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Montérégie : un pôle logistique

Sorel-Tracy

Malgré un secteur manufacturier encore affaibli, la Montérégie renouera avec la croissance en 2012. Les services et la construction demeurent le moteur du dynamisme économique régional, tandis que le secteur aérospatial reprend son envol.

Les perspectives

D’après Emploi-Québec, il faudra pourvoir 138 000 postes en Montérégie entre 2010 et 2014, dont 45 500 nouveaux emplois.

L’aérospatiale devrait reprendre sa vitesse de croisière en 2012, selon Régis Martel, économiste à Emploi-Québec. «Nous avons eu plusieurs bonnes nouvelles en 2011», confirme Charles Lambert, directeur du bureau d’affaires Montérégie de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Ainsi, Pratt & Whitney va investir plus de un milliard de dollars dans la recherche et le développement jusqu’en 2016, notamment à Longueuil.

Quant à la société américaine Dornier, elle a investi en 2011 plus de 71 millions de dollars pour implanter une usine d’assemblage d’hydravions à Saint-Jean-sur-Richelieu. Cela permettra la création de 150 à 200 emplois d’ici 2016. «Les ingénieurs et les techniciens en génie mécanique et électrique seront très demandés», indique Charles Lambert.

De plus, grâce à sa position centrale entre Montréal, l’Ontario et les États-Unis, la Montérégie voit transiter près de 80 % de toutes les marchandises qui circulent au Québec. Avec le prolongement des autoroutes 30 et 35, travaux qui seront achevés en 2013, la région se positionne comme un pôle logistique, c’est-à-dire une référence provinciale en matière de transports, de logistique et de technologies reliées.

«Le Port de Montréal a annoncé qu’il allait doubler sa capacité d’accueil de conteneurs d’ici 2016. Cela aura aussi un impact chez nous, car près de un million de conteneurs seront pris en charge par le port de Contrecœur», se réjouit Stéphanie Jetté, économiste et conseillère en développement à la Conférence régionale des élus de la Montérégie Est.

Selon elle, cela devrait attirer des compagnies de transport et logistique, mais aussi des entreprises manufacturières, et créer des emplois.

De gros défis pour le manufacturier

Le secteur manufacturier – meuble, textile, caoutchouc – doit faire face à la concurrence des pays asiatiques alors que son principal client, le marché américain, subit toujours un fort ralentissement. Or, les entreprises de ce secteur auront grand besoin d’ingénieurs industriels pour améliorer leur productivité, d’après Charles Lambert.

C’est exactement ce qu’a fait le groupe Cascades Tissu, situé à Candiac. L’entreprise a investi 30 millions de dollars en 2011 pour se moderniser et consolider près de 200 emplois.

Le secteur est confronté à un autre défi, selon Régis Martel : la désaffection des jeunes vis-à-vis du travail manuel crée des difficultés de recrutement pour les entreprises manufacturières, notamment pour dénicher des machinistes et des opérateurs de machines. Malheureusement, ce manque de main-d’œuvre spécialisée pourrait entraîner la délocalisation des entreprises à l’étranger.

De l’énergie à revendre

Le virage mondial amorcé vers les véhicules électriques pourrait bien profiter à la Montérégie, d’après Charles Lambert. «La demande de batteries au lithium explose littéralement», explique-t-il.

À Saint-Bruno, Phostech Lithium ouvrira une nouvelle usine de batteries en 2012, créant ainsi 52 emplois. Tandis que Bathium Canada, à Boucherville, investira 176 millions de dollars pour augmenter sa production de batteries, ce qui générera près de 245 postes en 2012. 10/11

À Signaler

> En 2011, l’entreprise Viandes Paquette, située à Henryville, a annoncé la construction d’une nouvelle usine de transformation de viandes. Plus de 200 emplois seront créés d’ici 2013.

> Un nouveau centre de design de Bombardier­Transport sera érigé à Saint-Bruno-de-Montarville en 2012. Les postes de 200 ingénieurs seront consolidés et une centaine d’autres créés à la grandeur de la province.

> À Salaberry-de-Valleyfield, la PME Groupe Meloche, spécialisée dans la production de pièces métalliques pour l’industrie aérospatiale, a annoncé un plan de développement de 6 millions de dollars qui permettra la création de 60 emplois d’ici 2016.

Sur le terrain

En 2011, l’entreprise Liberté a investi 12 millions de dollars pour agrandir et mécaniser son usine de Saint-Hyacinthe, qui fabrique des produits laitiers. «Nous sommes passés de 19 à 115 employés entre 2008 et 2011. Nous envisageons déjà un nouvel agrandissement à la fin de 2012, qui se traduira par de nouvelles embauches», affirme Paul Pelchat, directeur des ressources humaines. L’usine aura alors besoin d’opérateurs de machines et d’électromécaniciens.

On prévoit aussi recruter des journaliers. «Ils seront formés à l’interne sur nos chaînes de production. Ils peuvent rapidement devenir aides-opérateurs, puis opérateurs», assure M. Pelchat. L’entreprise recherche aussi des techniciens en contrôle de la qualité et en pasteurisation, qui devraient être majoritairement recrutés auprès des diplômés de l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe. Paul Pelchat souligne que la présence de l’établissement est l’une des raisons principales pour lesquelles Liberté s’est installée dans la région.

Les tendances démographiques

La Montérégie est la région la plus peuplée du Québec après Montréal. Grâce à une natalité positive, mais surtout à une forte migration interrégionale, sa population devrait continuer de progresser de 21,5 % d’ici 2031, une hausse supérieure à la moyenne québécoise (15,8 %).

Entre 2010 et 2014, 92 500 postes se libéreront en raison des départs à la retraite. «Les premiers baby-boomers ont commencé à prendre leur retraite en 2011 et les besoins de main-d’œuvre vont rapidement croître au cours des dix prochaines années», estime Régis Martel, économiste à Emploi-Québec. Selon lui, la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans) devrait progresser au rythme de 0,2 % par an jusqu’en 2015. «Elle commencera à reculer en 2017, ce qui engendrera une baisse rapide du chômage, puisqu’il y aura une rareté de main-d’œuvre dans les professions où le marché du travail est le plus tendu», explique-t-il.

Recherchés

• Audiologistes
• Comptables
• Dentistes
• Éducateurs spécialisés
• Infirmiers, infirmiers auxiliaires
• Ingénieurs en génie civil
• Ingénieurs en génie informatique
• Mécaniciens d’équipement lourd
• Orthophonistes
• Préposés aux bénéficiaires
Source : Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région de la Montérégie, Perspectives professionnelles 2010-2014, 2011.

 Extrait tiré du guide Les carrières d’avenir 2012.

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