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Québec, capitale de l’assurance

Ville de Québec

Impossible de poser le pied dans la capitale nationale sans remarquer l’omniprésence des assureurs. Les sièges sociaux de 11 compagnies d’assurance sont établis à Québec et Lévis, dont 4 des plus importantes au pays.

Selon le Centre de développement en assurances et services financiers, ces 11 géants du secteur font vivre 9 100 per- sonnes, soit 6 travailleurs de l’assurance sur 10, au Québec. Et ce nombre ne cesse d’augmenter. De 2000 à 2008, par exemple, ces compagnies ont grossi leur effectif de plus de 63 %. Dans ce contexte, pas surprenant que l’on surnomme Québec la «capitale de l’assurance».

Pourquoi une telle concentration?

«Plusieurs compagnies ont pris naissance dans la région, explique Sylvie Paquette, présidente et chef de l’exploitation au Groupe Desjardins, assurances générales. Par exemple, Alphonse Desjardins, le fondateur de la première coopérative d’épargne et de crédit, à l’origine du vaste mouvement du même nom, est né à Lévis. Et la compagnie d’assurance La Capitale a été fondée pour servir les nombreux employés de la fonction publique, présents à Québec.»

«Les assureurs ont bâti sur du solide, en misant sur des clientèles ciblées et très fidèles, poursuit Gilles Juneau, directeur général du Centre de développement en assurances et services financiers. Puis ils ont constamment renforcé leurs assises. Dans le jeu des fusions et des acquisitions, les compagnies de la région ont eu le dessus. Très souvent, les sièges sociaux sont demeurés à Québec.»

Déjà en 2000, Desjardins Sécurité financière (anciennement Assurance-vie Desjardins) avait fusionné ou acquis plus d’une vingtaine de portefeuilles et de sociétés d’assurance, toujours en préservant le nom de son fondateur et son emplacement à Lévis. Des compagnies d’assurance de personnes comme La Prospérité, La Sauvegarde, Les Coopérants, La Laurentienne vie et L’Impériale, notamment, ont toutes été englouties par Desjardins.

Attirer les jeunes

Cette forte concentration de sièges sociaux crée forcément d’importants besoins en main-d’œuvre. La région peut compter sur trois cégeps pour former la relève en conseil en assurances et en services financiers. L’Université Laval possède une école d’actuariat et offre plusieurs disciplines en administration des affaires.

L’offre de formation existe. «Le défi consiste à garnir les places disponibles au collégial, croit Gilles Juneau. L’assurance n’est pas un domaine sexy. Il faut dépoussiérer son image auprès des jeunes.» Des activités sont d’ailleurs organisées dans les écoles secondaires pour faire connaître les professions du domaine.

Sylvie Paquette note de son côté que le bassin d’actuaires et de diplômés universitaires en administration est plus limité à Québec qu’à Montréal. De plus, les assureurs sont en compétition avec les autres employeurs comme les banques, les firmes de courtage, mais aussi les secteurs public et parapublic qui offrent nombre d’emplois gouvernementaux à Québec.

Les diplômés en technologies de l’information sont également recherchés par les assureurs. Malheureusement, ils sont davantage attirés par l’industrie des jeux vidéo, aussi très dynamique dans la capitale nationale… Pas facile d’être numéro un!

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