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Outaouais : vers la diversification

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La crise forestière continue d’affecter la zone rurale de l’Outaouais, mais les efforts de diversification commencent à porter fruit. Pendant ce temps, la zone urbaine s’apprête à vivre les compressions du gouvernement fédéral, son employeur numéro un, après une décennie de croissance de l’emploi.

Les perspectives

Le poids de la fonction publique a aidé la région à traverser la crise économique de 2008 sans trop de pertes. Toutefois, les choses pourraient changer. «Pendant une récession, les gouvernements stimulent l’économie et, ensuite, ils réduisent les dépenses», explique Ghislain Régis Yoka, économiste régional à Emploi-Québec. L’actuel gouvernement fédéral a d’ailleurs l’intention de revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2014, notamment par des compressions de personnel.

Cette perspective soulève une certaine inquiétude, mais elle est tempérée par l’expérience. «La dernière fois qu’il y a eu des coupes, en 1996-1997, nous avions récupéré les emplois perdus après quatre ou cinq ans et la taille de la fonction publique avait même augmenté», indique Jean Lepage, directeur du service aux entreprises au CLD Gatineau. En outre, les nombreux départs à la retraite pourraient faire contrepoids, selon Marc Boily, directeur du bureau d’affaires Outaouais de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Enfin, le secteur privé est susceptible de tirer profit de la situation. «Le gouvernement va continuer à se tourner vers la sous-traitance. On devrait voir une hausse des commandes dans le privé», ajoute Jean Lepage. On pourra, par exemple, faire appel à des firmes externes pour s’occuper des relations publiques.

Des bonnes nouvelles

«Les parcs industriels de Gatineau étaient pratiquement vides il y a cinq ou six ans. Ils sont presque pleins aujourd’hui», se réjouit Jean Lepage. Par ailleurs, la voie rapide entre l’Outaouais et les Laurentides, un rêve caressé depuis plusieurs décennies par les intervenants économiques régionaux, sera complétée à l’automne 2012. Cet énorme investissement aura un impact sur les commerces situés en bordure de la route.

De plus, grâce à la construction de trois édifices de bureaux du gouvernement fédéral à Gatineau en 2012 et 2013, près de 6 000 fonctionnaires viendront travailler dans la région. Cela profitera au commerce de détail et à la construction résidentielle, puisqu’on s’attend à ce que certains d’entre eux déménagent d’Ontario pour s’installer en Outaouais.

Une région en redéfinition

Pour sa part, la zone rurale de la région cherche à se redéfinir, après des années de crise dans l’industrie forestière. Une situation qui a particulièrement affecté l’Outaouais, car le sous-secteur du papier compte pour une part importante de l’activité manufacturière régionale. «Des efforts sont faits pour utiliser la ressource forestière autrement, indique Ghislain Régis Yoka. On cherche, par exemple, à mettre en valeur son potentiel récréotouristique, à développer la deuxième et la troisième transformation du bois et à ouvrir des nouveaux marchés pour l’exportation [de produits du bois et du papier].» De son côté, l’Institut québécois d’aménagement de la forêt feuillue, situé à Ripon, s’est associé à l’Université du Québec en Outaouais pour des projets de recherche appliquée en gestion de forêt feuillue. Un investissement de 3,1 millions de dollars permettra de faire passer le nombre de chercheurs de 15 à 30. 10/11

À Signaler

> La compagnie Trebio, qui fabrique des granules de bois destinés au chauffage domestique dans l’ancienne papetière Smurfit-Stone à Portage-du-Fort, a recruté 100 personnes. Elle devrait doubler son effectif en 2012.

> Le plan de relance de la papetière AbitibiBowater de Gatineau a été accepté par les employés; la remise en marche d’une des deux machines à papier en 2012 permettra de réembaucher 100 travailleurs et de préserver la centaine d’emplois de la scierie AbitibiBowater de Maniwaki, qui l’alimente en copeaux.

Sur le terrain

Plancher Avant-Guard emploie près d’une quarantaine de personnes à son usine de Thurso. L’entreprise, qui fabrique des planchers de bois, a consacré une bonne partie de l’année 2011 à installer et à roder de nouveaux équipements, un investissement important non seulement en dollars, mais aussi en temps de formation.

«Aucun établissement n’offre de formation pour le travail que nous faisons ici, déplore le directeur de l’usine, Pierre Leblanc. Nos employés ont tous été formés à l’interne. Mais ils doivent aussi posséder certaines connaissances de base, en mathématiques par exemple. Les travailleurs doivent comprendre ce qu’est une fraction de pouce, savoir prendre des mesures pour installer les outils sur les équipements de fabrication.»

Le recrutement se révèle difficile, car le bassin de main-d’œuvre est restreint. En effet, l’intérêt envers l’industrie du bois décline en raison de la persistance de la crise forestière. Les jeunes préfèrent donc se tourner vers des secteurs dont l’avenir semble plus assuré.

Les tendances démographiques

«Ici comme ailleurs, la population va vieillir, explique Ghislain Régis Yoka, économiste régional à Emploi-Québec. L’Institut de la statistique du Québec prévoit que la population de la région devrait augmenter de 24 % d’ici 2031.» La région attire de nouveaux habitants chaque année. En effet, l’Outaouais a enregistré un solde migratoire positif de 1 312 habitants en 2009 et 2010, et ce chiffre se maintient au-dessus de 1 000 depuis 2006.

L’Outaouais exerce aussi un attrait auprès des résidents du côté ontarien de la rivière, comme en témoigne un solde migratoire interprovincial positif de 940. «La région est attirante pour les jeunes familles d’Ottawa, notamment à cause du prix moins élevé des maisons et des politiques familiales, comme les garderies et les congés parentaux», souligne Marc Boily, directeur du bureau d’affaires Outaouais de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Recherchés

• Assistants dentaires
• Assistants en pharmacie
• Dentistes
• Éducateurs de la petite enfance
• Éducateurs spécialisés
• Hygiénistes dentaires
• Opticiens d’ordonnances
• Physiothérapeutes
• Technologues en arpentage et en techniques géodésiques
• Traducteurs

Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région de l’Outaouais, Perspectives professionnelles 2010-2014, 2011.

Immigration

«L’Outaouais attire beaucoup d’immigrants», explique Ghislain Régis Yoka, économiste régional à Emploi-Québec. En effet, le gouvernement fédéral, comme employeur, représente un attrait important pour les nouveaux arrivants. «Nous avons vu une augmentation de 32 % de la population immigrante entre les recensements de 2001 et 2006», dit-il.

Cette présence est visible et variée, note Jean Lepage, directeur du service aux entreprises au CLD Gatineau : «Il s’agit à la fois d’une immigration assez éduquée qui se trouve dans des emplois spécialisés, et de personnes issues de pays en voie de développement, qu’on voit dans le commerce de détail.»

Extrait tiré du guide Les carrières d’avenir 2012.

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