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Peu de cours gratuits en ligne au Québec

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Hormis HEC Montréal, les universités québécoises francophones tardent à tenter l’aventure des CLOM.

Au Québec, la TÉLUQ offre des cours à distance depuis 1972. Elle propose aujourd’hui 375 cours en ligne, mais aucun CLOM, ces cours gratuits accessibles à tous. «Ça fait partie de nos discussions stratégiques actuelles, mais c’est tout ce que l’on peut dire pour l’instant», déclare Denis Gilbert, responsable des communications de l’établissement.

«C’est désolant, rétorque Thierry Karsenti, professeur à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les TIC en éducation. Les contribuables paient pour avoir un établissement spécialisé dans l’éducation à distance et celui-ci ne s’est même pas encore positionné dans le mouvement qui est en train de transformer l’enseignement par Internet.»

L’expérience de Stanford en 2011 m’a fort impressionné et je me suis dit qu’on ne pouvait pas manquer le bateau.
– Jean Talbot, HEC Montréal

C’est plutôt HEC Montréal qui, à l’automne 2012, a été la première université francophone à offrir des CLOM. «L’expérience de Stanford en 2011 m’a fort impressionné et je me suis dit qu’on ne pouvait pas manquer le bateau. J’ai convaincu la direction», raconte Jean Talbot, professeur au Service de l’enseignement des technologies de l’information.

Pendant l’année 2012-2013, trois cours (Introduction au marketing, Comprendre les états financiers et Problèmes et politiques économiques) ont attiré en moyenne 5 000 étudiants chacun. Les trois quarts étaient au Québec; les autres se trouvaient autant en France qu’au Maghreb ou en Haïti. «Après Montréal, Port-au-Prince était la deuxième ville en importance pour les inscriptions», précise Jean Talbot. Cette année, trois CLOM sont au programme de HEC Montréal (Gestion des conflits, Esprit entrepreneurial et une reprise d’Introduction au marketing).

HEC Montréal a choisi de monter sa propre plateforme, EDUlib, plutôt que de s’associer à Coursera ou edX. Il est vrai que 5 000 étudiants en ligne sont plus faciles à gérer que les dizaines, voire les centaines de milliers que peuvent attirer les universités anglo-saxonnes.

L’Université Laval devrait emboîter le pas à l’automne 2014, avec un premier CLOM sur le développement durable. «Ça ne demandera pas autant de travail aux élèves qu’un cours crédité, annonce Éric Martel, du Bureau de la formation à distance. Nous voulons nous servir de cette vitrine pour faire connaître nos principaux axes de recherche, et éventuellement attirer de nouveaux étudiants ou partenaires.»

Les universités francophones d’Amérique auront de la concurrence. Déjà, l’an dernier, quelques universités françaises avaient pénétré l’univers des CLOM. HEC Paris et l’École Polytechnique offrent des cours sur Coursera. Et voici qu’en octobre 2013, le ministère de l’Éducation de la France a annoncé la création de FUN pour «France Université Numérique» : des développeurs ont été chargés d’adapter la plateforme edX à la sauce française et les universités de l’Hexagone seront invitées à y verser du contenu pédagogique. Les premiers CLOM FUN seront offerts en janvier 2014.

Fantasme de carré rouge?

On peut supposer que la tendance des CLOM prendra de l’ampleur à mesure que les étudiants nés à l’époque du numérique voudront suivre des cours en ligne plutôt qu’en classe. Les universités, en plus de vouloir plaire à leur effectif étudiant, réduiront ainsi leurs coûts d’exploitation.

De là à la gratuité, il y a un pas énorme. Les très rares universités qui commencent à octroyer des crédits pour des CLOM les facturent. Cela dit, si la pratique se répand dans l’avenir, ces crédits pourraient coûter beaucoup moins cher que les crédits traditionnels.

Pour le moment, le projet le plus ambitieux à cet effet est celui de la très réputée Georgia Tech, une université spécialisée en ingénierie. Il s’agit d’une maîtrise en informatique qui coûtera 7 000 $ plutôt que 40 000 $ en classe. Le programme sera testé sur un petit groupe en janvier 2014 et, si tout va bien, il sera offert à tous à la session d’automne 2014.

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