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Québec dévoile sa politique industrielle : 1 milliard $ d’aide

Source : Agence QMI – Le gouvernement Marois a annoncé jeudi qu’il investira plus d’un milliard $ dans l’industrie manufacturière avec pour objectif, à terme, de créer quelque 25 000 nouveaux emplois.

Après des mois d’attente, la ministre Élaine Zakaïb a dévoilé les principales orientations de sa politique industrielle. Québec espère que sa stratégie permettra de mettre fin au déclin du secteur manufacturier.

La Politique industrielle québécoise 2013-2017 s’articulera autour de trois axes d’intervention, soit la modernisation et l’amélioration du bilan environnemental des entreprises manufacturières, l’émergence des «nouveaux fleurons» et l’appui à l’innovation.

Sur le milliard $ d’investissements annoncé jeudi, une somme de 461 millions $ servira à aider les entreprises à augmenter leur productivité et à devenir plus vertes. Une partie de ce montant proviendra de crédits d’impôt offerts aux PME manufacturières pour accélérer la mécanisation, l’automatisation et la robotisation de leurs procédés de fabrication.

«Il faut qu’on soit intrinsèquement productifs et que nos produits soient compétitifs sur la scène internationale, a indiqué Mme Zakaïb. Pendant trop longtemps, les entreprises québécoises se sont fiées à la faiblesse du dollar pour accroître leurs exportations. C’était facile, le dollar était plus faible.»

Parmi les mesures annoncées, le ministère des Ressources naturelles mettra en place un nouveau programme, ÉcoPerformance, afin d’aider les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Un autre montant de 254 millions $ servira à aider les petites entreprises porteuses d’avenir afin qu’elles deviennent «les fleurons de demain». Québec accompagnera 300 «gazelles» particulièrement prometteuses dans l’espoir qu’une vingtaine d’entre elles accèdent au rang de moyenne entreprise.

«Une moyenne entreprise, ça a une certaine masse critique. On va prendre des petites entreprises, qui ont des chiffres d’affaires de quelques millions de dollars, et les amener jusqu’à une masse critique de 100 ou 200 millions $, ce qui représente une grosse côte à remonter», a expliqué Élaine Zakaïb.

Une dernière tranche de 328 millions $ ira au volet «innovation» de la politique industrielle. Le gouvernement entend aider les PME à commercialiser leurs technologies et leurs produits novateurs en créant des partenariats entre l’État, les entreprises, les universités et les autres organismes publics de recherche.

Les sommes annoncées jeudi s’additionnent au montant de 1,049 milliard $ qui avait déjà prévu pour la période 2013-2017. Au total, c’est donc plus de deux milliards $ que le gouvernement prévoit injecter dans le secteur manufacturier d’ici 2017.

Déception chez l’opposition

Les partis d’opposition n’ont pas tardé à réagir à l’annonce du gouvernement. Le porte-parole des libéraux en matière de développement économique, Sam Hamad, s’est demandé où le gouvernement allait trouver l’argent pour financer sa politique.

«Ils ont déjà un trou de 2 milliards $ au niveau des revenus pour les premiers trois mois de l’année, puis là on vient d’ajouter un autre deux milliards $, a déploré le député de Louis-Hébert. On va le prendre où ce deux milliards-là ? Dans les poches des contribuables, c’est carrément un programme électoral qu’on a présenté aujourd’hui.»

De son côté, la Coalition Avenir Québec s’est dite «extrêmement déçue» par le projet de politique industrielle du gouvernement Marois, qu’elle juge trop interventionniste.

«La ministre veut accompagner 300 nouvelles entreprises pour les materner (alors) que ce n’est pas le rôle du gouvernement, a fait valoir le porte-parole de la CAQ en matière d’économie, Stéphane Le Bouyonnec. Ce n’est pas le rôle du gouvernement de choisir les gagnants et les perdants, et de toute façon, elle ne trouvera pas 300 gazelles, parce que les gazelles sont étouffées.»

Le député de La Prairie a indiqué que le monde des affaires s’attendait plutôt à ce que le gouvernement crée un environnement d’affaires permettant de redonner confiance aux investisseurs. Selon la CAQ, cela passe notamment par une réforme des crédits d’impôt, de la réglementation et de la formation de la main-d’œuvre.

    Les trois axes d’intervention de la Politique industrielle du Québec 2013-2017

  • Des entreprises vertes et modernes : 461,1 millions $
  • L’émergence de nouveaux fleurons : 254,4 millions $
  • L’innovation : 327,9 millions $

 

    Importance du secteur manufacturier dans l’économie du Québec (2012)

  • 88 % des exportations québécoises (55,8 milliards $)
  • 14,1 % de l’activité économique, telle que mesurée par le PIB (42,9 milliards $)
  • Plus de 50 % des dépenses totales de recherche et développement des entreprises (2,5 milliards $)
  • 12,5 % des emplois au Québec (498 900)
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