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Peintre de mannequins

Peintre de mannequins

Deborah Ruff, maquilleuse de mannequins de vitrines

Deborah Ruff, maquilleuse de mannequins de vitrines
Photo : Maude Chauvin

L’artiste Deborah Ruff donne vie à des mannequins de vitrines qui se baladent ensuite à Cuba, aux États-Unis et au Moyen-Orient!

Quand j’étais petite, je voyais des mannequins épouvantables et je me disais : plus tard, je vais les transformer!

Je les peins maintenant depuis 35 ans. J’ai dû me former moi-même : il n’existe pas de formation pour ce métier.

Mon travail consiste autant à donner une personnalité, un style à un mannequin neuf qu’à rafraîchir de vieux mannequins abîmés. Comme ils coûtent cher, ils sont souvent réparés.

Je peins en général sur fibre de verre, mais parfois sur du plâtre, du bois, du plastique. J’utilise de la peinture à l’huile, des pinceaux pour l’acrylique et des éponges pour estomper. Le maquillage est long à sécher – de quatre à sept jours – et on doit parfois appliquer deux ou trois couches.

Ma clientèle est composée de distributeurs de mannequins, de boutiques de mode, de salons professionnels, d’agences publicitaires ou cinématographiques. On me fournit parfois un concept de départ ou une indication précise de l’image à donner : dramatique, funky, fantaisiste…

Personne ne fabrique de mannequins au Canada : ils sont tous importés de Chine, des États-Unis ou d’Italie. Certains peuvent coûter entre 2 500 et 3 000 $ l’unité!

L’image de la femme a changé au fil du temps; les courbes des mannequins aussi. La forme passive et idéalisée du mannequin des années 50, avec sa petite taille, ses hanches larges et ses seins ronds et peu réalistes a été remplacée par celle, plus filiforme, d’une femme forte, dans l’action.

Certains mannequins sont des œuvres d’art. Ils ne sont pas signés, mais des gens reconnaissent mon style. J’ai peint plusieurs milliers de modèles; il y en a à Cuba, aux États-Unis, au Moyen-Orient.

On me demande surtout de peindre le visage, mais parfois des cheveux, une barbe, les ongles, les seins. Au temps de la mode des torses velus, dans les années 70, j’ai déjà dû ajouter des poils sur des modèles masculins en leur collant des bouts de perruque sur la poitrine!

J’ai un atelier où il y a de la place pour une vingtaine de mannequins. Je travaille assise sur une chaise, le buste en face de moi sur une autre chaise, pour pouvoir le manipuler.

Lorsqu’il y avait plusieurs mannequins dans une pièce, il m’arrivait à mes débuts d’avoir la sensation que l’un d’eux avait bougé. Et même parfois qu’ils faisaient la fête la nuit pendant que je dormais!

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