renforcer la position de la région dans la recherche sur les sciences de la vie.

Pour sa part, le vigoureux secteur des technologies appliquées verra naître le Cercle de développement de l’optique-photonique, le Pôle d’excellence en technologies géospatiales, et plusieurs projets liés au Technopôle Défense et Sécurité, un organisme où s’activent déjà six centres de recherche.

 

Un effet boule de neige

Selon Daniel Marois, économiste régional de Service Canada, ce fameux projet ACCORD n’est pas étranger au fait que la région attire les centres de recherche. «Les intervenants veulent créer une synergie en développant des liens étroits entre les centres de recherche, les établissements d’enseignement et les entreprises privées», résume-t-il. On espère aussi que la présence marquée de centres de recherche dans la région permettra d’attirer les investissements et ainsi de créer de nouvelles entreprises et des emplois.

Alain Fecteau, président-directeur général du Technopôle Défense et Sécurité, estime que la présence de l’Université Laval joue aussi un rôle déterminant dans le développement du secteur de la recherche à Québec. «Elle est reconnue pour la qualité de ses équipes de recherche et a une excellente réputation. Elle possède d’ailleurs sept centres d’excellence dans différents domaines [en photonique et géomatique, par exemple].»

Ce que confirme Christian Goulet, président de la Chambre de commerce de Québec, en plus d’ajouter : «Les chercheurs attirent les chercheurs, il y a un phénomène d’entraînement.» Il souligne que RDDC-Valcartier a également constitué un pôle d’attraction important, une opinion partagée par André Parent, gestionnaire clients stratégiques à l’Institut national d’optique. «Il y a 30 ans, ce centre disposait déjà d’un grand nombre de chercheurs dans le domaine de la photonique. Avec l’Université Laval, ils ont permis de créer une masse critique d’expertise en photonique et laser», soutient-il.

Si la région est un terreau fertile pour les centres de recherche, c’est aussi en raison de certains avantages. «Ici, les loyers sont moins chers qu’à Montréal, les coûts de fonctionnement sont plus bas, ce qui est très attrayant. On trouve aussi un bon volume de main-d’œuvre qualifiée», estime Martine Roy. Ainsi, selon l’Institut de la statistique du Québec, plus de 16 % de la population régionale de 15 ans et plus possède un diplôme universitaire (baccalauréat et plus), ce qui la place en deuxième position après Montréal (21,6 %). Christian Goulet prêche également pour sa paroisse en disant que Québec est une fort belle ville, où les chercheurs sont bien accueillis et bénéficient d’une bonne qualité de vie.

«Ici, les loyers sont moins chers qu’à Montréal, les coûts de fonctionnement sont plus bas, ce qui est très attrayant. On trouve aussi un bon volume de main-d’œuvre qualifiée.»
— Martine Roy, économiste régionale d’Emploi-Québec

Le défi du recrutement

Mais une telle concentration d’expertise pose aussi un défi particulier : celui du recrutement de la main-d’œuvre. Comme la croissance est au rendez-vous, le secteur doit sans cesse dénicher chercheurs et techniciens spécialisés. «Avec une croissance annuelle de l’emploi de 5 %, le secteur de la défense et de la sécurité a besoin de travailleurs spécialisés, mais ils ne sont pas faciles à trouver», indique Alain Fecteau.

«Les chercheurs ont des occasions d’emploi partout dans le monde, précise Carl Viel. Pour les attirer, nous effectuons des démarches de recrutement sur les plans national et international. Par exemple, l’an dernier, en collaboration avec le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, nous avons mené l’activité Voilà Québec pour faire connaître la région aux États-Unis et éventuellement recruter des chercheurs américains.»

«À la Chambre de commerce, nous travaillons de concert avec l’INO et le PÔLE Québec Chaudière-Appalaches pour diffuser l’information sur les besoins de main-d’œuvre. Le problème est que les demandes des centres de recherche sont tellement pointues qu’il est parfois difficile de dénicher les chercheurs voulus», relève pour sa part Christian Goulet. Dans la Capitale-Nationale, les projets de recherche commencent donc par les démarches pour trouver le bon candidat avec le bon CV pour le bon poste…

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